MEMORABILIA

Cancel culture, mensonge et délation : les terrifiantes méthodes de Caroline De Haas

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Avec sa société de conseil Egae, Caroline De Haas intervient dans des centaines d’écoles et grandes entreprises pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Les passages de la militante féministe entrainent un climat de terreur au sein des équipes. Récit d’une méthode diabolique qui détruit des vies. 

Par  Aude Beauvais,  Sébastien Lignier. Publié le 19 mai 2021 VALEURS ACTUELLES

Caroline De Haas et le Parti communiste français (PCF) lors d’un meeting pour soutenir sa candidature dans le XVIIIème arrondissement de Paris pour les élections législatives de 2017. Photo ©IRINA KALASHNIKOVA/SIPAPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Là où Caroline de Haas passe, la présomption d’innocence trépasse. Emmanuel Tellier en a malheureusement fait les frais en 2019. Grand reporter chez Téléramapendant 18 ans, il a été congédié pour « faute ». Le motif retenu contre lui ? « Agissement sexiste ». Des accusations que le journaliste a toujours farouchement niées. Début mai, après deux ans de batailles judiciaires avec son ancien employeur, Emmanuel Tellier a finalement obtenu gain de cause. Le conseil des prud’hommes a estimé que son licenciement ne reposait sur aucune cause réelle. Une première victoire pour un homme qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain. La cause ? Caroline De Haas et son féminisme puritain extrémiste.

Retour en 2019. Après la grande famille du cinéma français, c’est au tour du petit monde médiatique de tomber dans la fausse rédemption et le fléau de l’accusation publique. Dans la lignée de la polémique de la ligue du LOL – ce groupe de journalistes accusés de harcèlement en ligne – le mouvement #Metoofait trembler les rédactions. Chez Télérama, on veut anticiper toutes controverses. La direction de l’hebdomadaire culturel se décide donc à faire appel au cabinet Egae, fondée et co-dirigée par la très controversée Caroline De Haas. Un choix logique au vu de la relation entre les deux parties : le groupe Le Monde – qui possède notamment Télérama – faisait partie des très généreux mécènes l’origine du financement du nouveau site d’Expertes, l’une des nombreuses associations féministes crées par Caroline De Haas.

Sur le site Internet d’Egae, la société affirme s’appuyer sur une « expertise reconnue » pour renverser « l’illusion de l’égalité ». Avant son arrivée au sein des bureaux, Egae invite les salariés du magazine à remplir un questionnaire anonyme pour révéler des potentielles violences et agressions à caractère sexiste. Formulaire dont la formulation des questions ne laisse que peu de doutes sur la volonté du cabinet de conseil : rappeler aux salariées à quel point le monde du travail est cruelle avec elle. Une fois le formatage initiale effectué, la fine équipe féministe se rend directement sur place pour une présentation qui explique, entre autres, qu’une blague potache à la machine à café peut très bien être perçue comme un “agissement sexiste”. À la fin de la conférence, Caroline De Haas – très présente dans ce processus victimaire – communique une adresse mail aux employées pour qu’elles puissent dénoncer les agissements de leurs collègues masculins. Anonymement. La machine destructrice est lancée.

Une “carabine de chasse” toujours prête à tirer

Dans les couloirs de Télérama, le passage d’Egae a profondément marqué la rédaction. L’ambiance a radicalement changé. Chaque mot est pesé, par peur de se retrouver au cœur d’une fâcheuse rumeur. Ce qui n’empêche pas certains journalistes et salariés de l’hebdomadaire de se moquer de “carabine de chasse”, le surnom donné à Caroline de Haas à la pause déjeuner. L’incitation à la délation instiguée par le génie derrière le “petit guide anti-sexiste de Noël” n’a pas rencontrée le succès attendu. Évidemment, Caroline De Haas ne peut s’arrêter à un échec : pour elle, il doit y avoir un coupable. Une enquête de Marianne en octobre 2020 met lumière la suite des événements : des dizaines de femmes journalistes subissent des intimidations et menaces. L’ex-porte-parole du mouvement Osez le féminisme ! appelle personnellement les concernées pour les inciter fortement à appuyer des on-dit à propos de leurs homologues. Certaines cèdent sous la pression. D’autres en profitent pour régler des comptes personnels. Cinq mois après le début du calvaire, le verdict tombe : après des entretiens sur recommandations de Caroline de Haas en personne, la nouvelle direction de Télérama annonce le licenciement d’Emmanuel Tellier ainsi que l’un de ses collègues, Aurélien Ferenczi. Selon nos informations, Egae aurait été payé entre 100 000 et 300 000 euros pour ce travail de destruction.

Quelques jours après la décision du conseil des prud’hommes, Emmanuel Tellier confie à Valeurs actuelles vouloir tourner l’une des pages les plus difficiles de sa vie. Il espère néanmoins que son témoignage et son combat aideront d’autres victimes tombées sous les coups de la pensée paradoxale de De Haas. La figure de proue de la lutte contre le harcèlement et le viol faits aux femmes était resté bien silencieuse sur ces questions lors de son passage à la tête de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) entre 2006 et 2009 alors gangréné par de nombreuses agressions sexuelles et sexisme.

Cette formation vous est offerte par le ministère de la Culture

À l’automne 2019, le ministère de la Culture – alors dirigé par Franck Riester – annonce faire appel à trois cabinets, dont Egae, pour lutter contre « les violences et harcèlements sexuels et sexistes » dans les écoles supérieures de la culture. Sur les 99 écoles visées par ce programme, plus d’une dizaine vont voir débarquer le sourire communicatif et jovial de Caroline De Haas dans leurs couloirs. Surprise : les dérives de la méthode délationiste constatées chez Télérama sont loin d’être des cas isolés. Pire encore, les témoignages recueillis par Valeurs actuelles témoignent d’une ressemblance frappante entre tous les dossiers.

Les élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSDMP) se souviennent bien du passage de la tornade De Haas dans leur établissement. En janvier 2020, l’école d’élite change de direction : la nouvelle responsable, Emilie Delorme, s’engage alors dans la lutte contre les violences et les inégalités en en faisant une mesure phare du projet d’établissement pour les cinq ans qui arrivent. Le conservatoire affirme vouloir « développer une culture de l’égalité et de la bienveillance, questionner les pratiques pédagogiques afin d’identifier les situations susceptibles d’exposer les étudiant.es [sic] à des faits de violence ». Désormais, entre deux cours de musique ou de danse, les étudiants assistent aux nombreuses conférences sur le sexisme et le harcèlement organisées au sein même de l’établissement…par Egae !

En octobre dernier, Caroline De Haas commence à rôder dans les couloirs du Conservatoire. Après plusieurs mois de traque, elle semblerait avoir saisi sa proie. Après avoir reçu des signalements de la part d’élèves – inscrits à l’école ou passés par celle-ci – à l’encontre d’un professeur de musique, Emilie Delorme rappelle Egae. La machine à “cancel culture” qui avait écrasé la rédaction de Télérama repart en guerre. Des sources proches du Conservatoire confient àValeurs actuelles que certains élèves ont subies de fortes pressions de la part d’Egae pour achever un professeur qui, dans l’attente de son passage en conseil de discipline, ne peut plus ni enseigner ni communiquer avec ses élèves. Le ministère de la Culture est-il au courant de ces accusations ? Contactée par la rédaction, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot n’a pas répondu à nos questions.

L’égalité homme/femme version Caroline de Haas

Difficile d’estimer les dégâts qu’auront causés les nombreux passages de la militante féministe dans le monde professionnel. Vie brisée, tentative de suicide, fuite en catastrophe à l’étranger… des dizaines d’autres victimes commencent timidement à sortir du silence. La médiatisation du cas Emmanuel Tellier et Télérama n’y est pas étranger. À l’Office national des forêts (ONF) par exemple, un salarié affirme que la direction a « fait venir De Haas pour l’aider à dézinguer des personnes déjà ciblées ».

Caroline de Haas est devenue en quelques années le bras armé du féminisme le plus zélé. Dans une tribune publiée dans Le Monde en octobre dernier pour soutenir le roman de Alice Coffin Le génie lesbien, la présidente d’Egae prévenait ses détracteurs : « Cela ne fait que commencer. Demain, il y en aura des centaines de milliers en face de vous pour dénoncer les violences que subissent les femmes et les enfants. » Celle qui ne cesse de prôner l’égalité absolue entre l’homme et la femme n’a pas souhaité répondre à nos questions sur les polémiques autour des méthodes de sa société qui, comble de cette histoire, n’emploie aucun homme. L’égalité version Caroline De Haas.

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