MEMORABILIA

 Ivan Rioufol. LE FIGARO.
  
 Chers lecteurs,Voici quelques-unes de mes notes de la semaine.

Lundi 5 avril : CNews publie, dans L’Heure des pros, les photos des visages tuméfiés de Bernard Tapie et de son épouse. La famille a choisi de montrer – de «monstrer» devrait-on dire – les effets de la barbarie. Tapie, 78 ans, affaibli par la maladie, a été matraqué. Sa femme, Dominique, a été étouffée sous un oreiller puis frappée au visage. Leur calvaire a duré 45 minutes. Les agresseurs ont été décrits comme étant trois Africains et un Nord-Africain. Invité sur le plateau par Pascal Praud ce lundi matin, le fils du couple, Laurent, dénonce les commentaires de «l’extrême droite» qui font le lien entre la violence et l’immigration.

Certes, ces quatre brutes ont peut-être la nationalité française. Mais à quoi bon nier qu’elles sont issues de l’immigration récente ? À quoi bon nier que, derrière la notoriété des victimes, la décivilisation frappe les plus anonymes, blancs le plus généralement ?Les «antiracistes», dont Tapie fait partie, voient-ils seulement les désastres de leur naïveté ?
Le journaliste André Bercoff rapporte ce que Tapie lui-même lui a dit : alors que l’homme d’affaires rappelait à un de ses agresseurs qu’il avait toujours défendu les immigrés, le voyou lui a répondu : «Va te faire enculer, ce temps-là est mort».

À Montpellier, c’est le metteur en scène Alain Françon, 76 ans, qui a été blessé au cou dernièrement par un Algérien armé d’un couteau. L’homme a expliqué en garde à vue avoir la haine de la France. Il a dit avoir frappé au hasard. Françon a fait partie de ceux qui avaient signé en 2018 le Manifeste pour l’accueil des migrants. On peut y lire : «La migration n’est un mal que dans des sociétés qui tournent le dos au partage (…).»

Mardi 6 avril : Le Figaro publie une tribune de Michel Houellebecq, dans laquelle l’écrivain critique une proposition de loi, examinée ce jeudi, visant à assurer «une fin de vie libre et choisie». Derrière ces grands mots, revient le «droit à la mort». Houellebecq : «Lorsqu’un pays – une société, une civilisation – en vient à légaliser l’euthanasie, il perd à mes yeux tout droit au respect. Il devient dès lors non seulement légitime mais souhaitable, de le détruire ; afin qu’autre chose – un autre pays, une autre société, une autre civilisation – ait une chance d’advenir». Dans ce débat délicat, je m’en tiens pour ma part aux «grands principes», dont j’entends dire qu’ils seraient dépassés. Celui des Dix Commandements, pour ma part, me convient encore : «Tu ne tueras point». Point. 

À noter, ce paradoxe d’une époque qui, face au Covid, se flatte de «sauver des vies» en entravant un pays, mais qui balaie cette éthique au nom des nouveaux droits individuels.

Dimanche, jour de Pâques, 343 femmes ayant avorté au-delà de la douzième semaine de grossesse ont pétitionné dans le JDD pour une IVG à 14 semaines. M’est revenu en mémoire ce que disait, dans Le Monde du 7 octobre 2020, le professeur Israël Nisand, chef du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg : «À 14 semaines, le fœtus mesure 120 millimètres et la tête est ossifiée. Ce qui veut dire qu’il faut couper le fœtus en morceau et écraser la tête pour le sortir du ventre». Ce monde nombriliste et individualiste devient effrayant. 

Mercredi 7 avril : Le parquet de Paris ouvre une enquête pour «mise en danger de la vie d’autrui», après la dénonciation anonyme d’une messe de Pâques «illégale». Le curé de l’Église Sainte-Eugène-Sainte-Cécile (IXe) et un prêtre seront, le lendemain, placés en garde à vue quelques heures, accusés de n’avoir pas respecté «les gestes barrières». Même la hiérarchie catholique a ouvert une procédure canonique.

Au fou ! Il se trouve que je connais, pour la fréquenter, cette église proche de chez moi. Il y a un an déjà (j’étais parmi l’assistance) des policiers avaient été appelés par un fidèle (est-ce la même personne?) qui se plaignait de l’organisation peu sanitaire de l’office. Les forces de l’ordre dépêchées sur place (3 ou 4 policiers) étaient cependant restées à l’extérieur. Je puis témoigner que, dans cette église, les chaises respectent les espaces obligés et que les fidèles dans leur majorité portent le masque. Samedi, ils étaient 280 pour 600 places. Seuls les officiants sont en effet à visages découverts.

Cela fait un an que cela dure : je n’ai pas entendu dire qu’un «cluster» y avait été détecté. Je n’ai jamais été contaminé. Cette pratique de la dénonciation vengeresse est sordide. Mais qui s’en indigne ? 

Édouard Philippe sort son livre : Impressions et lignes claires. Toutefois, c’est la sinuosité et le flou qui se laissent voir quand l’ancien premier ministre est interrogé sur ses ambitions présidentielles. «Je ne peux pas être aujourd’hui celui souhaiterait l’échec», répond-il (dimanche soir sur France 2), à la question se savoir s’il soutiendrait Emmanuel Macron. Que faut-il comprendre ? Il dit aussi : «J’aime êtres aux manettes». Là, c’est plus clair…

Jeudi 8 avril : Bizarrement, la muflerie du sultan Erdogan n’est guère soulignée par la presse. Elle se rattrapera vendredi. Mercredi, recevant à Ankara les représentants de l’Union européenne, Erdogan a offert un siège à Charles Michel, président du Conseil, en laissant debout, avant de l’excentrer sur un canapé, Ursula von der Layen, la présidente de la Commission. Cette humiliation d’une femme est déjà, en soi, insupportable.
Charles Michel (qui connaît Charles Michel ?) s’est d’ailleurs conduit comme un satrape en n’offrant pas son fauteuil. Mais c’est l’Europe qui, plus gravement encore, a montré, en une image, son état de soumission au maître islamiste.

Tout le drame européen est là, dans l’incapacité de l’UE melliflue à se défaire de son «esprit munichois».

Philippe de Villiers, dans Le Point : «Je ne serai pas candidat (NDLR : à la présidentielle), mais je compte peser dans le débat». Emmanuel Macron mais aussi la droite honteuse doivent s’attendre à une dégelée de gnons de la part du créateur du Puy du Fou. La campagne s’annonce brutale. Sortir du Grand Effondrement va obliger à dire des vérités de plus en plus désagréables aux effondristes…

Vendredi 9 avril : Emmanuel Macron annonce la suppression de l’ENA. Mais ce ne sont pas les élites en elles-mêmes qui sont un problème pour la France. L’École Nationale d’Administration (200 élèves) n’a pas à devenir le bouc émissaire des insuffisances des politiques et d’un État trop centralisateur.
La crise démocratique tient à l’incapacité des dirigeants de rétablir un dialogue avec la France modeste et silencieuse. Elle réclame de la considération. Et du bon sens.

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