MEMORABILIA

«Contraindre les juges»

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L’éditorial du Figaro Magazine. 

Le monde judiciaire allume des contre-feux pour tenter de tuer dans l’œuf toute tentative de durcissement de la législation, selon Guillaume Roquette, directeur de la rédaction.Par Guillame RoquettePublié il y a 3 heures, mis à jour il y a 1 heure

Guillaume Roquette. André de Chastenet / Le Figaro Magazine

L’affaire Sarah Halimi. L’affaire des policiers brûlés à Viry-Châtillon. Deux décisions de justice rendues en quelques jours, deux manifestations du même laxisme de la magistrature française. Dans le premier cas, la Cour de cassation a exonéré de toute responsabilité le meurtrier d’une vieille femme de confession juive parce que la drogue altérait son jugement. Dans le second, des jeunes voyous qui ont brûlé vif et lapidé des policiers ont bénéficié d’une clémence ahurissante de la cour d’assises des mineurs de Paris. Et les magistrats ne se sont même pas donné la peine de cacher leurs convictions: l’un des avocats généraux (représentant le parquet, donc défenseur supposé de la collectivité…), a expliqué à l’audience que ces jeunes étaient, ce sont ses propres termes, «une richesse pour le pays».À découvrir

Quand les juges français, du haut en bas de l’échelle judiciaire, comprendront-ils que leur mission est de défendre la société et de protéger les victimes, pas les délinquants?

Quand vont-ils sortir de cette culture de l’excuse, qui conduit l’écrasante majorité de nos concitoyens (81% selon un sondage Ifop du mois dernier) à les accuser d’être laxistes? Leur permissivité est un blanc-seing permanent délivré aux agresseurs pour continuer à nuire. Et ils ne s’en privent pas: dans son interview de cette semaine au Figaro, Emmanuel Macron lui-même reconnaît que les violences contre les personnes, et les policiers en particulier, sont en forte et constante augmentation. Cet aveu est essentiel puisque jusqu’à présent les responsables publics, à commencer par le garde des Sceaux, avaient tendance à nier l’ensauvagement de la société, en parlant contre toute évidence de «sentiment d’insécurité».

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Peut-on empêcher les magistrats d’appliquer leur idéologie permissive quand ils rendent la justice? Le premier obstacle est la règle de l’individualisation des peines, généralement appliquée au profit de l’accusé pour lui infliger une sanction inférieure à ce que le législateur a souhaité. La solution est de remettre en place des sanctions automatiques, à l’image des peines planchers mises en place par Nicolas Sarkozy mais abrogées par François Hollande. Et si les juges persistent à ne pas les appliquer, il faudra bien instaurer des juridictions spécifiques pour traiter les agressions contre les forces de l’ordre. Ce type d’instance a déjà existé dans le passé avec la Cour de sûreté de l’État, abolie par François Mitterrand.

En ce qui concerne le meurtrier de Sarah Halimi, il faut là encore changer la loi pour que la drogue ne puisse pas être «un permis de tuer»,selon l’expression du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Le président de la République s’y est engagé dans son interview au Figaro mais le fera-t-il? Déjà, le monde judiciaire allume des contre-feux pour tenter de tuer dans l’œuf toute tentative de durcissement de la législation.

Mais les Français, eux, attendent des actes concrets.

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