MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «En finir avec la politique du verbe creux»

CHRONIQUE – En invitant à regarder ailleurs, le chef de l’État abandonne le terrain de la reconquête civilisationnelle au profit d’une société postnationale laissée à la loi du plus fort.

Par Ivan Rioufol LE FIGARO. 22 avril 2021

Ivan Rioufol. François BOUCHON/Le Figaro

Signe du désarroi de l’État: voici le retour des «grands débats».

La formule présidentielle s’était voulue la réponse à la révolte des «gilets jaunes». L’épisode avait mis en scène les prestations théâtrales d’Emmanuel Macron. Mais la performance s’était soldée par un amas de paroles et du temps perdu. Pourtant, lundi dans Le Figaro , le chef de l’État a expliqué vouloir à nouveau «lancer un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères». Il estime que les trafics des stupéfiants «forment la matrice économique de la violence dans notre pays», en lien avec «certains réseaux séparatistes». La veille, dans le JDD, sa ministre Marlène Schiappa avait annoncé des «états généraux de la laïcité», avec consultations et tables rondes. Les maux de la France se résumeraient-ils à des combats contre la drogue et pour la laïcité? Ces sujets sont des leurres.À découvrir

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Se méfier des grandiloquences: elles cachent des pensées confuses et plates. Ceci est vrai pour le «projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire » présenté l’autre jour par le garde des Sceaux: le texte ne touchera pas à la réforme du parquet ni au parquet national financier, l’arme qui fit tomber François Fillon. Macron reste dans ce même registre de la communication quand il aborde le dossier de l’insécurité: «Je me bats pour le droit à la vie paisible.» En attendant, le verbe bute sur des réalités de plus en plus révoltantes. La Justice ne cesse de donner des signes de faiblesse quand la Cour de cassation décide de ne pas faire juger un crime antisémite (affaire Sarah Halimi) parce que l’assassin, Kobili Traoré, était sous l’emprise de la drogue, ou quand la cour d’assises des mineurs de Paris ne condamne en appel que cinq des seize assaillants de policiers coincés dans leur voiture et transformés en torches vivantes à Viry-Châtillon, en 2016.La macronie se révèle incapable de faire clairement barrage à l’immigration de masse et à la colonisation islamiste

Ce pouvoir bavard a le don de viser à côté de la plaque. La montée de l’insécurité contre les personnes – et singulièrement contre les forces de l’ordre – ne se résoudra pas par la volonté affichée d’assécher les trafics de stupéfiants. L’expansion de la contre-société extra-européenne ne sera pas freinée par la lutte convenue contre «la tenaille identitaire», censée renvoyer dos à dos «les identitaires d’extrême droite d’un côté et de l’autre les indigénistes et EELV» (Schiappa). En réalité, la macronie se révèle incapable de faire clairement barrage à l’immigration de masse et à la colonisation islamiste. En invitant à regarder ailleurs, le chef de l’État abandonne le terrain de la reconquête civilisationnelle au profit d’une société postnationale laissée à la loi du plus fort. C’est ce qu’il soutient quand, lundi, sur la chaîne américaine CBS, il dit: «Nous devons déconstruire notre propre histoire.»

Le temps n’est plus à la parlotte. Cette manière de gouverner retarde le passage à l’acte. Les blessures que la France doit soigner sont archiconnues. Elles tiennent à la trahison du peuple autochtone par des «élites» déracinées. Elles sont prêtes à brader la nation homogène pour y inclure un nouveau récit importé. Macron s’inscrit dans cette perspective multiculturelle. Il lui est plus facile d’accabler la Russie de Poutine que l’Algérie qui ne cesse d’insulter la France: le dernier crachat est venu du conseiller aux questions mémorielles du président Abdelmadjid Tebboune qui soutient que «la France coloniale a œuvré pour répandre l’analphabétisme en Algérie». Devant les barbares accusés d’avoir participé au lynchage de policiers à Viry-Châtillon, un des deux avocats généraux a salué l’«empathie» de ces jeunes, qualifiés de «richesse pour la société», selon Me Thibault de Montbrial. L’idéologie «diversitaire» est ravageuse.

Pensée totalitaire

La démocratie n’a pas besoin de ces faux débats dilatoires. La France, symboliquement bâillonnée par les masques imposés, est frustrée 
en revanche d’une liberté qui lui est comptée. Assimiler la défense 
de l’identité à une démarche d’extrême droite, comme le font les promoteurs des états généraux sur la laïcité, revient à délégitimer une résistance. Ce relativisme, qui se défie pareillement du catholicisme et de l’islamisme, n’a pas de contenu. Ces intégristes de la laïcité sont prêts à leur tour aux excommunications des relaps. Ils passent à côté de l’invitation de la philosophe Simone Weil à regarder le christianisme, terreau de la séparation entre le temporel et le spirituel, «comme un trésor de la pensée humaine». Dans L’Enracinement (1943), elle écrit: «Le courant idolâtre du totalitarisme ne peut trouver d’obstacle que dans une vie spirituelle authentique. Si l’on habitue les enfants à ne pas penser à Dieu, ils deviendront fascistes ou communistes par besoin de se donner à quelque chose.» C’est cet effondrement qui s’observe, à travers les libertés maltraitées et les intolérances qui se multiplient. La France, vidée de son âme, a besoin de se régénérer dans ses racines culturelles et religieuses: elles seront les meilleurs obstacles à un islam qui a troqué la quête spirituelle pour la conquête territoriale.

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La pensée totalitaire est dans cette idéologie théocratique qui multiplie les interdits. Toutefois, une même fermeture d’esprit s’observe dans le discours «républicain» dominant. L’accusation en complotisme est la nouvelle censure morale dont abusent le pouvoir et ses valets contre les dissidents. Décrire un «grand remplacement» donne droit à cette condamnation, alors même qu’une femme voilée a fait remarquer à Macron, mardi à Montpellier: «Mon fils croyait que le prénom Pierre n’existait que dans les livres ; il n’en connaît aucun.» Les procès en complotisme font florès à mesure que l’Ordre sanitaire étend son emprise jusqu’à envisager un passeport vaccinal. Quiconque n’avalise pas le récit officiel est suspect de déviance antisystème. Cela vaut aussi pour ceux qui s’interrogent sur les conflits d’intérêts entre une partie du monde médical et scientifique et la Big Pharma. «L’anomalie, dans ce système, ce sont les grands professeurs indépendants de l’industrie», soutient le journaliste scientifique Xavier Bazin dans un livre d’enquête (1). Le professeur Christian Perronne, bête noire du pouvoir, ne dit pas autre chose quand il cite (2) Bruno Toussaint, directeur de la revue médicale Prescrire : «Avoir des liens avec des firmes pharmaceutiques influence l’opinion sur les médicaments en leur faveur.» Voici pourquoi, selon eux, la peu coûteuse hydroxychloroquine (5 euros la boîte) aurait été interdite par les mandarins. L’histoire jugera.

(1) Big Pharma démasqué! Guy Trédaniel.

(2) Décidément, ils n’ont toujours rien compris! Albin Michel.

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