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Covid-19: le laboratoire P4 de Wuhan revient au cœur de la polémique

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DÉCRYPTAGE – Le laboratoire a progressivement échappé au contrôle des scientifiques français qui devaient superviser le travail des chercheurs chinois.

Par Isabelle Lasserre. 3 mai 2021. LE FIGARO

Vue aérienne du laboratoire P4, sur le campus de l’Institut de virologie de Wuhan en Chine, le 13 mai 2020. HECTOR RETAMAL/AFP

Longtemps écartée par l’OMS qui la jugeait «hautement improbable», étouffée par les autorités chinoises qui ont tenté de réécrire l’histoire de la pandémie, desservie, voir décrédibilisée par le fait qu’elle a été défendue par l’Administration Trump, l’hypothèse d’un accident de laboratoire refait surface. La France est d’autant plus concernée que c’est elle qui a exporté le P4 de Wuhan, un laboratoire de très haute sécurité biologique, destiné à l’étude des virus pathogènes les plus dangereux. Un joyau de la technologie française, qu’on réserve d’ordinaire à ses amis.À découvrir

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Depuis le début, cette coopération très sensible avec les autorités chinoises a créé des tensions dans l’Hexagone. C’est en 2004 que Jacques Chirac et le président chinois Hu Jintao décident une coopération destinée à lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Un an plus tôt, la Chine avait beaucoup souffert du Sras, le syndrome respiratoire aigu sévère. «Certains pensaient qu’il fallait absolument aider les Chinois à travailler sur ces nouveaux virus. Et leur permettre de le faire dans des conditions sérieuses. Avec le savoir-faire français», explique une source diplomatique qui avait suivi l’affaire à l’époque. Mais le projet est loin de faire l’unanimité en France.

Une «bombe bactériologique»

Raffarin et Chirac sont pour. Une partie du corps médical, dont Bernard Kouchner, aussi. L’industriel pharmaceutique Alain Mérieux également, qui préside le comité de pilotage avec son homologue chinois.

Mais les spécialistes de la non-prolifération, aux Affaires étrangères et à la Défense, de même que le SGDSN, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, et les milieux de la recherche sont réticents.

Ils redoutent que le P4, habilité à traiter les virus les plus dangereux, comme Ebola, soit un jour transformé en arsenal biologique.

Ils font valoir que contrairement aux sites nucléaires ou chimiques, il n’existe pas de contrôle international pour ce type de matériel sanitaire ultrasensible, que certains spécialistes comparent à une «bombe atomique bactériologique».

Ils dénoncent également le manque de transparence et l’opacité autour des laboratoires mobiles P3, moins sensibles que le P4, déjà livrés par la France juste après l’épidémie de Sras.

«Beaucoup d’entre nous ne voulaient pas livrer une technologie aussi sensible à un pays qui n’est pas un allié, à un régime oppressif et opaque qui lutte contre nos intérêts», affirme un des acteurs stratégiques de l’époque.

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