MEMORABILIA

Bicentenaire de la mort de Napoléon : un héros national victime de l’air du temps

VALEURS ACTUELLES. 5 mai 2021
Imaginez un pays qui attend un sauveur, cultive le mythe de l’homme providentiel, mais reste incapable de célébrer l’archétype de cette légende.
Alors que la France fête aujourd’hui le bicentenaire de la mort de Napoléon, vents et marées se dressent contre les admirateurs de l’Empereur.


Pourtant, tout en lui correspond aux attentes du pays. Petit général corse, self-made-man, figure de l’ordre face au chaos révolutionnaire… Il n’en reste pas moins perçu comme une poussiéreuse icône du passé par une partie de la classe politique, dont certains membres préfèrent fêter l’anniversaire de la naissance de Karl Marx. Le leader de La France insoumise, Jean Luc Mélenchon, avec la haine historique de la France qu’on lui connaît, a d’ailleurs jugé fondamental de célébrer le théoricien révolutionnaire sur son compte Twitter…

Mais cette discorde est-elle vraiment nouvelle ? Rien n’est moins sûr…
À la droite comme à la gauche de l’échiquier politique, Napoléon a toujours suscité des débats enflammés : les nostalgiques de la monarchie française ont longtemps dénoncé l’usurpation du Corse, en référence à son célèbre coup d’État du 18 brumaire… Toutefois, les légitimistes conservaient tout de même un certain respect pour l’un des plus grands noms de notre histoire. Ainsi Jacques Bainville a eu cette belle formule : « Sauf pour l’art, sauf pour la gloire, il eut probablement mieux valu que cet homme n’ait pas existé. » 

Depuis, le niveau a bien baissé. Avachi dans son confort parisien, le petit monde bobo se permet maintenant de critiquer le héros du pont d’Arcole à coups d’anathèmes moraux ! Racisme, misogynie, esclavagisme, militarisme… Tout y passe.

Malheureusement pour l’Empereur, inculture et subjectivité sont devenues les deux piliers méthodologiques à l’aune desquels nos contemporains analysent — ou jugent — l’histoire de France.

Et l’air du temps n’aide pas : la force, l’autorité et la verticalité donnent la nausée aux magnats des droits de l’homme.

À ce titre, certains s’interdisent ne serait-ce qu’une once de respect pour l’Empereur. Le vainqueur d’Austerlitz a beau avoir le tombeau le plus prestigieux de France, avoir créé un État stable et fait du pays une des plus grandes puissances mondiales, tout cela ne suffit pas pour obtenir les bonnes grâces des progressistes. On préfère fêter Trafalgar qu’Austerlitz, dirait le général de Villiers.

La culpabilité a gagné. Tant qu’il est encore temps, soyons fiers de notre histoire, avant que Napoléon ne soit définitivement inhumé.

One Reply to “Bicentenaire de la mort de Napoléon : un héros national victime de l’air du temps”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :