MEMORABILIA

Parquet national financier : la justice en plein naufrage…

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-L’ancienne chef du Parquet national financier, Éliane Houlette, devra rendre compte des fadettes de l’affaire Sarkozy devant le Conseil supérieur de la magistrature, saisi par le Premier ministre.

Pressions, luttes fratricides, accusations mutuelles d’espionnage, le PNF donne une bien triste image de la Justice française, regrette Hervé Lehman, avocat, ancien magistrat et auteur de l’Air de la calomnie(Les Éditions du Cerf). 

Par  Hervé Lehman Publié le 5 avril 2021 VALEURS ACTUELLES.

Eliane Houlette. Ancienne dirigeante du Parquet national financier. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFPPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Le premier qui dit la vérité / Il doit être exécuté, chantait Guy Béart. L’inspection des services judiciaires n’a trouvé qu’une personne à blâmer dans l’affaire des fadettes du PNF : Éliane Houlette. C’est que l’ancienne chef de ce Parquet national très politique avait brisé la loi du silence devant la commission d’enquête parlementaire sur l’indépendance de la justice.

Calmement, au cours d’une séance filmée et publiée en juin 2020, elle avait exposé pendant plus d’une heure, notes à l’appui, les pressions subies pendant l’affaire Fillon : « La subordination du parquet au garde des Sceaux nuit au traitement pacifié des affaires, notamment celles qui concernent le monde politique. » Elle avait expliqué qu’existait chez les magistrats du parquet, « une “culture de soumission” ou – je préfère ce terme – une “culture de dépendance” ».

Pour Éliane Houlette, « la subordination du parquet au garde des Sceaux nuit au traitement pacifié des affaires »

Puis, après avoir raconté qu’elle avait fait l’objet de demandes de notes incessantes et pressantes sur le dossier Fillon de la part du parquet général, jusqu’à des notes sur les avocats des mis en cause, elle avait révélé le secret de la décision d’ouvrir une information, qui était le seul moyen d’obtenir la mise en examen de François Fillon avant l’élection présidentielle : « J’ai été convoquée au parquet général pour une réunion à laquelle je me suis rendue accompagnée de trois de mes collègues, parce que le choix procédural que j’avais fait ne convenait pas. On m’engageait à en changer, c’est-à-dire à ouvrir une information. J’ai d’ailleurs reçu une dépêche du procureur général en ce sens. […] Rien ne justifiait une information judiciaire. » C’était, avait-elle conclu, « un contrôle très étroit et une pression très lourde ».

Cela ne se dit pas. Éliane Houlette rendra donc compte des fadettes de l’affaire Sarkozy devant le Conseil supérieur de la magistrature, saisi par le Premier ministre car le garde des Sceaux a dû se dessaisir du dossier à la suite des plaintes déposées contre lui devant la Cour de justice de la République par les syndicats de magistrats. Jean Castex a toutefois ajouté dans la poursuite disciplinaire l’ancien adjoint d’Éliane Houlette, qui était en guerre contre sa supérieure hiérarchique qu’il soupçonnait d’être… une taupe de Nicolas Sarkozy.

« Le Parquet national financier a subi des pressions pour obtenir la mise en examen de François Fillon »

Essayons de résumer pour les non-spécialistes de la procédure pénale : le Parquet national financier a subi des pressions pour obtenir la mise en examen de François Fillon ; il a enquêté en secret et parallèlement aux juges d’instruction saisis de l’affaire Bismuth pendant des années en épluchant les factures téléphoniques des avocats susceptibles d’avoir un lien avec Nicolas Sarkozy, y compris l’actuel garde des Sceaux ; les luttes fratricides au sein de ce parquet amenaient les magistrats à se soupçonner les uns les autres d’être des espions de l’ancien président…

Quel spectacle affligeant donne le Parquet national financier officiellement créé pour lutter contre la grande délinquance financière mais qui s’est perdu dans les affaires politiques, servant d’instrument à François Hollande pour éliminer Nicolas Sarkozy et François Fillon. Reconnaissons-lui une certaine efficacité dans l’exécution de cette mission, mais au détriment de la démocratie et de la confiance, pour ce qu’il en restait, des Français dans leur justice.

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