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MANIFESTATIONS PRO-PALESTINE : « CES MANIFESTATIONS ONT POUR RESSORT ESSENTIEL UN ANTISÉMITISME RABIQUE »

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Ce dimanche 23 mai, des manifestations pro-Palestine ont secoué quelques grandes villes françaises, charriant avec elles leur lot de violences et de chants antisémites. L’Incorrect décrypte la séquence avec l’un des auteurs de l’« Histoire de l’islamisation française. Quarante ans de soumission » (édition de poche chez L’Artilleur). Entretien.

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© Capture d’écran YouTube

Qui sont les gens qui sont descendus dans les rues pour manifester leur soutien à la Palestine, ce week-end, et quel était leur message politique ?

Ces manifestations ont à la fois confirmé une routine et constitué une nouveauté. La routine, c’est la mobilisation reptilienne d’une partie de la gauche dès qu’il est possible d’exprimer publiquement sa haine d’Israël, alors que les mêmes ne bougent pas en cas d’autres d’événements dramatiques – ou de massacres avérés – qui se produisent dans le monde mais qui ont le défaut de ne pas pouvoir évoquer Israël et les juifs. La nouveauté, c’est le faible nombre de manifestants rassemblés cette fois-ci pour cet exercice. Peut-être certains ont-ils compris que pour nombre des participants, ces manifestations ont pour ressort essentiel un antisémitisme rabique. Le souvenir de la manifestation de 2014 a peut-être joué : même si des médias de gauche s’étaient alors honteusement auto-censurés, l’on se souvient quand même des appels lancés à la destruction des « boutiques juives » à Sarcelles et aux slogans « morts aux juifs ! » à Barbès.

Beaucoup ont défilé avec des drapeaux de pays musulmans aux cris d’Allah Akbar. Faut-il y avoir une volonté communautaire de « visibilisation », voire d’occupation de l’espace public ?

Il ne s’agit là que du débordement sur un espace public pour la circonstance médiatisé – tout comme lors des prières de rue – de forces qui occupent déjà depuis longtemps des portions importantes du territoire français passées sous l’autorité de la charia et devenues « judenfrei ». Les habitants juifs ont pour la plupart fui ces lieux pour Israël ou des endroits de France moins risqués. Ces drapeaux étrangers et le slogan « Allah Akbar » – régulièrement traduit par « Allah est grand » alors qu’il signifie « Allah est le plus grand » – sont des signes de volonté de conquête.

Les nombreux chants antisémites entendus sont-ils le signe d’un nouvel antisémitisme qui se banalise dans les banlieues du fait de l’islamisation ?

Je me permets de corriger votre formulation. D’une part, il ne s’agit pas d’un « nouvel antisémitisme », mais d’un antisémitisme très ancien ; l’antisémitisme musulman de toujours. La haine du juif – mais aussi du chrétien – est au cœur du Coran même si beaucoup persistent à ne pas voir ce qui crève les yeux si l’on veut bien les ouvrir. 

« Nous aurons la paix lorsqu’ils aimeront plus leurs enfants qu’ils ne nous détestent » espérait Golda Meir

Dans les pays musulmans, la colonisation avait permis de maîtriser pendant un siècle cet antisémitisme. La décolonisation lui a permis de s’exprimer à nouveau, d’où le départ des juifs de la plupart des pays du Maghreb et du Proche-Orient. Aujourd’hui, c’est en France qu’il s’exprime du fait de son importation croissante dans les valises de l’immigration. D’autre part, il ne se « banalise » pas ; il se révèle de plus en plus parce que c’est une empreinte culturelle musulmane fondamentale, plus ou moins abandonnée ou réfrénée par certains musulmans, mais toujours latente ou active chez un grand nombre d’entre eux.

La gauche a été très bienveillante avec les manifestants. Que cela vous inspire-t-il ?

Il faut distinguer plusieurs attitudes de gauche en la matière. Il y a les naïfs (vrais ou faux) qui implorent de « ne pas importer le conflit en France » mais ne veulent pas voir que ce conflit est déjà solidement installé. Et il y a les complices, qui après avoir perdu le prolétariat français ont fait le choix de rallier électoralement les populations immigrées. Tous partagent le même aveuglement sur la nouveauté de ces populations qui restent culturellement sous une emprise religieuse, ce que, par inculture, ils ne mesurent pas plus que nos dirigeants. Ils ont pourtant pu constater depuis des décennies que toutes les propositions de la gauche israélienne pour remettre aux responsables palestiniens la maîtrise des territoires, y compris une partie de Jérusalem-Est, ont tourné court. Mais ils refusent de voir que l’objectif du Hamas – qui le dit et l’écrit – n’est pas la création d’un nouvel État arabe, mais la destruction d’Israël qui occupe pour eux de manière blasphématoire une terre qu’il considère comme musulmane et, suprême  humiliation, qui la défend bien avec une armée constituée en partie de femmes !

Lire aussi : Israël : « Il est impossible d’affirmer que l’escalade ne va pas se poursuivre »

Les capacités de la gauche radicale à nier la réalité sont malheureusement bien connues, elles se sont déjà longuement et brillamment illustrées, du stalinisme au maoïsme. Cela continue depuis qu’en 1979, elle a reporté ses espoirs de Grand soir sur l’imam Khomeiny et ses moudjahidines. Cette propension à se faire volontairement berner – que partage une partie des médias de gauche – s’illustre aujourd’hui de manière pathétique face au cynisme du Hamas qui tire des missiles sur les populations civiles israéliennes et se sert d’enfants palestiniens comme boucliers face à la défense de Tsahal pour en faire des martyrs. Ce n’est pas nouveau – « Nous aurons la paix lorsqu’ils aimeront plus leurs enfants qu’ils ne nous détestent » espérait Golda Meir – mais l’aveuglement complice sur cet horrible procédé perdure.

Aux défenseurs de l’assimilation, cela ne dit-il pas qu’il est trop tard ? Qu’est-il encore possible de faire pour enrayer le processus ?

Vous avez probablement raison, il est tard, très tard. Quarante ans de démission, par naïveté, cynisme politique ou lâcheté ont installé une contre-société de plus en plus sûre d’elle, patiente mais confiante dans sa force face à une société française que ses dirigeants ne protègent plus. La détestation de la France et de l’Occident qui anime la diabolisation de l’assimilation alimente aussi secrètement la détestation d’Israël, coupable de défendre avec courage un État démocratique et occidental au cœur du ressentiment islamique.

Il y a derrière tout cela l’angoisse refoulée de comprendre qu’Israël se défend contre ce qui nous menace aussi désormais.

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