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Il y a 40 ans: naissance de la «génération Mitterrand»…

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LES ARCHIVES DU FIGARO – Le 10 mai 1981, François Mitterrand s’installe à l’Élysée pour deux septennats. Une génération entière grandit avec lui.

Par Stéphane Durand-Souffland. Publié le 10 mai 2021

La jeunesse réunie à la Bastille célèbre la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981.
La jeunesse réunie à la Bastille célèbre la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981. GEORGES BENDRIHEM/AFP

À la mort de l’ancien président, le journaliste Stéphane Durand-Souffland revenait sur «le parcours initiatique de la  »génération Mitterrand »». Il faisait alors le récit de cette France profondément transformée en 14 ans, son TGV, l’avènement du baladeur et du four à micro-ondes mais aussi l’explosion des banlieues, du chômage et des scandales financiers. À l’occasion du 40e anniversaire de l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981, Le Figaro vous propose de redécouvrir cet article paru initialement le 9 janvier 1996.


Au commencement était le 10 mai. Ce jour-là, en 1981, avec l’élection du premier chef de l’État socialiste de la Ve République, est né sans le savoir ce qui sera opportunément baptisé sept ans plus tard «génération Mitterrand». C’est-à-dire une classe d’âge qui, trop jeune pour s’être sérieusement intéressée au septennat de Valéry Giscard d’Estaing, n’aura connu, de 1981 à 1995, qu’un seul locataire à l’Élysée. Elle se forgera pendant ce long règne une certaine culture politique et, tantôt actrice, tantôt spectatrice, verra la France et le monde se transformer.

Ils avaient entre 16 et 20 ans, ce 10 mai 1981. À Paris, le temps était à l’orage et l’on s’était réuni chez les uns et les autres pour découvrir le visage du nouveau président. Comme il faisait lourd, les fenêtres étaient ouvertes. La première manifestation de la «génération Mitterrand», à 20 heures passées d’une poignée de secondes fut bruyante : une clameur, un monstrueux vagissement de nouveau-né. Immédiatement suivie d’une fête musicale à la Bastille.

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Beaucoup ont sans doute cru que ce serait cela, la gauche au pouvoir. De la musique dans la rue, des baisers sur le trottoir, des jeunes qui dansent sans craindre ni la pluie ni le tonnerre – une génération waterproof.

Florent, qui n’avait pas tout à fait l’âge de voter ce 10 mai, se souvient d’un homme qui, sur son balcon, jouait de la trompette pour les passants marchant sur la Bastille. Il se souvient aussi que c’est ce soir-là qu’il a rencontré Stéphanie, sa future femme. Rien que de bons souvenirs.

Pour d’autres, ils sont mauvais. Le 10 mai, c’est généralement l’anniversaire d’Anne. Mais, cette fois, pas de cadeaux à ouvrir, pas de bougies à souffler. À la place, un petit ami giscardien en larmes et une grand-mère qui redoute un débarquement imminent de l’Armée rouge.

Des cassandres murmurent que la flotte bolchevique mouille au large de Boulogne-sur-Mer et n’attend qu’un signal du nouveau président français.

L’Armée rouge… En 1981, son ombre plane encore. Il y a les «pays de l’Est», le «rideau de fer». Des cassandres murmurent que la flotte bolchevique mouille au large de Boulogne-sur-Mer et n’attend qu’un signal du nouveau président français. Florent, Anne, Stéphanie et les autres sont les enfants de la « génération guerre froide ». La « génération Mitterrand » devra, au fil du temps, reconsidérer une bonne partie de ce qui lui avait permis de décrocher le baccalauréat: un mur tombe, des frontières changent, les atlas sont fatigués. L’URSS n’existe plus. Ses pays satellites tentent de s’en remettre. L’Union européenne se construit vaille que vaille. Au Proche-Orient. Israël dialogue avec l’OLP.

TGV et radios libres

Les progrès technologiques bouleversent les paysages, élargissent les horizons. Le TGV est mis en service en 1981. La « génération Mitterrand » découvre ces trains nouveaux qui ont des museaux de Jumbo Jet et dont l’intérieur est encore pavoisé aux couleurs des années 70 : orange et marron. Pour partir moins loin, entre copains, la Peugeot 205 fait l’affaire. Quant aux familles nombreuses, elles expérimenteront les joies de la Renault Espace. Les montres à cristaux liquides rendent l’âme : l’heure est à la Swatch. L’Angleterre ne sera bientôt plus le royaume du superbe isolement : la révolution s’appelle tunnel sous la Manche.

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Les radios libres sont autorisées. Bientôt, leurs responsables comprennent que les provocations, amour en direct et gros mots à gogo, qui faisaient leur charme quand elles émettaient depuis des soupentes avec du matériel de fortune, ne sont guère lucratives. Tandis que le disque laser et le Walkman dévorent le marché, elles s’effacent derrière des programmes musicaux entrecoupés de publicité. Le pot aux roses est découvert : les radios libres sont, en fait, privées. Grâce à un leurre – les animateurs qui insultent les auditeurs – elles tenteront vainement de retrouver la spontanéité des années clandestines.

La télévision connaîtra plus tard des problèmes comparables avec la multiplication des chaînes hertziennes et câblées. Le péage cathodique est inauguré par Canal +, dont le ton corrosif («Les Nuls» puis «Les Guignols de l’info») conquiert la frange urbaine de la «génération Mitterrand», convertie au rire crypté et à la pornographie à domicile. Le décodeur, la vidéo et le magnétoscope ont extirpé le cinéma X des salles très obscures.

L’informatique, qui faisait l’objet d’aléatoires initiations au lycée à la fin des années 70, est soudain accessible à tous.

La «génération Mitterrand» apprend également à pianoter sur ce Minitel qui ouvrira la voie aux ordinateurs personnels, portables, Macintosh. IBM. Microsoft… L’informatique, qui faisait l’objet d’aléatoires initiations au lycée à la fin des années 70, est soudain accessible à tous. Et obligatoire. Les enfants de cinq ans sont pris au piège des jeux vidéo, à moins qu’ils ne risquent leur vie pour marcher jusqu’à l’école sans lâcher leur «Game Boy». Les dernières années du second septennat marquent l’avènement du téléphone portable dont l’appel aigrelet trouble le recueillement aussi bien à la messe qu’à Roland-Garros. On faisait semblant de ne pas le voir, mais le multimédia, les autoroutes de l’information et Bill Gales étaient là, en embuscade.

La «génération Mitterrand» contribuera aussi à l’émergence d’une foule d’engouements plus ou moins fugaces. Des plus graves aux plus futiles. La «solidarité» hexagonale — annonce à l’« ingérence humanitaire » planétaire. L’abbé Pierre fait son éternel retour pendant que son ami Bernard Kouchner, ministre en exercice, livre des sacs de riz aux Somaliens affamés devant les caméras du monde entier. Tout cela nourrit le «charity-business» à la française, mobilise les chanteurs pour aider les victimes du tremblement de terre en Arménie et réunit autour de Coluche et de ses Restos du cœur un plateau d’exception.

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Les banlieues

Coluche, Montand, Bruel, Bedos, Smaïn, Renaud : les saltimbanques font la leçon aux politiques. La «société civile» est à l’honneur, en dépit du passage météorique au gouvernement de l’un de ses représentants, le professeur Léon Schwartzenberg, Johnny Hallyday et consorts sont sommés d’analyser l’actualité. Les voici ministres, philosophes, historiens. La maladie. Ils sont contre. La drogue ? Un fléau. La guerre ? Une honte. On respire. Ils pensent comme nous.Auparavant, il y avait la ville, la campagne et quelque chose entre les deux dont on se gardait bien de parler.

Le malaise des banlieues commence à s’exprimer violemment. La banlieue acquiert d’ailleurs à cette occasion une identité. Auparavant, il y avait la ville, la campagne et quelque chose entre les deux dont on se gardait bien de parler. Les enfants d’immigrés sont rebaptisés beurs ou beurettes et constituent une branche importante de la «génération Mitterrand», la génération SOS Racisme pas tout à fait spontanée. Harlem Désir devient le porte-drapeau à la mode d’une intégration magnifiée par Yannick Noah et Marie-José Pérec, tandis que la querelle liée au foulard islamique empoisonne la vie scolaire.

Le raï de Khaled aurait pu adoucir les mœurs si l’intégrisme islamique n’avait pas enfoncé la porte de la France : des attentats ensanglantent la capitale en 1986. L’écrivain Salman Rushdie, condamné à mort par l’Iran, se cache, apparaît subrepticement à Paris ou à Strasbourg. Bernard-Henri Lévy et ses amis mettent la philosophie au service des grandes causes. Profession de foi commode, l’antilepénisme est élevé au rang d’unique pensée de référence. Ce qui fait bien l’affaire du président du FN trop content de jouer les persécutés.

Loin des débats de salon, la pauvreté alliée au chômage gagne du terrain et l’ivresse conceptuelle continue à sévir en ciselant un vocabulaire «politiquement correct» pour parler de «ça». Après les non-voyants et mal-entendants (ex aveugles et sourds), les gardiens d’immeuble (ex-concierges), voici les SDF (sans domicile fixe ex-clochards). L’État ne peut rester inactif face à la détresse galopante. Il instaure le RMI (revenu minimum d’insertion) assorti de l’ISF (impôt sur la fortune), et la CSG (contribution sociale généralisée).

Retour sur la «génération Mitterrand» après la mort de l’ancien président dans Le Figaro du 9 janvier 1996. Le Figaro

Parasite de la générosité, le racolage. Les «reality-shows» triomphent. Drôle d’époque : tout le monde peut accéder, le temps d’un prime time, au statut de vedette de télévision. Pour peu que le candidat soit prêt à exposer dans le détail ses déboires professionnels ou sa misère sexuelle. Simultanément, le boom des caméscopes permet à chacun de s’improviser grand reporter. Rien n’échappe aux vidéos amateurs. Leurs documents aux cadrages et à la mise au point affreusement spontanés pimentent les journaux télévisés de Patrick Poivre d’Arvor ou de Bruno Masure.

Car le fait divers est un produit hautement «vendeur» depuis le meurtre d’un petit garçon, au fin fond des Vosges. L’affaire Gregory a ouvert la voie à tous les excès. La couverture de la révolution roumaine – souvenez-vous de Timisoara – la vague d’attentats de 1986, l’affaire de Carpentras, la guerre du Golfe, la prise d’otages dans une maternelle de Neuilly, ont donné lieu à maintes dérives. Depuis, gens de presse et de télévision s’interrogent sur les limites à ne pas franchir. La réflexion est toujours en cours.

Le tag et le rap

Dans un registre plus léger, la «génération Mitterrand» a eu son ministre de la Culture Jack Lang. L’architecture se popularise. Quel plus doux berceau que la pierre, le verre et l’acier pour une génération? Nouvel (Institut du Monde arabe), Pei (pyramide du Louvre), Portzampac (Cité de la musique à La Villette), sortent de l’ombre.

Le tag et le rap, qui ont fait irruption dans la vie quotidienne par le biais du malaise des banlieues – récupéré au passage par la «gauche caviar» branche idéologique influente de la «génération Mitterrand» qui s’offre un journal, Globe — sont inscrits sur la liste des beaux-arts. Grâce à cette reconnaissance officielle, chaque citoyen est en droit de se sentir mécène, s’il n’efface pas les graffitis qui ornent la porte de son garage, ou mélomane s’il ne zappe pas pendant les clips et ne se claquemure pas le jour de la Fête de la musique. Bien joué : le ministre est furieusement « branché », la subversion canalisée.

Les cités chaudes comme les cours de récréation sont les plaques tournantes de formules drolatiques.

Le langage s’enrichit d’un argot inédit, patchwork de franglais et de sabir des banlieues – lui-même melting-pot de dialectes arabes, africains ou asiatiques, et de verlan. Les cités chaudes comme les cours de récréation sont les plaques tournantes de formules drolatiques. Claire Bretécher sera l’un des Champollion de ces hiéroglyphes oraux qui, sans cesse régénérés, se démodent à un rythme infernal, dans sa bande dessinée Agrippine. Chaque semaine, elle «hallucine» les lecteurs du Nouvel Observateur.

Entraînée par cette émergence des cultures de surface, et en assurant simultanément leur promotion, la publicité se hisse au premier plan. À mille lieues des quartiers déshérités, dont elle pille et adapte les codes les plus ludiques, elle glorifie les valeurs et les fantasmes d’une génération m’as-tu-vu.

Son prophète a pour nom Jacques Séguéla. Il a mis en scène la «force tranquille» en 1981 et «génération Mitterrand la France unie» en 1988. Il a aussi écrit des livres, catapulté des Citroën depuis un porte-avions, dit «merde à ta drogue» et lancé avec une campagne pour les piles Wonder un comédien prometteur, Bernard Tapie. Le monde est petit.

Au faîte de sa gloire, en 1992, Séguéla annonce en avant-première à la radio la démission imminente du premier ministre, Michel Rocard. La pub n’a jamais été si ostensiblement proche du pouvoir.

La publicité s’autoproclame « communication », ce qui lui permet de dire son mot sur absolument tout.

Les maîtres à penser ès marketing sont omniprésents. Benetton et le photographe Oliviero Toscani croient pouvoir jouer avec le racisme, les religions, la mort : plusieurs de leurs campagnes écœurent le grand public. La publicité s’autoproclame «communication», ce qui lui permet de dire son mot sur absolument tout. L’une des manifestations les plus spectaculaires de cette démarche sera l’épidémie, éphémère mais virulente, des pin’s. Il y aura des pin’s parlants, une cote des pin’s, des pin’s sociopolitiques ( de «Solidarnosc» à «Touche pas à mon pote»). Comme il est d’usage de combattre le franglais, pin’s sera traduit par «épinglette». Trop tard. La fièvre est tombée.

L’apogée de cette époque et donc l’amorce de son déclin se situe au 14 juillet 1989. Les célébrations du Bicentenaire de la Révolution française sont orchestrées par le plus imaginatif des artistes publicitaires du moment, Jean-Paul Goude. Son feu d’artifice bigarré sonnera le glas de la période faste dans les agences de «communication».

Le manège des affaires

Années fric, années frime. Bernard Tapie est ministre et les rêveurs du 10 mai regardent maintenant tourner le manège des affaires. Carrefour du développement, Urba, Pechiney, Greenpeace, sang contaminé, VA-OM, Botton, Médecin, Boucheron. Un carrousel à donner le vertige. Pierre Bérégovoy, l’un des compagnons du 10 mai, se suicide, victime de ce climat délétère.

Et puis, bien sûr, il y a le sida. Le 10 mai 1981, on s’embrassait dans la rue. Sept ans plus tard, la « génération Mitterrand », la mort dans l’âme, a appris à se protéger si affinités.

La fin du second septennat est marquée par un rejet en bloc de toutes les «valeurs» précédemment portées au pinacle. La «génération Mitterrand» en a assez de la pub, déchue de son rang d’art contemporain, des médias traditionnels, des gadgets, du fantasme de l’argent facile, et amorce un repli sur la tradition, le terroir. Joël Robuchon, le plus grand cuisinier du monde, n’a-t-il pas réinventé la purée de pommes de terre? Le rallye Paris-Dakar ne fait plus recette et la « génération Mitterrand » s’en retourne à la nature.

À chacun sa roche ce Solutré. Corollaire : il devient difficile d’acheter une bicyclette traditionnelle. L’heure est au vélo tout-terrain qui fait bon ménage avec le permis à points.

« Street basket » et Wonderbra

Au fil des ans, même les canons corporels ont évolué. Le jogging et le squash pour les plus aisés, le «street basket» ou le football pour les jeunes des banlieues, permettent de garder la forme et d’évacuer l’agressivité. Un seul mot d’ordre : être sain. Sport et fidélité sont «top», tabac et pollution sont «ringues». La mode se réfugie dans le costume trois boutons pour les hommes – Édouard Balladur n’y est pas pour rien – et les tailleurs pour les femmes.

Paradoxe : celles-ci n’ont jamais été rêvées aussi pulpeuses, alors que les produits de régime tels que Slim-Fast font des ravages et que les plats allégés se réchauffent en un clin d’œil au four à micro-ondes. Peu importe les kilos perdus, le Wonderbra, qui est au soutien-gorge ce que l’illusionniste David Copperfield est à la loi de la gravitation universelle autorise n’importe quelle frêle créature à rivaliser avec Claudia Schiffer.

Les représentants de la «génération Mitterrand» ont aujourd’hui (à la mort de François Mitterrand NDLR) la trentaine bien sonnée. Croyant d’abord à un «changement» radical, symbolisé notamment par l’abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans ou la décentralisation, ils se sont laissé piéger par les sirènes du capitalisme. D’où un besoin impératif de légitimer des concepts bourgeois – on peut être riche et avoir un cœur pourvu qu’on se dise de gauche – et l’acceptation de toutes sortes de cohabitations, plaisir et morale, avant-gardisme et culture graffiti, show-business et croisades humanitaires, premier ministre RPR et président socialiste. Ne pouvant, avec la meilleure volonté du monde, tirer un bilan politique franchement rose de ces quatorze années, ils se réfugient dans le cocon de l’irrationnel.

Le rêve s’effondre? Qu’importe, bâtissons une légende. L’objectif est atteint par une ultime et éblouissante campagne de communication, sorte de jeu de la vérité dans lequel le président, au soir de sa vie, pose les questions et donne les réponses.

Rassérénés, les vétérans de la « génération Mitterrand » peuvent partir en quête d’un univers qui rappelle furieusement l’imagerie de la « force tranquille ».

1981-1995, du TGV au VTT. Comme dirait la publicité, une génération s’éteint, une autre s’éveille.

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