MEMORABILIA

Pourquoi les Verts préfèrent le Prophète au Christ

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Où l’on trouvera un bref exposé des raisons cosmologiques pour lesquelles l’idéologie des Verts les rapproche naturellement de l’islam et les éloigne de l’humanisme chrétien. 

Par  Eric Verhaeghe Publié le 17 avril 2021 VALEURS ACTUELLES

Portrait de l’essayiste et conférencier Eric Verhaeghe. Photo ©Capture LinkedIn /Eric VerhaeghePartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

L’affaire de la mosquée de Strasbourg confirme ce que nous savions plus ou moins : les Verts ont beaucoup d’indulgence pour l’islam et ses ramifications les plus militantes, tout en faisant de vraies allergies aux traditions chrétiennes. Financer des mosquées, oui, mais installer une crèche dans l’espace public, non ! Il faut prendre le temps d’interroger les raisons profondes pour lesquelles l’écologie française marque une préférence aussi forte envers un monothéisme si différent de celui qui occupe traditionnellement nos villes et nos campagnes.A LIRE [D’Orcival] Les Verts devraient lire Saint-Exupéry

Il y a bien sûr des raisons de circonstances à invoquer : les musulmans seraient des victimes, quand les catholiques seraient des dominants. Dans la culture de la minorité, de la victimisation et de l’excuse, ce fossé-là crée forcément un capital de sympathie pour les uns, et d’urticaire envers les autres. On y ajoutera une conscience coupable vis-à-vis de la colonisation, qui constitue un incontestable levier de contrition dans une fraction de l’écologie où l’héritage de la démocratie chrétienne trouve parfois à s’exprimer. Flagellons-nous pour nos prétendus crimes !

Mais une raison plus profonde, plus cosmologique dirait-on pour reprendre le langage des Anciens, explique la proximité naturelle entre écologie et islam. L’écologie place en effet l’homme dans un cosmos, dans un tout naturel organisé et logique, où la déesse Nature peut tout et l’homme ne peut rien. Il y aurait des lois, des valeurs, des droits naturels dont l’homme est exclu et dont il serait même l’ennemi par principe.

 Allah décide de tout et le droit de vote n’y change rien

On trouvera une expression de ces convictions dans l’antispécisme, selon lequel l’homme ne constitue pas une espèce à part mais une espèce comme les autres, dotée d’une ambition prométhéenne dangereuse pour l’équilibre du reste. Au fond, l’écologie, c’est la Création qui se serait arrêtée juste avant Adam et Ève. Dans l’ensemble divin, l’homme n’a pas sa place, ou alors seulement sur un strapontin. C’est évidemment antinomique avec le christianisme, pour lequel l’homme est au cœur de la Création, et dispose même d’un registre temporel laïc. Parce que le Christ rend à César ce qui appartient à César, il fonde un humanisme, un espace politique dont Dieu est absent.

L’islam se montre, pour les écologistes, qui ne sont pas des humanistes, une religion beaucoup plus sympathique. Dans le monothéisme musulman, en effet, le cosmos ressemble beaucoup plus au substrat écologiste : un Dieu tout-puissant, un mektoub, et un homme seulement chargé d’obéir aux volontés célestes, sans possibilité de “recours”. Allah décide de tout et le droit de vote n’y change rien, entend-on dans les quartiers. Cette assignation de l’homme à l’obéissance aveugle dans la Création est beaucoup plus écolo-compatible que les paraboles christiques sur la liberté humaine et sur sa place à part dans le règne des espèces.

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