MEMORABILIA

Thierry Mariani: «Le RN est la seule véritable alternative»

Scroll down to content

ENTRETIEN – Tête de liste du Rassemblement national pour les régionales en Paca, l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy estime être le candidat d’opposition «face à deux listes En marche».

Par Charles Sapin LE FIGARO 25/04/2021

«Je n’ai pas changé, j’ai toujours les mêmes convictions. Mon chemin est finalement celui de beaucoup d’électeurs populaires de droite», confie Thierry Mariani, eurodéputé du RN. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

LE FIGARO. – Pourquoi vous portez-vous candidat tête de liste du Rassemblement national (RN) en Paca?

Politiquement vôtreNewsletter

Le mercredi

Un éclairage exclusif par Guillaume Tabard sur les grands faits et les petites histoires politiques.S’INSCRIRE

Thierry MARIANI.– C’est ma région. Je suis né à Orange dans le Vaucluse, d’un père maçon d’origine italienne et d’une mère issue d’une famille de viticulteurs des Côtes-du-Rhône. J’ai fait mes études à Avignon, mon premier job était au Novotel Sud d’Aix-en-Provence. J’ai mes attaches ici, j’y ai fait ma vie et c’est là que j’ai réalisé l’essentiel de ma carrière politique. J’ai pu y exercer tous les mandats possibles, hormis sénateur, de conseiller général à maire en passant par député. Quand je suis à Bruxelles, je ne suis pas chez moi. La technocratie bruxelloise est un autre monde. J’en connais les lourdeurs. J’ai envie de retrouver quelque chose de plus authentique et de plus concret. À 62 ans, je pense pouvoir apporter quelque chose à ce territoire du fait de mon expérience locale et internationale. Quand on regarde le potentiel de cette région, et qu’on constate qu’elle est seulement la troisième région touristique du pays, la cinquième économie régionale, seulement la septième en matière d’exportation, on se dit qu’elle peut être beaucoup mieux exploitée. Lorsqu’il s’est présenté en 2015, le candidat Les Républicains, Christian Estrosi, avait pour slogan «Ça va changer». Or, rien n’a réellement changé depuis la présidence socialiste de Michel Vauzelle. Hormis, peut-être, la place prise par la communication.

À LIRE AUSSI :Régionales en Paca: Mariani (RN) donné gagnant face à Muselier si LR et LREM ne fusionnent pas

Le président sortant, Renaud Muselier, est un de vos anciens amis. Vous avez évolué en politique côte à côte au RPR, à l’UMP puis à LR. Pourquoi vous présenter face à face?

J’ai adhéré au RPR par attachement aux idées gaullistes, à «une certaine idée de la France», comme dirait le Général. Je me suis engagé derrière des hommes comme Charles Pasqua. Moi, je n’ai pas changé, j’ai toujours les mêmes convictions. Mon chemin est finalement celui de beaucoup d’électeurs populaires de droite. Ils se rendent compte que les partis traditionnels n’ont pas réalisé leur programme et qu’aujourd’hui, la seule qui est attachée à notre identité nationale, à lutter pour la sécurité, contre l’immigration, et faire en sorte de restaurer le rôle de la France, c’est Marine Le Pen. Loin de Christian Estrosi, qui appelle à soutenir Emmanuel Macron, ou de Renaud Muselier, qui hésite entre LR les jours pairs et LREM les jours impairs. Nous avons longtemps suivi un chemin parallèle avec Renaud. Comme au rugby, on peut affronter une équipe sur le terrain tout en se respectant en dehors. Je l’ai entendu dire que j’étais désormais son «ennemi». Moi, mon ennemi, c’est l’islamisme, c’est le chômage, c’est l’insécurité. Je suis pour une campagne honnête. J’assume d’être le candidat d’opposition, face à deux listes En marche. Une avouée derrière Mme  Cluzel, l’autre qui n’ose dire son nom, derrière Renaud Muselier. Pourtant la majorité régionale ne compte pas moins de 10 élus ayant annoncé leur soutien au chef de l’État, dont deux vice-présidents. Il faut mettre fin à cette confusion la plus totale.

Je serai au service des habitants de la région plutôt qu’au service de la promotion des élusThierry Mariani

Que pensez-vous du bilan de Renaud Muselier à la tête de la région, particulièrement durant cette crise sanitaire?

Le bilan s’estime sur cinq ans, pas sur quelques semaines où, comme partout, la région a distribué des masques. Il est transparent: 100 % d’augmentation du budget de communication, 30 % des dépenses de fonctionnement et 12,5 % de la dette, et ça, avant l’arrivée du Covid. Entre le cabinet du président et ses annexes, il y a eu 77 recrutements durant ce seul mandat. Soit davantage que pour la police ferroviaire ces six dernières années… Je serai, moi, au service des habitants de la région plutôt qu’au service de la promotion des élus. Mes principaux axes seront l’emploi, avec le soutien aux entreprises et particulièrement au tourisme, et la sécurité, qui est un vrai problème dans notre région. Je défendrai une gouvernance efficace, à l’image de celle de mes amis David Rachline à Fréjus et Louis Aliot à Perpignan. Ils font la preuve, au niveau municipal, de la bonne gestion du RN. J’en ferai de même au niveau régional avant que Marine ne le fasse pour la France.

À LIRE AUSSI :Renaud Muselier – Thierry Mariani: deux frères ennemis en Paca

Marion Maréchal a échoué à conquérir la région malgré 40 % des voix au premier tour. Qu’est-ce qui vous fait dire que la victoire est possible aujourd’hui?

Tout dépend des électeurs. Veulent-ils que la région change? Accepteront-ils les mêmes combines que la dernière fois? En 2015, la majorité de Christian Estrosi et de Renaud Muselier a été sauvée grâce au soutien des socialistes pour barrer la route au Front national. Vont-ils, en 2022, se faire élire grâce au soutien des macronistes? Les électeurs ont déjà désigné le RN comme la véritable alternative. Notre liste sera ouverte au-delà, à d’autres composantes dont nombre d’anciens élus LR qui se retrouvent au sein de La Droite populaire. Je veux m’adresser à tous les électeurs qui ne veulent plus de ces alliances n’ayant pour seul but que le maintien au pouvoir d’un cartel d’élus.

Une union à gauche, du type de celle ayant conquis Marseille en 2020, peut-elle se nouer au niveau régional?

Cela permettrait un débat véritable. Il y a désormais trois blocs en France. Un bloc de gauche, en recomposition. Un bloc autour d’Emmanuel Macron, désormais rejoint par Les Républicains, dont on sait qu’ils termineront ensemble en 2022. Et enfin un bloc attaché à la nation, autour de Marine Le Pen. Ce bloc, dont La Droite populaire fait partie, a pour priorité la sécurité, la lutte contre l’immigration et la défense des entreprises face au libre-échange mondialisé. Nous considérons notamment que lorsqu’on se repose uniquement sur l’Union européenne, ce sont les Français les perdants. L’échec de la stratégie vaccinale européenne vient une fois encore de nous donner raison…

*************************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :