MEMORABILIA

Les policiers ont déploré 727 blessés en opération en TROIS MOIS !…

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L’année dernière, 8719 policiers et gendarmes ont été blessés en mission, onze agents ont péri pendant leur service.

Par Christophe Cornevin LE FIGARO. 10 mai 2021

Tag réalisé à l’entrée d’une école, à Lyon: «Balle dans le front pour Éric Masson. Prochaine cible -> BST du 8e.» JEFF PACHOUD/AFP

La haine antiflics qui s’est emparée d’une frange de la population n’a plus de limite. Sur les murs du VIIIe arrondissement de Lyon, un tag en administre une preuve glaçante.

À la peinture blanche, en référence au brigadier abattu mercredi dernier à bout portant à Avignon et à la brigade spécialisée de terrain, il est écrit: «Balle dans le front pour Éric Masson. Prochaine cible -> BST du 8e ».

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Samedi, à Sartrouville, un anonyme a inscrit les noms de deux policiers du commissariat local avec la mention «on sait où tu dors». Et, plus loin, «Darmanin, harki, Éric Masson, ça fait un de moins».

Un week end de chaos

Au-delà des menaces, la chronique d’une violence ordinaire s’alimente chaque jour d’un nouveau lot d’agressions visant l’uniforme. Pendant tout le week-end, en particulier samedi soir, les forces de l’ordre ont connu le chaos dans des cités pourtant classées pour certaines en «quartier de reconquête républicaine».

Dans la banlieue de Lyon, des agents en tenue sont tombés dans plusieurs traquenards après des déclenchements d’incendie volontaires avant d’être caillassés et cibles d’engins de mortiers. Aux Ulis, le commissariat de police a été pris d’assaut par plusieurs dizaines d’émeutiers armés de barres de fer. À Fréjus, les forces de l’ordre ont déploré trois blessés dans leurs rangs après la mise à sac d’une partie de la ville par une horde de casseurs.

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L’uniforme ne fait plus peur et les délinquants des cités sont de plus en plus jeunes. Dans le quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère, des «gamins» âgés d’à peine 10 ans figuraient au nombre de la dizaine de voyous qui ont visé les forces de l’ordre par des tirs de mortier après avoir incendié des poubelles. En première ligne, les gendarmes et les policiers, qui se présentent volontiers comme ultime rempart de la République face à une déferlante entremêlant déni d’autorité et le désir de «casser du bleu», éprouvent les pires difficultés à se faire respecter.

Une agression chaque heure

Comme l’a révélé Le Figaro, la police a dénombré 727 agents touchés en opérations pour le seul premier trimestre 2021. Selon l’Observatoire national de la délinquance, pas moins de 8719 policiers et gendarmes ont été blessés en mission l’année dernière. Soit près d’une agression contre les forces de l’ordre chaque heure en France. Dans le même temps, onze membres des forces de l’ordre ont péri alors qu’ils étaient au service de leurs concitoyens.

Ce lundi en fin d’après-midi, une femme «en état de démence», retranchée dans une pièce de son domicile à Pessac, près de Bordeaux, a blessé au couteau un policier à la jambe. Un de ses collègues a alors tué l’assaillante en effectuant «un tir de riposte en état de légitime défense».

À Rennes, c’est un chauffard ivre qui refuse un contrôle sur la route de Sainte-Foix et qui renverse un policier, lequel s’en est tiré par miracle avec une blessure légère. Un récent bilan que s’est procuré Le Figaro révèle que près de 24.000 refus d’obtempérer ont été répertoriés en un an par les policiers et les gendarmes. Soit, là encore, plus de 60 faits répertoriés par jour et qui ne sont que la traduction d’une exécration de l’uniforme comme symbole qui s’ancre dans le quotidien des banlieues les plus «sensibles».

Place Beauvau, où l’on refuse obstinément de parler de zones de non-droit, l’heure n’est pas au fatalisme. «Les policiers et les gendarmes interviennent partout et tout le temps», a répété vendredi Gérald Darmanin dans un entretien au Figaro. Réagissant à la fin tragique du brigadier Masson à Avignon, le ministre de l’Intérieur se dit persuadé que «ce meurtre d’un policier montre malheureusement que, touchés au cœur de leur trafic, les dealers sont déstabilisés et tentent de nous impressionner».

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Rappelant que «chaque semaine, la police et la gendarmerie mènent des opérations antidrogue dans les quartiers pour déstabiliser les trafics», l’hôte de Beauvau a révélé que plus de 1700 opérations de démantèlement de points de deal ont été conduites depuis le 1er janvier, face à des dealers de plus en plus armés. Dans une affaire de drogue sur trois, des pistolets, des revolvers et même des fusils sont désormais découverts.

Face à des voyous pour qui la mort d’un policier n’est plus un tabou, bien au contraire, la profession ne cache plus sa colère. Déjà choquée par l’attaque terroriste du commissariat de Rambouillet le 23 avril dernier, qui a coûté la vie à Stéphanie Montfermé, elle a à peine le temps de faire le deuil du brigadier Masson que, déjà, des nuages noirs risquent de s’amonceler d’ici l’été sur le front des violences urbaines.

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