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…Quand le général Lecointre appelait les militaires à s’exprimer…

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« Il faut écrire ! » : quand le général Lecointre appelait les militaires à s’exprimer

Après la “tribune des généraux” parue dans Valeurs Actuelles, le chef d’état-major des Armées s’insurge contre ses signataires et promet des sanctions. En 2018, pourtant, il invitait publiquement les militaires à prendre la plume et à débattre. 

Par  Thomas Nasri. Publié le 1 mai 2021. VALEURS ACTUELLES

Le chef d’Etat major des Armées, François Lecointre. © WITT/SIPAPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Il s’estime « choqué » et dénonce « une tentative de manipulation inacceptable ».Dans Le Parisien, le général François Lecointre réagit promptement à la tribune publiée par plusieurs généraux et officiers d’active dans Valeurs Actuelles. Ces derniers y dénoncent le laxisme des pouvoirs publics face à la montée des violences et le « délitement » du pays. « Je leur dénie le droit de porter un jugement sur ce que nous sommes », s’insurge le chef d’état-major, souhaitant que les signataires de la tribune soient radiés et mis à la retraite d’office.A LIRE Soutien des Français à la tribune des généraux : et une claque de plus pour Mélenchon

En janvier 2018, le même général Lecointre publiait pourtant une tribune dans Le Figaro, où il invitait civils et militaires à exprimer leurs opinions et à débattre. Le général regrette alors « l’effacement de la parole du soldat », depuis le traumatisme de 1940 et la guerre d’Algérie. Plutôt que d’être « résignés au mutisme », il enjoint les militaires à écrire et à « développer la réflexion sous toutes ses formes et dans toutes les dimensions ». Objectif : « Que les consciences s’éveillent à la centralité des thèmes relatifs à la confrontation et au fait guerrier », pour sortir de « l’illusion des dividendes de la paix ». Trois ans plus tard, son vœu est exaucé dans Valeurs Actuelles, où la tribune signée par plus de 8000 soldats met en garde contre la possibilité d’une guerre civile.

« La vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef » avait prévenu le général De Villiers

Les militaires déplorent une « France en péril » face à « l’islamisme », « les hordes de banlieues » et « un certain antiracisme qui crée sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés ». Avant de s’attaquer aux « silences coupables » du gouvernement et de réclamer au président Macron le retour de l’honneur et du patriotisme à la tête de l’État. C’est là que le bât blesse. Le général Lecointre ne doit son poste de chef d’état-major des Armées qu’au choix d’Emmanuel Macron qui le nomme en juillet 2017, suite à la démission du général Pierre De Villiers. Refusant la coupe de 850 millions d’euros au budget de l’armée, ce dernier déclare dans son ouvrage Servir que « la vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef ». En décembre 2020, il finit par admettre sa « crainte d’une guerre civile ». Son successeur à l’état-major, au contraire, marche droit depuis quatre ans et applaudit, dans sa tribune de janvier 2018, le président Macron qui « fait l’éloge de l’héroïsme et de l’esprit de conquête ».

En conclusion de son texte, le général Lecointre appelle à lier « l’action et la pensée ». Les signataires de la tribune des généraux ne font qu’appliquer ce principe, en expliquant qu’in fine, l’armée devra intervenir « dans une mission périlleuse de sauvegarde de nos compatriotes », si le laxisme s’étend jusqu’à l’explosion du pays. Un constat partagé depuis longtemps par des élus de tous bords, aux prises avec la réalité du terrain. Ainsi Samia Ghali, élue socialiste des quartiers Nord de Marseille, qui réclame en août 2012 le recours à l’armée pour lutter contre le trafic de drogue. Une décennie plus tard, alors que des militaires déplorent l’aggravation de la situation, le général Lecointre se moque de leur tribune sans « grand intérêt », avant de s’aligner sur le gouvernement pour dénoncer « un parti pris politique ».A LIRE Tribune des généraux : le chef d’état-major des armées dénonce « une tentative de manipulation inacceptable » et promet des sanctions

En tapant sur des généraux et des officiers, le chef d’état-major finit logiquement sa course en héros de l’extrême-gauche. Le 28 avril, Jean-Luc Mélenchon lui offre son « respect […] face aux factieux qui se sont déshonorés ». Le dirigeant LFI n’avait consacré que deux lignes sur Twitter à l’attentat islamiste de Rambouillet et à l’égorgement d’une policière le 23 avril, avant de s’en prendre frénétiquement pendant plusieurs jours à la tribune parue dans Valeurs Actuelles. Au Parisien, le général Lecointre ajoute avoir répondu aux injonctions de Mediapart pour tenter de dénicher une cinquantaine de militaires « suspectés d’extrémisme de droite ». Le tout, avant d’oser : « je mets au défi mes subordonnés de savoir quelles sont mes opinions politiques ». Les Français, eux, commencent à s’en faire une idée…

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