MEMORABILIA

Faits et Gestes, Ivan Rioufol.

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 Faits & GestesJe mets en lumière les faits tels qu’ils sontIvan Rioufol | par Ivan Rioufol ,le dimanche 2 mai 2021
  
 Chers lecteurs,Voici quelques-unes de mes notes de la semaine écoulée :

Lundi 26 avril : La lettre des généraux en retraite, qui décrit le «délitement» de la nation, commence à faire du bruit. CNews, notamment, participe activement à sa diffusion, grâce à l’émission de Pascal Praud. Ce que disent ces militaires ? Le roi est nu. Un propos simple et vrai, qui risque de faire mouche auprès de l’opinion. Comment en effet ne pas voir que «la France est en péril» ? Il n’y a aucune révélation dans ce texte. Il se contente de décrire une réalité : celle d’une société laissée à la tyrannie des minorités et à la pusillanimité des dirigeants. Le gouvernement veut y voir un appel au putsch. Rien de tel : les «gilets kaki» – certains envisagent cette appellation – demandent seulement aux pouvoirs publics d’appliquer «sans faiblesse les lois qui existent déjà», au risque d’aller vers une guerre civile. Cette perspective est dans tous les esprits un peu lucides. Rien n’a changé depuis 2015, date d’écriture de mon essai, La guerre civile qui vient, éditée par mon ami Pierre-Guillaume de Roux, disparu trop jeune, dernièrement. Rien n’empêche des militaires en retraite d’user de leur liberté d’expression. Quant au «droit de réserve», il serait temps de réfléchir à son aménagement : un soldat a aussi un cerveau. C’est une pensée militaire figée dans la routine qui a été à la source de L’Étrange défaite, décrite par Marc Bloch après le désastre de 1940. Fallait-il interdire au colonel de Gaulle de publier Vers l’armée de métier, en 1934 ? Il est vrai que ses idées novatrices avaient été mal accueillies… 


Mardi 27 avril : Je crains le réveil d’une colère populaire. Le pouvoir ne semble rien comprendre à la vie des gens et à leurs aspirations existentielles. La macronie produit plus d’injures contre ses adversaires que d’idées neuves pour le pays. J’aborderai ce sujet dans mon bloc-notes de ce vendredi. Ce matin, Philippe de Villiers sur RTL et Michel Onfray sur Europe 1 semblent être sur cette même ligne. Villiers : «Avec Macron, c’est foutu». Il parle de «France lunaire», et de «processus de colonisation, de peuplement, de conquête». «La guerre civile ce n’est pas nous !» dit-il en pointant la faiblesse de l’État et son incapacité à comprendre l’enjeu de civilisation qui est posé. Onfray renchérit, une demi-heure plus tard : «Le pouvoir n’a rien à faire de la majorité des Français (…) Pourquoi a-t-il peur du peuple ? Parce que le peuple a un bon sens dont il ne veut pas (…) Le bon sens du peuple est un bon sens qui réfléchit». Louis XIV, déjà : «La fonction de roi consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit toujours naturellement et sans peine». Le bon sens : un mot qui fait bondir les intellectuels mondialistes. Ils y voient la France moisie des ploucs provinciaux. Cette France oubliée pourrait bien leur dire assez vite : «Du balai !».


Mercredi 28 avril : Nous cheminons doucement, tête en l’air, vers l’horrible monde du «QR Code» pour tous, c’est-à-dire ces codes-barres réservés jusqu’alors aux produits de consommation. L’Ordre sanitaire a fait une alliance fructueuse avec le numérique. Klaus Schwab, le fondateur du forum de Davos, s’en réjouit dans son livre (Covid-19 : la grande réinitialisation). Il écrit par exemple, page 172 : « (…) Le traçage de contacts a une capacité inégalée et une place quasi essentielle dans l’arsenal nécessaire pour combattre la Covid-19, tout en étant capable de devenir un outil de surveillance de masse». La surveillance de masse ! Cette chinoiserie totalitaire est déjà possible par les smartphones à détection de localisation, les caméras de reconnaissance faciale et les autres technologies qui suivent une maladie en temps réel. Le «passe sanitaire» est l’autre expression qui va chercher à nous imposer un passeport vaccinal pour la vie quotidienne. Personnellement, je refuse dès à présent d’obéir à ce monde hygiéniste de «Khmers blancs», prêts à entrer dans la vie privée de chacun. En fait, la révolution numérique est probablement plus dangereuse pour nos libertés que l’islamisme bas du front. Ce dernier est répulsif. En revanche, la grande réinitialisation a ses attraits pour ceux qui tremblent pour leur santé. La servitude volontaire : un sujet toujours d’actualité depuis La Boétie.L’ex-journaliste de LCI, Philippe Ballard, annonce qu’il quitte sa profession et sa chaîne pour s’engager au RN. Sur CNews, il se définit comme «patriote, national, souverainiste». C’est l’urgence, explique-t-il, qui l’a décidé de se jeter dans la bataille politique. Il dit ne plus supporter de voir son pays «submergé par des vagues d’immigration incontrôlées». «Notre identité s’en va doucement». Je comprends cette crainte de voir la France s’effondrer toujours un peu plus. J’ai choisi pour ma part, de ma place d’observateur engagé, de lancer des alertes de plus en plus fréquentes. Oui, je sais : cela fait trente ans que j’enfonce peu ou prou les mêmes clous. Aujourd’hui, je me sens moins seul… Désolé pour mes procureurs moutonniers, mais ils ont perdu.


Jeudi 29 avril : Tiens donc ! 58% des sondés approuvent la lettre des généraux en retraite. 73 % partagent le sentiment d’assister au «délitement» de la société. Ils sont même 49 % à souhaiter que l’armée intervienne de sa propre initiative ! Le vieux monde, accaparé par des élites hors-sol et de plus en plus paranoïaques, est en train de s’effondrer sous nos yeux. Les puissants regardent le doigt qui désigne la lune, comme le fait l’idiot devant le sage. La « giletjaunisation de la société» pourrait bien être un phénomène résurgent.


Vendredi 30 avril : Macron annonce dans la presse régionale son calendrier de déconfinement. Plus l’État recule face aux assauts des cités en guerre urbaine quasi-permanente, plus il en fait des tonnes face au Covid. Le président veut faire comprendre qu’il tient la barre et qu’il a un plan. Mais cette mascarade ne peut leurrer que les esprits paresseux. Cette théâtrocratie s’accorde très bien avec la généralisation du port du masque. Chacun est prié de jouer le jeu. Cependant, cette docilité n’a pas de sens : les spécialistes s’accordent à reconnaître que le masque porté dans la rue ne sert à rien ! Personnellement, je ne le porte plus quand je suis à l’extérieur. Je réclame (est-ce déjà trop ?) ma liberté de respirer en paix.

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