MEMORABILIA

L’éditorial du Figaro: «Les rodéos sauvages, la fureur de nuire»

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Par Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction.Par Yves Thréard. 23 mai 2021.

Ils n’étaient pas nés quand James Dean crevait l’écran dans La Fureur de vivre.Eux, leur ivresse, ils ne la trouvent pas au volant d’une voiture, mais au guidon d’une moto.

Et leur film, ce n’est pas de jouer avec la mort, mais d’imposer leur loi à la société, de défier les forces de l’ordre, de faire vivre un enfer aux autres. Avec le trafic de drogue, les rodéos sauvages sont le nouveau fléau qui saccage la vie des villes et des campagnes, en Seine-Saint-Denis comme en Lozère. Leur nombre explose, provoquant l’exaspération des habitants. Face à ces délinquants du bitume qui pétaradent, souvent très jeunes, sans casque et sur des engins volés, gendarmes et policiers sont toutefois démunis.

Certes, une loi a été adoptée en 2018 – elle prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison -, mais son application relève d’un exercice périlleux. Fin avril, deux policiers ont été blessés alors qu’ils tentaient de mettre fin à un infernal manège motorisé à Bourgoin-Jallieu.À découvrir

Prendre en chasse les voyous, c’est prendre le risque de graves accidents, d’entraîner des émeutes et des attaques de commissariat.

Avec, en bout de course, une inversion des responsabilités et des accusations.

Dans le brouhaha médiatique entretenu par quelques beaux esprits, les fauteurs de troubles deviennent vite les victimes et les gardiens de l’ordre, d’affreux tortionnaires.

La loi n’est donc pas exécutée comme il le faudrait. En 2020, l’État a d’ailleurs été condamné par une résidente des quartiers nord de Marseille pour son inaction. La sentence est tombée, pourtant les nuisances continuent.

La lutte contre les rodéos sauvages est au cœur du débat sur les moyens accordés aux forces de l’ordre dans leurs missions. L’usage de drones leur serait précieux pour détecter les attroupements, mais il vient de leur être interdit par le Conseil constitutionnel.

La répression passe aussi par une justice plus ferme. Des sanctions ne sont prononcées que dans les cas les plus graves et, quand elles le sont, elles se soldent le plus souvent par des amendes.

Comprenne qui pourra. Les petites frappes, elles, ont compris que la voie était libre pour semer l’anarchie.

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