MEMORABILIA

L’éditorial du Figaro Magazine: «La spirale de la défiance»

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L’émotion soulevée dans l’opinion par chaque nouvel attentat islamiste est considérable.

Par Guillame Roquette. 30 avril 2021

La question revient après chaque nouvel attentat. Y a-t-il un lien entre immigration et terrorisme? Jusqu’à présent, les réponses affirmatives venaient surtout des rangs du Rassemblement national, mais voilà que des personnalités comme Valérie Pécresse s’y risquent à leur tour, au grand dam du gouvernement.À découvrir

On connaît l’argument de celui-ci pour tenter de clore le débat: 80 % des attentats commis depuis 2015 sont le fait de ressortissants français. Le constat est irréfutable, mais il serait encore plus convaincant si l’on précisait que presque toutes ces personnes sont elles-mêmes issues de l’immigration musulmane. Par ailleurs, le fait que 20 % des terroristes islamistes soient étrangers (bien davantage que la proportion de ces derniers dans la population globale) démontre que le problème existe, sauf à tenir la mort de Samuel Paty, de la fonctionnaire de police de Rambouillet ou des victimes de la basilique Notre-Dame de Nice – tous victimes de meurtriers étrangers – pour quantité négligeable. En réalité, si l’on veut contester par des chiffres le lien entre immigration et terrorisme islamiste, il est plus pertinent d’insister sur le nombre extrêmement limité d’individus qui versent dans l’action armée au regard des 7 millions d’immigrés qui vivent en France. L’oublier serait faire insulte à ces derniers.

Sans minorer le moins du monde la gravité et l’horreur des attentats, on peut estimer que le risque serait maîtrisable s’il était seulement sécuritaire. Mais la menace est avant tout culturelle. Le terrorisme islamiste est un symptôme paroxystique de ce mal bien plus profond et redoutable qu’on appelle désormais le séparatisme. Et celui-ci n’est pas tombé du ciel: il est le résultat d’un demi-siècle d’immigration massive, qui a favorisé l’émergence de contre-sociétés où la charia prime sur les valeurs de nos sociétés occidentales. Les ingrédients de cette radicalisation sont toujours les mêmes: bien davantage que les difficultés sociales, c’est le sentiment de déracinement qui entraîne un repli identitaire et religieux débouchant, dans les cas extrêmes, sur la violence.

Principe de précaution

Face à cette spirale séparatiste, tous les moyens disponibles doivent être employés. La répression, utilement renforcée par la récente loi sur le respect des principes de la République, mais aussi la prévention, via une limitation drastique de l’immigration. Il s’agit d’une mesure d’utilité publique: l’émotion soulevée dans l’opinion par chaque nouvel attentat islamiste est considérable et accroît le risque d’une défiance généralisée, tant vis-à-vis des communautés immigrées que des institutions européennes, impuissante à endiguer la pression migratoire.

Dès lors que la France n’est plus capable (ou n’a pas le courage) d’assimiler les étrangers qui arrivent sur son sol, elle doit en accueillir le moins possible, faute de quoi le risque terroriste ne fera que croître. En cette matière au moins, le principe de précaution s’impose.

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