MEMORABILIA

CotizUp, la plateforme de financement suspectée de financer le terrorisme et l’islamisme radical

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Récemment suspecté par la commission de sanction de la Banque de France de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, le site de cotisation en ligne pose question, à travers notamment certaines de ses activités sulfureuses. 

Les membres de l’Association des musulmans de Creil après avoir obtenu plus de 11 000 euros sur CotizUp pour la construction d’un lycée privé musulman. Photo ©FACEBOOK / COTIZUPPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Par  Sébastien Lignier. Publié le 25 avril 2021  VALEURS ACTUELLES

-Qu’ont en commun la Grande Mosquée Eyyûb-Sultan de Strasbourg, le centre culturel Aïcha de Montpellier et le groupe scolaire musulman privé Al-Andalus de Saint-Denis, en banlieue parisienne ?

En plus d’être des projets musulmans contestés et accusés d’islamisme radical, ils ont tous les trois été financés en partie sur Cotiz-Up.

La plate-forme en ligne, lancée en 2016, reprend le principe de ses célèbres concurrents Leetchi, GoFundMe ou encore Le Pot commun : le site de cagnottes en ligne propose des centaines d’annonces plus variées les unes que les autres. La plupart reposent sur la charité : demandes de soutien économique après un accident de la route, aides à l’intention d’une famille dépassée par les frais médicaux de ses enfants malades, etc. Problème : contrairement à ses principaux rivaux sur le marché, CotizUp a une fâcheuse tendance à mettre en avant des projets sulfureux.

A LIRE Mosquée de Strasbourg : les islamistes de Millî Görüs retirent leur demande de subvention

Derrière l’arbre d’un don de plus de 97 000 euros en soutien aux victimes de l’attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande – qui avait fait 51 victimes dans deux mosquées de la ville -se nichent des soutiens bien moins légitimes. Par exemple avec les environ 63 000 euros en soutien à l’association islamique CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), récemment dissoute…

Ce genre d’annonces se multiplie une fois passées les premières pages du site. Au cœur de la polémique, la mosquée Eyyûb-Sultan de Strasbourg de l’organisation turque islamiste Millî Görüs, censée devenir la plus grande d’Europe, a reçu plus de 21 000 euros de dons, la plupart anonymes : malgré les critiques émises à l’encontre de ce projet, notamment sur les liens de Millî Görüs avec le régime autocratique du président turc Recep Tayyip Erdogan, la cagnotte a été soutenue par le fondateur et président de CotizUp, Billal Righi, sur les réseaux sociaux, très actifs, du site.

En remontant un peu plus loin dans le temps, il est facile de retrouver des dizaines d’autres cagnottes aux sources pour le moins suspectes. Une cagnotte pour soutenir l’association Havre de Savoir fut par exemple mise en avance sur CotizUp.

L’organisation, basée dans le fief d’Édouard Philippe, est très critiquée pour avoir accueilli plusieurs théologiens proches des Frères musulmans. Elle a, entre autres, diffusé un article sur la présomption d’innocence de Mohammed Merah sur ses réseaux sociaux. Sur CotizUp, Havre de Savoir demande la somme astronomique de 5 millions d’euros pour la construction d’un « complexe à vocation éducative » . Plus de 12 000 euros ont déjà été récoltés.

La France fait tout pour que les musulmans ne se sentent pas chez eux

Relativement passée inaperçue à sa création, malgré 8 millions de dons revendiqués par le site en 2018, Cotiz Up avait fait parler d’elle l’année dernière.

Après l’assassinat de Samuel Paty, les autorités annoncent avoir placé Billal Righi en garde à vue. Il lui est alors reproché d’avoir ouvert une cagnotte pour soutenir Brahim C., le parent d’élève qui avait réclamé des sanctions à l’encontre du professeur à la suite de la diffusion de caricatures de Mahomet dans sa classe.

Face au tollé général qui suivit, le président de CotizUp, également fondateur de l’ONG Ummah Charity, affirme finalement que « rien ne justifiait » la barbarie commise à Conflans-Sainte-Honorine.

Lors de la perquisition, le jeune patron avait notamment refusé de donner les clés de chiffrement de ses téléphones portables et ordinateurs aux policiers. Un refus qui avait déjà alerté les autorités sur les activités et l’ambiguïté de Billal Righi. Ardent défenseur de BarakaCity, l’association islamiste dissoute à la demande du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en octobre 2020, lui et CotizUp s’étaient déjà retrouvés au cœur du scandale dans l’affaire Tariq Ramadan. Mis en examen pour viols en France et en Suisse l’année dernière, l’islamologue radical a lui aussi eu droit à sa cagnotte sur le site pour payer ses frais de justice.

Le patron de CotizUp, Billal Righi, utilise ses réseaux sociaux pour prêcher l’unité entre les peuples et les religions… ou accuser la France à tout-va. « La France fait TOUT pour que les musulmans ne se sentent pas chez eux. Ne venez pas pleurer quand leurs enfants ne respectent pas la France car c’est VOUS qui les obligez à vivre avec des lois d’exception. Ça dure depuis des décennies mais vous ne comprenez pas. Continuez donc », assène-t-il notamment sur Twitter.

Un point d’honneur à garantir l’anonymat des généreux donateurs

Que ce soit avec Ummah Charity – dont il a quitté la présidence en décembre 2020 – ou CotizUp, Billal Righi cultive la discrétion autour de ses activités.

Le site de cagnottes en ligne met un point d’honneur à garantir l’anonymat de ses généreux donateurs, mais certaines sommes interrogent jusqu’aux instances de contrôle. À la suite d’une enquête de plusieurs mois, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution de la Banque de France (ACPR) a ainsi émis un avertissement à l’encontre de CotizUp en janvier dernier. Les charges évoquées dans ce rappel à l’ordre ? Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme (LCB-FT).

Dans le compte rendu de la procédure, la commission des sanctions avertit, entre autres, le site sur son manque de clarté quant à la provenance des offres et des dons affichés. Alors que CotizUp affirme qu’il ne travaille pas dans les pays sensibles ou en guerre comme Cuba, l’Iran ou la Syrie, la commission relève des incohérences : pourquoi est-il possible de trouver sur le site des projets visant à financer des opérations à destination de pays comme le Yémen, le Niger ou la Turquie ? Pays qui font pourtant partie des listes des pays sous surveillance du Gafi (Groupe d’action financière) et de la Commission européenne sur le risque de blanchiment et de financements occultes.

En 2017, Cotiz-Up avait hébergé une offre pour une association humanitaire en Somalie. Avec plus de 18 000 euros de dons récoltés, la description de l’annonce affirmait que la somme « serait envoyée Insha Allah auprès de gens de science […] en Somalie ». Qui sont ces “gens de science” ? Aucun renseignement ne permettait de le savoir en lisant l’annonce.

Au ministère de l’Économie, on se refuse à tout commentaire sur le cas de Cotiz Up. L’entourage d’Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, assure simplement être « très attentif et pleinement mobilisé contre les dérives radicales et le blanchiment », notamment via les nouveaux leviers prévus dans le projet de loi confortant les principes de la République.

Des milliers d’euros récoltés pour l’achat d’un mouton à l’occasion de l’Aïd

Ces « carences en matière d’examen renforcé ou déclaration de soupçon », comme l’écrit l’ACPR dans son avertissement, se retrouvent également dans certaines cagnottes dont le contenu laisse pantois.

Une demande d’aide pour acheter un mouton à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd ? De nombreuses cagnottes, représentant des milliers d’euros, sont montées dans ce but.

Un salarié musulman aimerait se procurer du matériel high-tech pour pouvoir télétravailler ? 26 000 euros sont récoltés en quelques semaines. Dans son rapport, l’ACPR constate également des « incohérences » sur les montants des travaux de construction financés pour plusieurs projets (restés anonymes dans le compte rendu), décrits comme « sensiblement inférieurs » à ceux indiqués sur des sites d’organisations non gouvernementales.

Interrogé par Franceinfo il y a quelques mois pour expliquer le grand boom des sites de cagnotte en ligne à l’heure du Covid-19, le responsable du service conformité de CotizUp, Mounir Boukallit, affirmait que « plusieurs outils de vérification sont utilisés pour détecter les cagnottes et utilisateurs frauduleux ». Outils inefficaces ou amateurisme ?

D’après la commission des sanctions de l’ACPR, Billal Righi n’a suivi aucune formation dans le domaine de la LCB-FT, ne respecte pas les recommandations de Tracfin sur ces questions et aurait une « connaissance limitée de l’objet de ses relations d’affaires ».

Contacté par Valeurs actuelles, Billal Righi n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

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