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Les chantiers de Marseille sous la menace de la racaille…A LIRE ! ….

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L’insécurité se fait de plus en plus pesante dans le secteur du bâtiment phocéen.

Tandis que la Mairie commande des travaux dans les zones prioritaires, les entreprises qui se risquent à travailler sur ces chantiers “sociaux” peinent à les mener à bien. 

Par  Sarah-Louise Guille. Publié le 9 avril 2021 VALEURS ACTUELLES

La police face à l’insécurité grandissante à Marseille. ©PHOTOPQR/LA PROVENCE Partager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

À Marseille, certains chantiers emblématiques, comme la requalification du Vieux-Port ont permis de redorer le blason de la ville. D’autres, moins étincelants, auraient plutôt tendance à ternir son image. Non pas par la qualité de l’ouvrage mais par l’insécurité qui y règne et qui fait tache. Dans la première ville de France en matière de délinquance, les chantiers sont le lieu de nombreux méfaits et encore plus lorsque ceux-ci sont exécutés dans les “quartiers difficiles”.

Centres sociaux, “Maison pour tous” et médiathèques ne sont pas les bienvenus. En tout cas, les personnes qui travaillent sur ces projets commandés par la Ville ne le sont pas. Intimidations, vols de matériels, menaces et dégradations en tout genre sont légion.

Par crainte des représailles mais aussi par peur de devenir indésirables lors de prochains appels d’offres, les langues des personnes touchées par cette calamité ont du mal à se délier. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui manquent tant les entreprises qui travaillent sur ces chantiers en zones prioritaires rencontrent des désagréments. Cela a notamment été le cas sur le projet de construction d’un centre social implanté à proximité d’une cité sensible : « Au début du chantier, nous nous sommes fait voler du matériel, des pioches, des chaises, des tables… mais ceux qui viennent ici viennent plus pour casser que pour voler. Ils nous ont par exemple arraché la porte d’un bungalow. Ils ne veulent pas spécialement prendre des choses. Ils veulent surtout montrer que nous sommes sur leur territoire », explique l’un des conducteurs de travaux de l’opération.

Pour éviter que ce genre de dégradations ne se reproduisent, tous les soirs, le chef de chantier déplace, à l’aide d’une pelleteuse, deux énormes blocs de pierre devant les bungalows qui servent au stockage du matériel. La pelleteuse en question comme tous les autres engins sont ensuite conduits à l’écart de la cité et garés sur un terrain de sport sécurisé mis à disposition par la ville.

Les entreprises font tout ce qu’elles peuvent pour se protéger et protéger leur travail : « Nous avons installé des palissades tout autour du chantier et nous avons mis en place un système de surveillance par caméra avec intervention d’un agent de la sécurité en cas d’intrusion. Les caméras sont moins effi caces qu’une présence humaine constante, mais ce n’est pas le même coût et une caméra détruite, ce n’est pas bien grave comparé à une personne qui pourrait se faire agresser », raconte le chef de chantier.

Ces menaces et vols ne sont pas nouveaux à Marseille. Des actions ont même été entreprises pour endiguer ce problème, notamment par la Fédération du BTP 13. Très active sur le sujet, elle n’est pas étrangère à la création du GLTD (groupe local du traitement de la délinquance) et du GPV (groupe de voie publique) constitué de magistrats et de policiers consacrés à la sécurisation des chantiers.

Mais cela ne suffit pas. Les voyous, casseurs et prédateurs continuent leur action. Ils sèment la terreur, s’érigent en chefs et proposent leur “protection”, qui se paye de différentes manières. Cela peut aller du racket à l’extorsion de sous-traitance, en passant par la pression à l’embauche, qui n’implique pas un travail sur le chantier mais la protection de son employeur. Elle permet au “protecteur” employé de toucher un salaire et de prouver à l’association d’insertion professionnelle qui le suit qu’il est sur la bonne voie.

En réalité, il ne mettra pas les pieds sur le chantier, il donnera simplement des consignes de non-agression à ses acolytes. Toutes les entreprises ne rentrent pas dans ce jeu. Il y a d’ailleurs souvent plus à gagner à refuser car cela force le respect de ces individus : « Ils reviennent de temps à autre pour nous rappeler qu’ils sont là et que nous sommes chez eux, mais ça ne va pas plus loin », explique le représentant d’une entreprise de maçonnerie qui a l’habitude de ces chantiers difficiles.

Il ajoute : « Parfois une conversation avec l’imam du quartier nous permet de retrouver un peu de sérénité. »

Les entreprises fuient les secteurs à risque

Dans un secteur d’activité où le physique est mis à rude épreuve, où la pression est forte, notamment pour le respect des délais, et où les imprévus viennent souvent tout bouleverser, ces tentatives d’intimidation sont parfois difficiles à supporter.

Au point que bon nombre d’entreprises préfèrent aujourd’hui ne plus répondre aux appels d’off res dans les secteurs identifi és comme à risque. L’embauche de sociétés de protection, les vols et dégradations de toutes sortes et la pression psychologique subie font perdre à ces chantiers, pourtant souvent de grande envergure, tout leur intérêt.

Pour aller au bout de ses projets sociaux, la Mairie n’a donc d’autre solution que de revoir son enveloppe budgétaire à la hausse.

Selon nos informations, les sommes engagées sur ces opérations en zones sensibles sont parfois majorées de plus de 20 % par rapport à ce qui était prévu initialement. Ce qui signifi e que si, dans ces secteurs, ce n’était pas la loi des voyous qui prévalait mais celle de la France, la mairie de Marseille aurait pu faire une économie de 200 000 à 300 000 euros pour des projets dont les coûts oscillent entre 1 200 000 et 1 800 000 euros, en général.

Dans les rangs des ouvriers, après la crainte, c’est l’incompréhension qui règne : « Pourquoi construisons-nous des bâtiments pour des personnes qui n’en veulent pas ? » 

La question est légitime.

Les centres sociaux ou les crèches implantés dans ces quartiers dits prioritaires sont destinés aux riverains. Alors pourquoi une partie d’entre eux mettent-ils des bâtons dans les roues des acteurs qui travaillent pour eux ? Ici, ce sont leurs règles qui priment. Y compris quand ces nouveaux bâtiments sortent de terre.

Ils les assiègent, les dégradent et y installent leur pouvoir en un temps record, élargissant des zones de non-droit qui leur sont chères et qui coûtent cher.

N’y aurait-il pas mieux à faire avec l’argent du contribuable ?

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