MEMORABILIA

Insécurité : du côte à côte au face-à-face

Scroll down to content

ANALYSESINSÉCURITÉI

OPINION. Le phénomène d’ultra-violence qui prospère dans les banlieues, sans que l’État ne lui oppose aucune résistance, prend selon notre abonné une tournure sécessionniste de plus en plus préoccupante.

Auteur

Bruno THOUZELLIER Magistrat honoraire. Publié le 5 mai 2021. FRONT POPULAIRE

« Je me bats pour le droit à la vie paisible. » Emmanuel Macron

« En tout État qui s’est dissout, il se forme des bandes conquérantes et souveraines. » Hippolyte Taine

En octobre 2018, en quittant le ministère de l’Intérieur, et la macronie, Gérard Collomb alertait sur le risque imminent d’un face-à-face violent entre certains quartiers et l’État. Aujourd’hui, nous y sommes et quotidiennement !Grigny, Étampes, Corbeil-Essonnes, Creil, Grenoble, Lyon, Halluin, Nantes, Paris, Rillieux-la-Pape, Bordeaux, Blois, Nice, Épinay-sur-Seine… Dans le seul département des Yvelines, plus de cinquante violences urbaines ont été recensées pour la seule semaine du 19 au 25 avril. Et la liste des quartiers dans lesquels la vie est tout sauf paisible pourrait s’allonger démesurément !

Il n’est pas un jour, une nuit, sans qu’un commissariat, des policiers en patrouille, des pompiers en intervention et même le SAMU ne soient attaqués au cocktail molotov, au mortier d’artifice, par des bandes armées et offensives. Ce qu’une grande partie des médias appelle pudiquement les quartiers sensibles est entré en lutte frontale contre l’autorité étatique française (ou plutôt ce qu’il en reste) pourtant légitime à exercer sa mission de maintien de la sécurité publique sur tout le territoire.

Si l’État a perdu le contrôle de nombreux quartiers périphériques, on ne doit pas se tromper sur ce phénomène. Il ne relève pas d’une délinquance « classique », mais d’une autre dimension de nature séditieuse et ethnicoreligieuse sur fond de trafic de drogue à haute échelle. Il s’agit bien d’émeutes anti-françaises coordonnées et destinées à substituer à l’autorité républicaine et laïque un autre ordre de nature mi-théocratique, mi-narcotrafiquante.

Récemment, Samir Elyes, lors d’une manifestation publique du Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB), en présence de madame Assa Traore, déclarait que « 80 % des policiers sont des policiers racistes [et] ont le droit de vie et de mort », car la justice« leur délivre un permis de tuer », avant de conclure : « on ne veut plus qu’ils rentrent dans nos quartiers (…) Sécession ». L’appel à une guérilla urbaine sécessionniste était ainsi lancé en toute impunité…

Bien au contraire, ce sont les forces de l’ordre qui sont sur la défensive, constamment victimes de guet-apens, attaquées à force ouverte. Et leur réplique ne permet plus de juguler cette ultra-violence quotidienne. Si ces dizaines de quartiers devaient se soulever de manière coordonnée sur tout le territoire, le gouvernement ne disposerait pas des effectifs suffisants pour rétablir la paix civile. D’autant plus que la justice est incapable d’apporter une réponse dissuasive à ces émeutes quotidiennes par manque de moyens évidents, mais aussi par inadaptation flagrante de son arsenal pénal à la violence des mineurs et parfois, il faut malheureusement le dire, par un laxisme incompréhensible au plan des peines prononcées. L’État de droit actuel met en danger la sécurité des Français par son inadaptation à répondre au défi majeur qui nous est lancé.

On notera que ces soulèvements quotidiens ne sont presque jamais relatés par les grands médias de l’intelligentsia parisienne, qui font preuve d’une insouciante mansuétude à leur égard et préfèrent centrer leur rhétorique victimaire sur les « violences policières » et le « racisme endémique » des forces de l’ordre. Ils sont encouragés en cela par le plus haut sommet de l’État qui, longtemps indifférent à la question sécuritaire, entretient par calcul électoraliste, le brasier de l’insécurité en dénonçant en décembre dernier les « contrôles au faciès » dont se rendraient coupables les forces de l’ordre. À cet état d’esprit munichois s’ajoute une repentance permanente des « crimes » commis par la France tout au long de son histoire… Cette présidentielle volupté du repentir déconstructiviste ne peut qu’avoir un effet profondément dissolvant sur l’unité nationale.

Pour preuves du désarmement sécuritaire et moral qui prévaut au plus haut sommet de l’État, on citera, entre autres la construction de la mosquée de Strasbourg, la plus grande d’Europe. On reste stupéfait que l’État ne s’y s’oppose pas, s’agissant d’évidence d’un instrument entre les mains d’un État étranger, ennemi de la France, et qui sera une arme redoutable d’influence séparatiste.

Autre exemple : l’Obs publiait le 28 mars dernier la liste du top 10 des plus gros trafiquants de drogue opérant sur le sol français, reconstituée à partir de sources policières et judiciaires. Il se trouve que le numéro deux sur cette liste a été condamné en juin 2020, à vingt ans de réclusion criminelle dans une affaire d’enlèvement et de meurtre et avait pour avocat… notre actuel ministre de la justice !

Ainsi l’avocat d’un individu présenté par les services de police comme un des tout premiers barons de la drogue opérant en France, était nommé quelques semaines plus tard ministre de la Justice par le président de la République française. Autrefois, un auteur de série noire aurait pu imaginer un tel scénario… dans une république bananière.

La lucidité fondée sur l’expérience de l’écrivain algérien Boualem Sansal sera la meilleure conclusion à ce sinistre, et très partiel, état des lieux : « La France ne comprend toujours pas la réalité à laquelle elle est confrontée. Elle subit une guérilla qui peu à peu prend son élan pour un jour atteindre les dimensions d’une guerre totale (…) À la guerre on répond par des actes décisifs et non par des discours émus. »

***********************

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :