MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Le pouvoir n’entend pas le peuple inquiet»

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CHRONIQUE – La macronie persiste, sur le sujet sensible de l’immigration de masse, à en nier les conséquences déstabilisatrices. Par Ivan Rioufol. LE FIGARO. 29 avril 2021.

Ceux qui menacent la France sont ceux qui la défendent. Ainsi raisonnent, cul par-dessus tête, les dirigeants d’un pays qu’ils ne comprennent plus. Leur hébétude fait courir un risque mortel à la nation.

En juin 2018, Emmanuel Macron avait vu «une lèpre qui monte»dans les rangs des citoyens oubliés: ils allaient devoir s’affubler, cinq mois plus tard, de gilets jaunes afin de se faire voir des puissants. Gérald Darmanin avait alors parlé de «peste brune», en insultant les plus malheureux de ses compatriotes.

Cette fois, c’est aux«vautours» que s’en est pris, dimanche, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Il parlait là des braves gens qui font, d’évidence, le lien entre le terrorisme et l’immigration, après l’égorgement d’une fonctionnaire de police, vendredi au commissariat de Rambouillet (Yvelines), par un islamiste originaire de Tunisie.

Pour sa part, le gouvernement a qualifié d’«irresponsables» et de «factieux» des généraux en retraite qui alertent, dans une tribune sur «la France en péril».À découvrir

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Tous les ingrédients d’une colère populaire demeurent intacts. L’ordre sanitaire, imposé par la peur depuis plus d’un an, n’a réussi qu’à étouffer les protestations.

Quand un pouvoir ne se résout pas à écouter la société, sinon en achetant son silence, il doit s’attendre à un réveil explosif.

La macronie s’enferme dans l’absurde quand elle désigne, avec d’autres liquidateurs, les patriotes comme des dangers.

Dimanche, place du Trocadéro à Paris, une foule révulsée par la banalisation du nouvel antisémitisme islamique s’est rassemblée pour réclamer «Justice pour Sarah Halimi» : la Cour de cassation avait estimé que son assassin, Kobili Traoré, n’avait aucun discernement au moment de son crime pourtant reconnu comme anti-juifs. Cependant, nombreuses sont les belles âmes, notamment chez les représentants de la communauté juive, qui persistent à voir du racisme chez qui récuse, au vu des désastres, la société ouverte et éclatée.

Le système politique, soucieux de sa protection, produit bien davantage de frustrations que de confiances

Les idéologues et leurs mensonges ont perdu devant l’histoire: les faits leur donnent tort. Il est devenu vain pour les faussaires de brouiller les esprits en faisant croire aux gens que la réalité n’est pas celle qu’ils subissent. Ce n’est pas «l’islamophobie» qui tue, comme le prétendaient les islamo-gauchistes qui avaient manifesté le 10 novembre 2019 à Paris, en hurlant «Allah akbar!» 

C’est bien la propagande islamiste qui, vendredi, a armé le bras de Jamel Gorchene, le tueur de Stéphanie Monfermé. Sur les réseaux sociaux, le fanatique suivait l’humoriste Yassine Belattar, ex-conseiller de Macron pour les banlieues, le site Mediapart d’Edwy Plenel, La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Qu’attendent les Français musulmans pour descendre dans la rue pour dénoncer ceux qui terrorisent en leur nom? Qu’attendent les Français juifs pour questionner ceux de leurs représentants qui excluent encore le RN recentré, qui combat le poison islamiste et judéophobe?

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La pluie d’injures qui est tombée, cette semaine, sur des officiers en retraite appelant à défendre la patrie illustre le basculement des déracinés, ces mondialistes qui ont mis la France en liquidation. Dans une «lettre ouverte à nos gouvernants» publiée le 14 avril sur le site Place d’Armes et reprise par le site de Valeurs actuellesune trentaine de généraux et plus de 10.000 militaires dénoncent «le délitement qui frappe notre patrie». Leur faute, aux yeux du gouvernement, de l’extrême gauche et des conformistes: appeler à «appliquer sans faiblesse les lois qui existent déjà» et prévenir contre une guerre civile. L’auteur du texte, ancien officier de gendarmerie, Jean-Pierre Fabre-Bernadac, écrit parallèlement*: «Nous rejetons la société globalisée et nous prônons, à la place, l’identité, la famille, le réel, l’enracinement et la vérité (…) mais aucunement le racisme, l’homophobie ou la haine viscérale de l’islam.» Les censeurs veulent faire taire ces sentinelles«gilets kaki» soutenues par 58% des sondés.

Le tabou de l’immigration

Le pouvoir s’est éloigné du peuple inquiet. Il persiste, sur le sujet sensible de l’immigration de masse, à en nier les conséquences déstabilisatrices. L’égorgeur de Stéphanie Monfermé était arrivé en France clandestinement en 2009, avant d’être régularisé en 2020 grâce à une circulaire de Manuel Valls de 2012. Pour autant, le porte-parole du gouvernement a déclaré dimanche, repris ensuite par Jean Castex:«Je refuserai toujours de tirer un trait entre immigration et terrorisme.»Avant lui, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait soutenu, le 28 juillet 2020: «Je suis à 100.000 lieues de faire le lien entre l’immigration et l’insécurité.» 

Mais à quoi bon ces postures de salon? L’injure («vautours») lancée par Attal à ceux qui font, par bon sens, un lien entre le terrorisme et l’immigration est un procédé qui signe l’assèchement dogmatique. Les quatre derniers attentats islamistes ont été commis par des étrangers, notamment la décapitation de Samuel Paty. Depuis 2015, quarante-deux attaques djihadistes ont été perpétrées par des étrangers ou, à une exception près (le martiniquais Mickaël Harpon, agent de la préfecture de police de Paris) par des Français issus de l’immigration. Nier ces faits revient à mépriser ceux qui n’en peuvent plus de vivre le Grand Effondrement dans la moquerie d’«élites» déboussolées.

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Le système politique, soucieux de sa protection, produit bien davantage de frustrations que de confiances. Nombreux sont les citoyens qui n’attendent plus rien d’un pouvoir qui a perdu le contact avec la base. Le gouvernement a cru bien faire en mettant le pays sous cloche pour le protéger d’un virus. Mais ce sont les classes moyennes, qui ne peuvent télétravailler ni s’abriter dans des résidences secondaires, qui vont une nouvelle fois subir les conséquences de cette stratégie mal pensée du risque zéro. Quelle est la cohérence du raisonnement présidentiel? Il dit vouloir «sauver des vies» en limitant les libertés d’aller et venir de chacun. Pourtant, il laisse les frontières perméables à ceux qui veulent poursuivre leur «guerre sainte» en France.

En 2019, le pays a été choisi par 440.000 étrangers (en additionnant les titres de séjour, les demandes d’asile et les mineurs isolés), sans compter les clandestins!

Tous ne sont évidemment pas des terroristes ni des délinquants en puissance. Mais le nombre suffit à rendre encore plus impossible une intégration qui ne fonctionne plus qu’à la marge.

En s’interdisant d’aborder l’immigration et ses désordres, l’État se comporte en pyromane.

*«Les Damnés de la France», Les Éditions de Paris.

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