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Vaccin de Johnson & Johnson : les conséquences pour la campagne de vaccination mondiale

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L’EXPRESS. 14 avril 2021.

La suspension de ce vaccin a été annoncée mardi aux Etats-Unis en raison de l’apparition rare de graves caillots sanguins. En Europe, son déploiement va prendre du retard.

La suspension du vaccin Johnson & Johnson a été annoncée aux Etats-Unis et en Afrique du Sud en raison de l'apparition rare de graves caillots sanguins.

La suspension du vaccin Johnson & Johnson a été annoncée aux Etats-Unis et en Afrique du Sud en raison de l’apparition rare de graves caillots sanguins.

C’est un nouveau revers pour la campagne de vaccination mondiale. Mardi, les autorités américaines ont recommandé une « pause »dans les injections du vaccin unidose du groupe américain Johnson & Johnson contre le Covid-19. L’Agence américaine des médicaments (FDA) enquête en effet sur six cas aux Etats-Unis de personnes ayant développé des cas graves de caillots sanguins après avoir reçu ce vaccin. « Un cas s’est révélé mortel et un patient se trouve dans un état critique », a précisé Peter Marks, l’un des responsables de l’Agence américaine des médicaments (FDA). Ces personnes, toutes des femmes, ont présenté deux semaines après leur injection des symptômes de thrombose cérébrale, conjugués avec une chute de leur niveau de plaquettes sanguines. Ce type d’effets secondaires graves apparaît toutefois pour le moment « extrêmement rare », ont fait savoir les autorités.  

Par précaution, Johnson & Johnson a annoncé dans la foulée « retarder le déploiement » de son vaccin en Europe, où ces déboires rappellent ceux vécus par un autre vaccin utilisant la même technologie, celui d’AstraZeneca, et dont l’utilisation a été interrompue dans plusieurs pays, notamment le Danemark.

Retard ou suspension, ces annonces risquent-elles de freiner les ambitions des Etats-Unis, de l’Europe ou de l’Afrique du Sud ? 

Aux Etats-Unis, des conséquences surtout psychologiques

Suivant les recommandations des autorités sanitaires, plusieurs Etats américains comme New York, le Connecticut, le Nebraska et l’Ohio ont ordonné la suspension immédiate de l’administration du sérum Johnson & Johnson. Plus de 6,8 millions de doses de ce vaccin ont déjà été administrées sur le territoire américain, alors que Washington a commandé 100 millions de doses à Johnson & Johnson.  

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Les Etats-Unis ont affirmé que la suspension des injections de « J&J » n’aurait « pas d’impact important » sur la campagne de vaccination américaine, puisque ces doses représentent moins de 5% de celles administrées dans ce pays jusqu’à présent. « Les réserves de vaccins sont devenues plus abondantes », a confirmé Peter Marks. « Il y a suffisamment de vaccins pour chaque Américain, c’est tout à fait indiscutable », a de son côté assuré mardi le président démocrate Joe Biden. Toutefois, comme le note CNN, les conséquences pourraient être davantage psychologiques, en alimentant les hésitations des Américains à se faire vacciner, alors que les autorités exhortent les habitants à se faire vacciner dès qu’ils le peuvent. 

Mardi, le laboratoire Pfizer a de son côté indiqué qu’il allait accélérer la production de son vaccin et pouvoir livrer aux Etats-Unis 10% de doses de plus que prévu d’ici fin mai. Le groupe américain pourra « fournir la totalité des 300 millions (de doses) convenues pour fin juillet avec deux semaines d’avance », a ajouté sur Twitter son PDG, Albert Bourla. 

En Europe, des millions de doses en attente

Après la mise en cause du vaccin d’AstraZeneca, les pays européens risquent donc de souffrir de nouveaux délais dans leur campagne de vaccination en raison des soucis rencontrés cette fois par Johnson & Johnson.

L’UE a pour sa part signé pour une commande ferme de 200 millions de doses du vaccin de Johnson & Johnson, à laquelle s’ajoute une option pour 200 millions supplémentaires. Le groupe s’est engagé à bien fournir 200 millions de doses d’ici la fin de l’année. En Belgique, les doses déjà livrées vont être « maintenues au congélateur », avant un avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA) attendu ce mercredi, a indiqué mardi soir une source au sein de la « Task force Vaccination » mise sur pied par les autorités sanitaires belges. 

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En France, le vaccin américain est arrivé sur le marché lundi 12 avril, avec une semaine d’avance. Après avoir reçu le feu vert de la Haute autorité de santé (HAS) mi-mars, 206 400 doses sont en cours de déploiement dans les cabinets médicaux et infirmiers, tandis que 358 000 doses sont attendues la semaine du 26 avril.

Issu de la filière française Janssen-Cilag, il pourra être injecté aux personnes de plus de 55 ans, sans condition de comorbidités, a annoncé Olivier Véran dimanche dernier auprès du JDD. « S’agissant des publics prioritaires, il y a deux publics qui vont pouvoir en bénéficier spécifiquement selon des modalités qui doivent encore être arrêtées : les personnes des territoires d’Outre-mer, des personnes pour lesquelles l’acheminement du vaccin est particulièrement compliqué », a par ailleurs précisé un membre du ministère de la Santé à Reuters, la semaine dernière. Le deuxième public concerné : des personnes « en situation de grande précarité ». 

L’Afrique du Sud impactée, le Canada maintient le cap

Comme les Etats-Unis, l’Afrique du Sud a également suspendu mardi l’utilisation du vaccin Johnson & Johnson, a annoncé le ministre de la Santé, Zweli Mkhize, « jusqu’à ce que la relation de cause à effet entre le développement de caillots et le vaccin de Johnson & Johnson soit suffisamment analysée », a-t-il déclaré. 

Si Zweli Mkhize a indiqué qu’aucun cas de caillot sanguin n’a été répertorié parmi les 290 000 travailleurs de santé vaccinés en Afrique du Sud, selon lui, la décision américaine doit cependant « être prise au sérieux ». « Nous espérons que cette pause ne durera que quelques jours », a-t-il ajouté « et que cela n’aboutira pas à un retrait complet de ce vaccin ». 

La seconde phase du plan de vaccinations, à destination des travailleurs essentiels et des plus de 60 ans, doit commencer le 17 mai. Pour l’instant l’Afrique du Sud a commandé 31 millions de doses du vaccin J&J et 30 millions du Pfizer, tandis que 1,3 million supplémentaire devrait être fourni par le programme international Covax.  LIRE AUSSI >> Loupés industriels, frilosité, bureaucratie… Pourquoi l’Europe a tout raté sur les vaccins

Un pays a de son côté décidé de maintenir ses commandes du vaccin anti-Covid de Johnson & Johnson : le Canada, où les premières livraisons sont prévues à la fin du mois. « On va continuer de regarder attentivement ce qui se passe aux Etats-Unis », a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau lors d’une conférence de presse. « On espère que ça va être des doses qu’on va pouvoir utiliser pour protéger les Canadiens du Covid, mais on va prendre nos décisions basées sur les recommandations de Santé Canada », a expliqué le chef du gouvernement canadien. 

Le gouvernement canadien a commandé 10 millions de doses de vaccins de Johnson & Johnson et pris des options sur 28 millions supplémentaires. Le Canada, pays de 38 millions d’habitants, prévoit de recevoir au total 44 millions de doses de quatre groupes pharmaceutiques différents d’ici fin juin, a rappelé Justin Trudeau. 

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