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Ivan Rioufol: «Les propagandistes, démasqués par les faits»

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CHRONIQUE – Ceux qui assurent détenir la vérité en imposant le silence sont à la merci des faits dissonants. Or les réalités contrarient les certitudes officielles, en sciences comme en politique.

Par Ivan Rioufol. LE FIGARO. 20 mai 2021

Les «complotistes» auraient-ils vu juste? L’hypothèse de la fuite du Covid-19 d’un laboratoire chinois de Wuhan n’est plus un délire conspirationniste.

En avril 2020, le Prix Nobel de médecine Luc Montagnier avait été traité de vieillard sénile par le monde scientifique et l’unanimisme médiatique. La faute du codécouvreur du sida? Avoir évoqué «une manipulation humaine» dans ce virus, attribué jusqu’alors à des causes naturelles. Un consensus avait avalisé le scénario d’une transmission via le pangolin.

La Chine et l’OMS se contentaient de cette version commode. Seul Donald Trump la contestait en parlant de «virus chinois» ; raison de plus pour ne pas y croire. Or la revue Science vient de confirmer, après d’autres, la piste de l’accident de laboratoire. Elle est jugée aussi «viable» que celle de la contagion par l’animal. Il y a donc eu omerta, pensée unique, diabolisation: les habituels procédés des propagandistes.À découvrir

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Le sanitairement correct est l’enfant du politiquement correct. Tous deux reposent sur des dogmes fragiles, édictés par des décideurs perméables à des groupes de pression. Ces impératifs procèdent par intimidation. L’hygiénisme d’État a ainsi multiplié normes et interdits. Le débat n’a pas eu lieu sur l’utilité des confinements, ni sur l’efficacité à long terme des nouveaux vaccins. Faut-il aussi insulter le professeur Montagnier quand il dit: «Les variants viennent des vaccinations»? La Grande-Bretagne vaccinée s’inquiète de nouveaux foyers. À propos de la possible naissance du Covid en laboratoire, le virologue Jean-Michel Claverie parle (Les Échos, lundi) de la «bien-pensance du monde scientifique», qui a refusé d’examiner l’hypothèse de l’accident. Il remarque que parmi les défenseurs de l’Institut de virologie de Wuhan (laboratoire P4) se trouvent des personnalités ayant des conflits d’intérêts. Derrière la pensée obligée, la corruption rôde.

Ceux qui assurent détenir la vérité en imposant le silence sont à la merci des faits dissonants. Or les réalités contrarient les certitudes officielles, en sciences comme en politique. L’intérêt du régime chinois est de convaincre de son irresponsabilité dans cette pandémie qui a bouleversé la planète et fragilisé les économies. Toutefois, si le mensonge communiste devait être démontré, les complices occidentaux auraient aussi à rendre compte de la manipulation de l’opinion. Plus généralement, les vendeurs de nuages doivent s’attendre à répondre de leur prosélytisme, dès lors que leurs croyances créent des catastrophes. Les mouvements «antiracistes» sont de ces pyromanes: ils déplorent l’antisémitisme qui a suinté le week-end dernier des manifestations propalestiniennes, mais ils ont permis la venue de cet islam qui s’identifie à la haine d’Israël et de la France.

Le «vivre ensemble» et le «droit à la vie paisible» (Emmanuel Macron) s’apparentent à de lourdingues propagandes d’État. Elles se heurtent aux tensions qui les ridiculisent. Dresser l’inventaire des violences et des crimes est un exercice répétitif. Or il se trouve encore des dirigeants qui, comme le ministre de l’Intérieur, refusent de faire le lien entre l’immigration et l’insécurité. François Bayrou, haut commissaire au Plan, a publié une note, dimanche, appelant à «assurer notre avenir démographique». Il propose une louable politique de relance nataliste, mais aussi l’accueil «de personnes d’autres pays». Comment ne pas voir que la cohésion nationale, sur laquelle repose le système de redistribution, est mise à mal par la désintégration du pacte social, bousculé par une immigration majoritairement inassimilable? C’est le périmètre des solidarités qui doit être rétréci. Unir, c’est exclure.

Procès de la société

La mise à nu de la fausse certitude sur l’origine du Covid annonce d’autres révélations. Elles pourraient déstabiliser bien des menteries. Déjà, des scientifiques reconnaissent, mezza voce, que la politique de la peur a été excessive. D’autres persistent à soutenir que les confinements furent inutiles, que les masques à l’extérieur ne servent à rien, que la pandémie ne fut pas si mortelle.

Les vertus de la vitamine D commencent aussi à être admises par des milieux scientifiques. Ces prochaines semaines feront le tri. Il faut s’attendre à ce que l’accusation en complotisme s’impose comme défense des laboratoires pharmaceutiques: ils ne jurent que par les vaccins qu’ils commercialisent dans l’urgence, et fustigent les médecins quand ils disent, à l’instar du professeur Didier Raoult, être en mesure de soigner à peu de frais. Le pouvoir peut craindre d’avoir à s’expliquer sur ses choix sanitaires indiscutables. Depuis ce mercredi, il a relâché la pression en permettant, avec les terrasses notamment, de prudentes réouvertures. La colère suivra-t-elle ces délivrances?

Le succès (35.000 personnes) rencontré, mercredi à Paris, par la «manifestation citoyenne» organisée par les syndicats de policiers en soutien aux forces de l’ordre a donné un aperçu des capacités de mobilisation d’une population excédée.

Plus que le procès de la seule Justice, c’est celui de la société qui a été évoqué. Le sentiment d’abandon de la police par l’État est plus généralement celui des Français. Un nouveau monde doit être repensé. Les récents meurtres de policiers par des voyous ont fait comprendre à l’opinion la vulnérabilité de la République.

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Mais la source de sa faiblesse est à rechercher dans une politique d’ouverture irréfléchie. N’en déplaise aux censeurs, l’importation de la civilisation islamique produit la quasi-totalité des attaques contre les policiers ou les enseignants. Il suffit de constater la réticence de nombreux médias à nommer les assassins pour comprendre d’où ils viennent.

Le nom et le portrait de celui qui a tiré sur le policier Éric Masson, le 5 mai à Avignon, restent inconnus. En revanche, nul n’ignore l’identité ni le visage de Valentin Marcone, qui a tué son patron et un collègue dans les Cévennes, le 11 mai.

LR déchirés

Dans cette période incertaine, Les Républicains ne savent plus où ils habitent. «On ne peut plus vivre ensemble», a admis Nadine Morano, lundi. Le parti LR, déchiré entre LREM et le RN, est en voie d’explosion. Une droite populaire et unie est envisageable. Les lignes bougent, lentement.

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