MEMORABILIA

Il faut en effet « Déconstruire notre propre histoire »…

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Et si Macron avait raison ? 14 mai 2021. FRONT POPULAIRE

OPINION. Pour flatter la mouvance indigéniste, Emmanuel Macron avait appelé à « déconstruire notre propre histoire ». Notre abonné a décidé de prendre le président au mot. Poussant la logique déconstructiviste à bout, il révèle les innombrables contradictions du logiciel décolonial.

« Déconstruire notre propre histoire » : et si Macron avait raison ?

Auteur

François JOYAUX. Universitaire 

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Le 18 avril dernier, Emmanuel Macron déclarait sur la chaîne américaine CBS qu’il fallait « déconstruire notre propre histoire ». Les médias se sont immédiatement insurgés contre cette idée qui leur a paru scandaleuse de la part d’un président de la République. Effectivement, on peut lui reprocher d’avoir choisi une télévision étrangère pour faire une telle déclaration, car il s’agit d’une question qui est proprement française et ne concerne en rien les États-Unis. Bien sûr, il s’est exprimé en anglais : « We have in a certain way to deconstruct our own history ». On peut également le lui reprocher, mais on peut aussi le comprendre puisqu’il exprime plus facilement ses idées en anglo-américain qu’en français. Ce ne sont là que péchés véniels. En revanche, sur le fond, on peut totalement adhérer à cette idée : il est grand temps de « déconstruire » notre histoire nationale.

Emmanuel Macron, en faisant cette déclaration, songeait avant tout aux importantes questions du racialisme, de la pensée décoloniale, de l’esclavage et de ses prolongements contemporains dans la société française. Arrêtons de nous torturer avec la souveraineté, la relocalisation industrielle, l’indépendance nationale, notre décadence et autres affaires sans grande importance.

L’urgence, c’est de « déconstruire notre histoire ». Comment ne pas voir qu’en ce domaine, il nous faut entièrement revoir la véritable mythologie qu’on nous assène depuis quelques années et mettre fin aux mensonges qui emplissent désormais les livres scolaires de nos enfants ?

Tout d’abord, admettons sans honte que les Arabes et les Africains subsahariens ont pratiqué l’esclavage bien avant nous ; cessons de vouloir avoir tout inventé, avant tout le monde. C’est le premier pas de la « déconstruction ». Depuis des siècles, les tribus africaines en réduisaient d’autres à l’esclavage et vendaient ces esclaves aux Arabes, qui contrôlaient l’essentiel de la traite négrière. Ce trafic continua évidemment au temps de l’Empire ottoman. Il toucha non seulement les Africains, mais aussi les chrétiens d’Europe. Dès le XIIe siècle étaient apparus des ordres ecclésiastiques dont la mission essentielle était le rachat des esclaves chrétiens aux Barbaresques. Sous l’Empire ottoman, il s’agissait principalement des esclaves chrétiens dans des régences de Tripoli, Tunis et Alger. Au XVIIe siècle, Saint Vincent de Paul fut lui-même esclave en Barbarie, à Tunis. On comptait alors 36 000 esclaves chrétiens dans les deux villes de Tunis et Alger, chiffre considérable pour l’époque. Libéré, il consacra le reste de sa vie à racheter ces esclaves chrétiens en terre d’islam.

Remarquons à ce sujet que l’excellente loi Taubira du 21 mai 2001 tendant à la « reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité » gagnerait sûrement, elle aussi, à être « déconstruite ». En effet, elle ne porte que sur l’esclavage perpétré « contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes ». Sa « déconstruction » permettrait d’y inclure les populations européennes et chrétiennes réduites en esclavage du XIe au XIXe siècle par les Barbaresques, éliminant ainsi la discrimination raciste de cette loi, laquelle est d’ailleurs contraire à l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. C’est dire combien cette « déconstruction », où qu’on se tourne, s’avère nécessaire.

Revenons à l’histoire de l’esclavage et de la traite. Non seulement nous n’avons pas été les premiers, mais nous n’avons pas été les plus forts : il faut aussi l’admettre honnêtement et « déconstruire » ce pan de notre histoire. Voyez Wikipédia, si politiquement correct : « Trois types de traite négrière auraient abouti à la déportation d’environ 42 millions de personnes : selon des estimations et projections mathématiques contestées, concernant des périodes de longueur très différentes. La traite orientale (17 millions sur 13 siècles), dont la traite dite arabe serait la composante principale, la traite atlantique (11 millions, dont 90 % sur 110 ans) et la traite intra-africaine (14 millions) ». La traite atlantique, celle pratiquée par les Blancs, n’aurait donc porté que sur le quart (11 millions sur 42), venant ainsi derrière la traite orientale et même la traite intra-africaine. Et à l’intérieur de cette traite atlantique, la traite française fut bien inférieure à celle pratiquée par les Anglais et peut-être même par les Portugais. Notre responsabilité est totale dans cet affreux épisode de notre histoire, mais il faut reconnaitre que les Arabes, les Africains, les Anglo-saxons, voire les Portugais ont été plus forts que nous. C’est dire combien une « déconstruction de l’histoire » est nécessaire si l’on veut sortir de cette histoire caricaturale d’un esclavage qui n’aurait été que le fait des Blancs, en particulier des Français, et qui n’aurait été que transatlantique. Il est sain, parfois, d’être remis à sa place.

En revanche, dans le monde musulman, surtout non colonisé, ce fut beaucoup plus long. Dans l’Empire ottoman, l’esclavage, sous la pression des Européens, y compris des Russes, ne sera aboli qu’en 1830 pour les Blancs (Circassiens et Grecs) — en 1854 pour les enfants circassiens, la traite et l’esclavage n’étant progressivement interdits pour les autres qu’entre 1857 et la guerre de 1914-1918. La Tunisie l’abolit en 1846, mais cela resta sans effet et ce fut la France qui l’abolit en 1890. En Algérie, ce fut également la France, en 1848. Au Maroc, ce fut encore la France qui ferma le marché aux esclaves de Marrakech en 1920 et y fera abolir l’esclavage en 1922.

Dans certains États, il faudra même attendre la seconde moitié du XXe siècle. Par exemple, l’Arabie saoudite n’abolira l’esclavage qu’en 1962, ce qui lui permettra, en septembre 2015, d’être nommée à la tête du groupe consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Et que dire de la Mauritanie, où l’esclavage avait été aboli par la France dès 1905, mais sans grand succès, et où ce ne sera que vingt ans après l’indépendance qu’il y sera à nouveau aboli, en 1981 ?

Et encore ces dates sont-elles parfois assez théoriques, comme l’a montré le reportage diffusé par CNN en novembre 2017, prouvant que l’esclavage existait toujours en Libye, les migrants y étant vendus aux enchères : il fit grand bruit et amena Emmanuel Macron à rappeler que l’esclavage était un crime contre l’humanité. Là encore, on ne peut que constater combien la « déconstruction » proposée par notre président s’impose si l’on souhaite aboutir à une histoire plus conforme aux faits. Admettons-le une bonne fois pour toutes : les musulmans ont pratiqué l’esclavage et la traite bien avant nous, sur une plus grande échelle et y ont mis fin bien après nous. Pourquoi hésiterait-on à réparer une erreur historique ? C’est l’essence même de la « déconstruction ».

Par ailleurs, si l’on souhaite vraiment aborder les prolongements contemporains de l’esclavage et « déconstruire », il nous faut aller plus loin dans le respect des droits de l’homme, fondement de notre République. Or, un de ces droits, c’est celui de vivre sur sa terre natale, celui de ne pas être déraciné et déporté, tels ces malheureux chrétiens qu’on traînait dans l’Empire ottoman ou ces pauvres hères qu’on transportait d’Afrique en Amérique.

Comment ne pas voir que les mafias qui organisent la traversée de la Méditerranée et les organisations « humanitaires » qui organisent l’accueil en France et en Europe ne sont que les successeurs modernes des négriers d’autrefois, que les rafiots où l’on entasse ces malheureux ne sont que la copie des navires négriers de jadis dans les cales desquels on entassait les esclaves ? N’a-t-on pas, aujourd’hui, autant de morts par noyade qu’on en avait jadis par asphyxie et maltraitance ? C’est parfaitement inhumain. Comme nous avons aboli l’esclavage en 1794-1848, il nous faut, courageusement, abolir l’immigration. Proclamons le droit des Africains de vivre dignement en Afrique. La paix du monde y gagnera. Voilà encore un domaine où il est urgent de « déconstruire » notre histoire, contemporaine cette fois, et d’adopter une attitude franchement « décoloniale ».

« Déconstruire », c’est aussi dénoncer les erreurs de la droite, admettre, par exemple, que Valéry Giscard d’Estaing commit une faute en instituant le regroupement familial des immigrés. Cela a encouragé le communautarisme contre lequel le président est aujourd’hui obligé de lutter sans relâche. Pourquoi contraindre les jeunes immigrés à aller chercher des épouses outre-Méditerranée, « au bled », comme ils disent ? Comme tout être humain, ils ont le droit de vivre sur leur sol natal et d’y fonder une famille. En ce qui concerne plus précisément les musulmans, ils doivent pouvoir demeurer en terre d’islam, le Dar al-Islam, sans être obligés de s’exiler en terre infidèle, le Dar al-Harb, et d’y construire de nouvelles mosquées pour y vivre pieusement leur foi. Il est scandaleux de les déporter vers des terres soumises à une laïcité qui est contraire à leur sainte religion, laquelle n’aspire qu’à la théocratie universelle. Pour toutes ces raisons, « déconstruisons », comme le conseille le président Macron et renonçons solennellement à cette immigration dégradante et aliénante.

Adopter une attitude « décoloniale », c’est reconnaître que ce que nous appelons « immigration » est en réalité la forme nouvelle de l’esclavage et de la traite abolis au XIXe siècle. Il faut en finir avec les « bonnes philippines », les « éboueurs africains », les « nounous sénégalaises »… De même, incorporer des musulmans dans l’Armée, c’est renouer avec l’affreuse tradition des « goumiers », des « spahis », des « tirailleurs sénégalais » et autres « harkis ». Incorporer des Africains dans la Police, c’est contraindre des Africains à réprimer des Africains, c’est diviser pour régner. Naturaliser les immigrés, c’est les couper définitivement de leur pays et de leur civilisation. Tout cela est honteux et indigne de notre nation qui, la première, a proclamé les droits de l’homme.

La seule issue proprement « décoloniale », c’est d’arrêter l’immigration et d’en revenir à des solutions nationales pour résoudre nos problèmes nationaux. Il faut l’admettre, le président Macron n’a pas eu si tort en déclarant qu’il fallait « déconstruire » notre histoire ; c’est la condition préalable pour en construire une nouvelle, moins fausse que celle qu’on a imaginée de toutes pièces ces dernières années pour justifier une immigration impardonnable, organisée en vue de notre seul petit confort de pays riche.

Terminons sur une note optimiste. Il est heureux de constater que cette « déconstruction » de notre histoire est en cours. Son urgence est maintenant admise de presque tous, le peuple évidemment, mais aussi son élite.

Ainsi, l’ancien ministre Jack Lang, bel exemple de cette élite progressiste, ne déclarait-il pas récemment : « Sans les musulmans, la France ne serait pas ce qu’elle est » ?

C’est l’évidence. On ne peut que totalement souscrire à cette réflexion. Il fallait du courage au président de l’Institut du monde arabe pour le reconnaître.

Mais c’est un fait que sans l’immigration, la France ne serait pas dans cet état.

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