MEMORABILIA

Éric Zemmour: «L’ENA et le corps préfectoral, victimes de la frénésie destructrice de Macron»

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CHRONIQUE – Pour continuer à cultiver sa fausse image moderne, le chef de l’État met fin à tous les héritages nationaux. Le but est de faire entrer la France dans la nouvelle norme mondialisée du management et de la gouvernance.

Par Eric Zemmour Publié le 14/05/2021 LE FIGARO

C’est la seconde lame qui coupe le poil avant qu’il ne repousse. Emmanuel Macron connaît la publicité pour les rasoirs.

Après la suppression de l’ENA, son premier ministre annonce celle du corps préfectoral.

Après l’héritage du général de Gaulle et de Michel Debré, c’est à celui de Napoléon qu’il s’attaque. Après avoir justement célébré le bicentenaire de sa mort. Joies du «en même temps».

Bien sûr, devant la polémique, le premier ministre précise aussitôt que ce n’est pas le préfet qui disparaît, mais son corps, c’est-à-dire l’organisation de sa carrière.

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Encore les joies du «en même temps». Et de l’hypocrisie. Le préfet sans son corps est un chevalier sans son armure. C’est au sein du corps qu’il apprend son métier, de poste en poste. C’est le corps qui lui donne une force alors qu’individuellement, il est soumis au bon vouloir du ministre de l’Intérieur.

En vérité, le préfet version napoléonienne n’existe plus depuis 1982 et la décentralisation, imposée par Gaston Defferre et la gauche. Il n’incarne plus seul l’autorité de l’État: les maires et les présidents du département et de la région sont devenus les patrons locaux. Les préfets sont réduits au rôle de conciliateur, de négociateur, contestés à la fois par les grands féodaux locaux, mais aussi par les associations, de défense des immigrés, des féministes, des LGBT ou du climat, qui peuplent les couloirs de la préfecture et le harcèlent, le menaçant des foudres médiatiques ou judiciaires.

L’abaissement du préfet est à l’image de celui de l’État, assailli par une société d’individus-rois qui le regardent comme un simple dispensateur de droits. La disparition du corps préfectoral lui enlève sa dernière force.

Macron est sûr de la popularité de cette décision, en tout cas auprès des faiseurs d’opinion.

Cette démagogie facile va redonner du lustre à son image initiale de modernisateur, qui défait l’archaïsme français pour adapter le pays des «Gaulois réfractaires» à la nouvelle norme mondialisée du management et de la gouvernance.

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