MEMORABILIA

Mineurs étrangers: «Tabou et amalgame»

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L’éditorial du Figaro, par Yves Thréard. Par Yves Thréard. 28 avril 2021

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Membre de l’académie Goncourt, Tahar Ben Jelloun vient d’associer sa plume aux indignés qui bataillent contre l’amalgame. Le rapprochement entre terrorisme et immigration est «aberrant», écrit-il dans Le Point.

Certes, mais la seule et stricte observation des faits permettrait à l’écrivain franco-marocain de prendre conscience de la réalité. Ainsi, au lieu de participer à des débats abstraits, pourrait-il employer son talent à la recherche de solutions propres à mettre fin au prétendu amalgame qu’il dénonce. Nombre de pays d’origine et de leurs ressortissants vivant ici, qui se sentent injustement stigmatisés, en seraient même soulagés.

Un autre exemple, qui ne relève pas, lui, du terrorisme, illustre parfaitement la nécessité d’ouvrir les yeux. Celui des mineurs étrangers, dits isolés. Nul ne peut rester indifférent au sort de ces gamins abandonnés, au début de vie cabossé, fuyant la misère ou la guerre. Sauf que beaucoup d’entre eux, de plus en plus nombreux, ne répondent pas à ce profil.

Après une mission parlementaire qui avait sonné l’alerte, une enquête policière vient de mettre au jour un trafic terrifiant entre le Maroc ou la Tunisie et la France. Des réseaux, animés par des voyous, font venir de jeunes clandestins, qu’ils maltraitent et droguent pour les destiner aux vols sur la voie publique et aux cambriolages. Cette délinquance a fait augmenter la criminalité de 10% pendant les trois premiers mois de l’année dans l’agglomération parisienne, où quinze à vingt d’entre eux sont arrêtés tous les jours. Les mafieux, eux, empochent les butins et sont plus difficiles à retrouver.

Ces mineurs – qui souvent ne le sont pas – représentent un véritable casse-tête pour la justice. Inexpulsables en raison de leur âge, ils se faufilent dans les labyrinthes procéduraux ou finissent en prison, où ils sont exposés à d’autres menaces… «Un homme en colère est un homme qui n’a pas su dire non», a dit un jour le même Tahar Ben Jelloun. N’est-ce pas une raison suffisante pour s’opposer aux tabous qui entourent l’immigration clandestine, et ne plus tolérer l’intolérable?

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