MEMORABILIA

Faits et Gestes, Ivan Rioufol.

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Je mets en lumière les faits tels qu’ils sont…
Ivan Rioufol par Ivan Rioufol, le dimanche 30 mai 2021.
 Chers lecteurs, Voici quelques-unes de mes notes (non utilisées) de la semaine écoulée :



Lundi 24 mai : Le rappeur niçois Kaotik 747 (de son vrai nom, Karim Bouchagour) interrogé, sur Europe 1, sur sa présence parmi les orateurs, lors de la récente manifestation des forces de l’ordre devant l’Assemblée nationale. Il explique soutenir les policiers, oui, car «il a l’amour de la France». Mais il dit aussi, devant les critiques qu’il suscite dans son milieu musical et culturel : «J’ai du mal à comprendre le pays dans lequel je vis. Je suis perdu». Sa voix tremble un peu. Il est «mal vu». Il poursuit : «Nombreux sont les gamins qui n’ont plus de rêve à cause de cette société. Il ne fait pas bon dire merci à la police ou dire : vive la France (…) On a besoin de se réunir sous un même drapeau».
Mais qui soutient Kaotik, cet enfant de la DASS d’origine algérienne ? C’est vers Youssoupha que la Fédération française de football s’est tournée pour choisir le clip des Bleus, au prétexte que l’artiste se prétend «antiraciste».
Ce sont les rappeurs les plus incendiaires – mais «antiracistes» revendiqués – qui ont droit aux médias et aux lauriers. Monsieur R, par exemple, a assis sa renommée en chantant : «La France est une garce, n’oublie pas de la baiser jusqu’à l’épuiser, comme une salope il faut la traiter, mec».

Rien n’est plus simple aujourd’hui que de cracher sur la nation, forcément coupable de tout. Comment s’étonner dès lors de voir une jeunesse issue de l’immigration tourner le dos à un anti-modèle ? Comme le dit Kaotik : «On a un pays à reconstruire». En préalable, il est urgent de valoriser ces compatriotes qui se disent fiers d’être Français, au risque de déplaire. 

Mardi 25 mai : La date est arrêtée. Dès le 9 juin, entreront en vigueur le passe sanitaire, pour les rassemblements de plus de 1000 personnes, et le QR code de l’application TousAntiCovid, qui sera demandé dans des bars, des restaurants ou des salles de sport.

Mesures anodines ? Sûrement pas. Je relis le récent livre de Klaus Schwab (le fondateur du forum mondial de Davos) et Thierry Malleret, que Philippe de Villiers m’a fait découvrir, sur «la grande réinitialisation». Page 172 : «La vitesse et l’ampleur de la quatrième révolution industrielle ont été et continuent d’être remarquables. Le présent chapitre fait valoir que la pandémie (NDLR : de Covid) accélérera encore plus l’innovation, en catalysant les changements technologiques déjà en cours (…) Avec la pandémie, la ‘transformation numérique’ (…) a trouvé son catalyseur. L’un des effets majeurs du confinement sera l’expansion et la progression du monde numérique de manière décisive et souvent permanente ».

Ce qui se profile, si l’on met le doigt dans cet engrenage du biopouvoir numérique, est un monde de traçage individuel et de surveillance collective. Les risques d’un possible totalitarisme numérique mériteraient une réflexion approfondie.

La Chine communiste a déjà basculé dans cet univers orwellien où Big Brother sait tout de chacun.

En apparence, ce passe sanitaire et ce QR code sont des broutilles. En réalité, le fanatisme sanitaire est tel qu’il peut conduire au pire.

Déjà, l’Académie de médecine suggère de rendre obligatoire le vaccin anti-Covid, en violation des libertés individuelles. Pour ma part, je compte prendre mon temps et observer. Je réponds comme Bartleby, le personnage d’une nouvelle d’Herman Melville : «I would prefer not to». Allez-y sans moi. 

Mercredi 26 mai : L’Union européenne affaiblie cherche encore la riposte, après l’affront du satrape de Biélorussie, protégé par Moscou. Alexandre Loukachenko, qui maintient par la force son enclave dictatoriale au cœur de l’Europe, s’est permis d’intercepter un vol Ryanair entre Athènes (Grèce) et Vilnius (Lituanie) pour contraindre l’appareil à atterrir à Minsk, afin d’arrêter un des passagers : le jeune opposant Roman Protassevitch. Pour l’Union européenne, l’humiliation est sans pareil.

C’est presque un acte de guerre qui a été commis par le tyran, avec ce piratage invraisemblable. Cet épisode rappelle la faiblesse de cette Union mollassonne, incapable de penser le conflit et de venir en aide à ses ressortissants. Protassevitch doit être libéré d’urgence ! Mais les technocrates de Bruxelles n’impressionnent pas les brutes.

Jeudi 27 mai : Long entretien d’Emmanuel Macron à la revue Zadig. Une fois de plus, tout est mêlé dans un «en même temps» indéchiffrable. Le président, qui s’est évadé d’Amiens à 16 ans pour gagner Paris et ses lumières, assure pourtant qu’il est resté un provincial attaché aux traditions locales. «J’aime ces terres», explique-t-il.

Il est vrai que les thèmes de l’enracinement et du localisme s’annoncent comme centraux dans les débats à venir sur la présidentielle. Reste que le progressisme macronien va à rebours de ces repliements. Le mondialisme qu’il défend ne peut à la fois se réclamer du souverainisme. Macron salue cette fois les Gilets jaunes, dans lesquels il dit avoir vu «un peuple très résistant».

Cette réécriture n’est pas conforme aux réalités. C’est «une foule haineuse» et entachée de tous les défauts que critiquait à l’époque le chef de l’État. En réalité, Macron n’est pas à l’aise avec la France des provinces.
D’ailleurs il le dit aussi : Marseille et la Seine-Saint-Denis lui paraissent davantage exemplaires de ce que devrait être la nation, ouverte à l’immigration musulmane et africaine. Aux Africains, il dit : «Vous êtes une chance pour notre pays».

Vendredi 28 mai : Il s’appelle Ndiaga Dieye. Il vient d’être abattu par la police après avoir grièvement blessé une policière municipale, dont les jours seraient en danger. L’agression s’est produite dans les locaux de la police municipale de la Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique).
La Chapelle-sur-Erdre ! Je connais bien cette petite commune tranquille des bords de l’Erdre, près de Nantes. Au début des années soixante-dix, étudiant en droit, je suivais sur place, comme objet d’étude universitaire, le mouvement naissant des paysans-travailleurs. Ils bataillaient alors contre le maire, Donatien de Sesmaisons.
Cette sorte de remake de la chouannerie allait déboucher, un peu plus tard, sur la Confédération paysanne menée par José Bové.

Mais cette fois, j’apprends que le forcené, islamiste, était inscrit au fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste. Il avait déjà été mis en cause pour une tentative d’agression de policiers.

Que faisait-il dehors ? La société ne sait plus se défendre.

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