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Covid-19, complotisme, Macron, présidentielle : l’interview sans filtre de Philippe de Villiers

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Dans une longue interview, le souverainiste s’explique sur son dernier livre aux accents complotistes et revient sur sa relation avec Emmanuel Macro

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Par Camille Vigogne Le Coat publié le 02/06/2021 L’EXPRESS

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« Ce que nous avons vécu a déjà été joué ». Philippe de Villiers l’assure : la pandémie du Covid-19 a été planifiée et voulue par des élites globalisées.

L’objectif ? Profiter de la crise pour imposer un ordre mondial sans frontières, et créer une « humanité nouvelle, sous l’empire de l’intelligence artificielle ». Dans Le jour d’après (Albin Michel, 2021), l’essayiste reprend notamment à son compte la théorie complotiste de la « grande réinitialisation », diffusée à partir de l’été 2020 avant d’être popularisée par le documentaire à succès « Hold-Up ». Pour L’Express, Philippe de Villiers a accepté de répondre aux questions sur sa responsabilité dans la propagation de ces thèses, son rapport à la vérité et au mensonge, et ses ambitions politiques. L’occasion, aussi, de revenir sur sa relation avec Emmanuel Macron pour celui qui se décrit désormais comme une « caution trahie ». 

Retrouver les deux épisodes de notre enquête sur Philippe de Villiers :  A LIRE >> « J’ai tout inventé » : enquête (1/2) sur Philippe de Villiers, meilleur complotiste de France A LIRE >> Enquête. Philippe de Villiers (2/2) : de Macron à Zemmour, ses relations secrètesPUBLICITÉ

L’EXPRESS : Vous décrivez en apologue l’enjeu de votre livre : « J’ai souhaité publier les pièces à charge pour concourir à la recherche de la vérité sur tout ce qui se passe et qui nous dépasse. » Des éléments, dites-vous, « fiables, recoupés, glaçants ». Quelle est votre méthode de travail ? L’application L’ExpressPour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyezTélécharger l’app

Je tape à la porte des administrations où j’ai encore de vieux amis et je travaille comme un sourcier de village, avec sa baguette de saule pleureur, en regardant quand elle tourne. Soit je vais vers des documents dont je pressens qu’ils vont apporter quelque chose de nouveau, soit ce sont les documents qui viennent vers moi, car des gens bien informés se disent que j’aurai le courage de les diffuser. En l’occurrence, la plupart des documents étaient déjà sur le Web. Il suffisait de les relier entre eux pour leur donner un sens. 

Votre livre, dites-vous, est écrit « pour ceux qui doutent ». Et non pour « les reclus de l’antisepsie, […] qui se lavent les mains trois fois par jour ». Selon vous, il y a donc deux types de Français, ceux qui suivent les consignes sanitaires avec obéissance, et les autres, qui doutent et se rebellent ? N’est-ce pas simpliste ? 

C’est Emmanuel Macron qui a parlé d’un seul type de Français : « les 66 millions de procureurs ». Je dis simplement qu’il y a des Français qui, sous l’empire de la peur, sont prêts à tout croire pour leur bien. De l’autre côté, il y a des Gaulois réfractaires, qui obéissent pour ne pas se faire verbaliser, mais qui n’en pensent pas moins. « C’est la première fois qu’on voit dans l’histoire une constellation humaine devenue, sous serre close, un peuple légume »

J’ai écrit ces lignes alors que je venais de croiser, lors d’une promenade dans un sous-bois vendéen avec mes petits-fils, un joggeur masqué. Je leur ai dit : « Mes enfants, c’est grave. Regardez ce jeune homme qui court devant nous, si on lui demande de mettre un scaphandre et de courir avec un tuba au nom de la santé, il le fera ! Et le pire, continuais-je, c’est que quand on lui dira dans quelques mois que le masque en extérieur ne sert à rien, le joggeur ne se demandera même pas s’il a été pris pour un con ! » C’est la première fois qu’on voit dans l’histoire une constellation humaine devenue, sous serre close, un peuple légume. 

Vous renvoyez dos à dos « ceux qui divaguent avec le réel » (les complotistes qui pensent que le virus a été délibérément transporté et disséminé à des fins cachées) et « ceux qui s’arrangent avec le réel » (les « élucubrations de l’exécutif »). « Le manque de rigueur est des deux côtés », écrivez-vous. Est-ce vraiment comparable ? 

On peut les comparer sur un point : le mensonge. Si George Orwell revenait aujourd’hui et devait composer un gouvernement, il nommerait sans doute comme « ministre de la Vérité » le docteur Véran. En me relisant, je vois à quel point j’avais pressenti les choses que nous vivons ! Par mes relations personnelles, je savais par exemple que l’histoire du Pangolin à l’origine du coronavirus ne tenait pas. Voici qu’on découvre en Une des journaux cette semaine le titre suivant : « On ne peut plus exclure un accident ou une fuite de laboratoire ». On nous avait pourtant affirmé que ceux qui doutaient du pangolin étaient des « complotistes » ! Nous n’avons pas besoin de verser dans le complot : ce que prévoient les gens du Forum de Davos est assez grave. C’est une feuille de route.  

« Ce que nous avons vécu a déjà été joué » dites-vous. Qu’est-ce qui vous distingue de la théorie du complot du « Great reset », qu’on retrouve notamment dans le documentaire à succès Hold-Up, qui explique que des élites ont volontairement planifié cette pandémie pour créer un « nouvel ordre mondial » ? 

Le Great reset n’est pas une théorie, c’est un livre du président de Davos. Je m’en tiens aux faits, loin de toute vision complotiste. Quand je parle d’un exercice de simulation d’une pandémie, qui me fait dire « certains savaient », ou quand je mentionne ce livre qui affirme que la pandémie est une « fenêtre d’opportunité » pour la digitalisation du monde, je mentionne des faits. Les géants du numérique savaient comment utiliser la Covid-19 à leur profit. 

Dans ce livre, je propose une synthèse, une clé d’explication. Il y a des gens – que Jean-Pierre Chevènement appelle les élites globalisées – qui ont voulu, après la chute du mur de Berlin, un monde sans cloisons ni frontières. Ceux-là savaient que ce monde serait hautement pathogène : ils prenaient le risque, ils s’y préparaient. Mieux, ils l’attendaient. C’est pour cela qu’ils ont prévu cet exercice de simulation de la pandémie. Ils ont installé une nouvelle société de l’e-commerce, qui va transformer toute notre vie, l’appauvrir et enrichir la Big Tech. 

Justement, cet exercice de simulation d’une pandémie de coronavirus, survenu en octobre 2019, est un élément clé de votre démonstration. Sauf que l’existence de cette réunion a toujours été connue, et que contrairement à ce que vous dites, elle n’a pas pour but d’imposer un « goulag numérique » mais d’anticiper, en cas de pandémie grave, les réponses des gouvernants et des acteurs privés ! 

Ce qui n’a pas été dit et que je raconte pour la première fois, c’est que cette réunion n’est pas le fait des puissances publiques mais de puissances privées. Les États ne sont pas là, ils ont donc abandonné le pouvoir au Forum de Davos, à la fondation Bill Gates, aux Big pharma et Big data… Plus inquiétant, le président du Forum économique de Davos lui-même dit « qu’il faut profiter de la pandémie », en faire une « fenêtre d’opportunité » [sic] pour « imposer à l’humanité une nouvelle normalité ». 

Vous faites ici référence à une deuxième « pièce à conviction » selon vous, le livre du fondateur du Forum économique mondial Klaus Schwab « La Grande Réinitialisation« . Vous reprenez ainsi une théorie très en vogue sur les réseaux complotistes, selon laquelle ce livre serait la preuve que les puissants préparent une « transformation de l’humanité », « un asservissement anthropologique », que vous décrivez comme un mélange de surveillance généralisée et de soumission à l’idéologie « woke ». Or, dans ce livre, il n’est jamais question de sortir du régime démocratique, mais d’aller vers des sociétés plus équitables et respectueuses de l’environnement, en se servant du numérique. Ce n’est quand même pas la même chose ! 

Klaus Schwab propose de numériser la société pour ne pas polluer, et de développer les algorithmes pour faire des économies. Il dit par exemple que 80% des bistrots et restaurants vont disparaître, les lieux par excellence de la convivialité occidentale. Dans l’exercice de simulation de 2019, on retrouve justement cette distinction sémantique entre les « essentiels » et les « non essentiels ». En filigrane de mon livre, il y a l’idée du contrôle total qu’on nous prépare ! 

Même chose sur les vaccins… Selon vous, le passeport vaccinal permettra à terme « une identification, un contrôle, une localisation à toute heure, de nuit comme de jour ». « Ils veulent nous glisser une puce sous la peau » écrivez-vous. Ce n’est toujours pas du complotisme ? 

Non, ce sont des faits. C’est ce qui s’est déjà passé au Kenya et au Malawi. Le passeport vaccinal a été conçu en septembre 2019 par la Commission européenne (ce que tout le monde a oublié). C’est la première étape de « l’identité numérique », et je ne fais que citer les Nations unies ! L’identité numérique future collationnera nos données intimes et sera accessible aux géants du Web. Officiellement, les États s’en serviront pour protéger les populations, mais en réalité, il s’agit de surveillance ! Derrière, on retrouve le modèle du système à points à la chinoise. Chacun soignera son identité numérique, qui sera aussi connectée à la monnaie, aux achats. Elle prendra plusieurs formes, dont la puce sous-cutanée déjà expérimentée dans certains pays africains. Les serfs de la glèbe numérique seront ainsi géolocalisés, tracés, traqués, pucés. Cette intrusion dans la vie intime est insupportable. Big Brother, à côté, ce n’est qu’un petit hors d’oeuvre.  

Selon vous, Emmanuel Macron aurait cédé les « pleins pouvoirs » au « maréchal Delfraissy ». Or, dans la réalité, le Conseil scientifique a été désavoué par le gouvernement dès la première vague, et les épidémiologistes se plaignent du fait qu’Emmanuel Macron ne suive nullement leurs recommandations. Le « biopouvoir » ou la « dictature hygiéniste » que vous évoquez dans ce livre n’est-il pas juste un fantasme ? 

Emmanuel Macron est un saint-simonien. Il pense que la politique est inférieure à la science, et que, si la politique était entre les mains des scientifiques, nous ferions moins d’erreurs. Cette soumission s’est déployée en deux phases. Pendant le premier confinement, Emmanuel Macron s’est fié au Conseil scientifique, qui prônait un enfermement quasi total. Il s’est ensuite rendu compte de son erreur, c’est vrai. Mais, dans un second temps, il s’est mis dans les mains du docteur Véran, lui-même soumis à la pression de l’AP-HP et des « médecins de plateaux de télévision », ceux qui réclament un nouveau confinement à longueur de journée ! 

Mais justement, Emmanuel Macron n’a pas suivi ces recommandations ! Il a attendu des semaines pour confiner de nouveau la population, malgré les demandes répétées des scientifiques ! 

Nous sommes assignés depuis plus d’un an, et vous me dites qu’il n’a pas suivi les consignes ? C’est vrai que l’été dernier, Emmanuel Macron a dit à Édouard Philippe : « Foin du Conseil scientifique, il faut ouvrir. » Mais quelques semaines plus tard, il est retombé sous la coupe des médecins ! Ils ont mis la pression sur le président pour chasser ses intuitions. Aujourd’hui, le plan de déconfinement proposé est un mirage et une usine à gaz : il y a des astérisques partout. La France est gouvernée par les statisticiens et les modélisateurs ! 

Vous fustigez le fait que le gouvernement français ait choisi de confiner sa population à plusieurs reprises. Or de nombreux États ont fait de même, et ceux qui ont le meilleur bilan sanitaire et économique sont ceux qui ont opté pour les mesures les plus drastiques (pays asiatiques, Australie, Nouvelle-Zélande…). Qu’auriez-vous fait à la place d’Emmanuel Macron ? 

Premièrement, nous aurions dû fermer les frontières, dès le début. L’histoire jugera sévèrement Emmanuel Macron pour cette phrase : « le virus n’a pas de passeport », elle pèse lourd en morts inutiles. Deuxièmement, il n’a jamais voulu mettre le paquet sur les lits de réanimation : c’est une faute. Et troisième erreur : il fallait un confinement ciblé dès le départ. Celui qui était la pratique courante dès le Moyen Âge, quand on confinait les mal portants dans les léproseries et lazarets et quand on laissait libres les bien portants. C’est la grandeur de la politique que d’assurer et de protéger toutes les vies : la santé, mais aussi la vie économique, créative, affective, familiale, culturelle, spirituelle, etc. On a laissé mourir des pans de vie entière qu’on ne reverra plus. Il fallait laisser vivre les Français ! 

Vous voyez des liens partout… Vous écrivez : « Tout est lié : l’émergence d’un nouveau vocabulaire pandémique, la remise à zéro du « reset », le nettoyage du « cancel », le « traçage » humain et puis, bien sûr, le retour en force de la « censure ». N’est-ce pas le propre du complotisme ? Pouvez-vous par exemple nous expliquer le lien entre la « cancel culture », phénomène parti de la gauche sur les campus américains, et le supposé « reset » de Davos où se réunit une élite libérale ? 

Encore une fois, le « reset » a fait l’objet d’un livre dont il est même le titre en forme d’impératif. Ce livre vient du Forum de Davos. Il n’y a donc aucune supposition. J’ai fait le lien entre la réinitialisation du monde, leReset, programmé par les suzerains du numérique et la Cancel culture. Il y a d’abord un lien sémantique : ce sont deux façons de faire table rase, d’abolir notre passé. Ce qui m’a alerté, ce sont les transformations maps, ces cartes de transformation du monde, déclinées par pays et disponibles sur internet (NDLR : un outil dynamique du Forum économique mondial, pour aider les utilisateurs à explorer les forces qui transforment les économies, les industries, etc.) J’ai étudié la carte de France sur la cohésion. Et là… J’ai suivi les mots comme un spéléologue… Inclusion, équité, mais aussi LGBT, climat, migrations, et droits de l’Homme. Puis j’ai observé que le Forum de Davos incitait à créer des entreprises dotées de chartes « éthiques » : comme par hasard, elles incitent à reprendre et à décliner toute l’idéologie de la Cancel culture ! « Les Français, à la faveur du Covid, ont pris conscience du grand déclassement de la France »

Vous avez écrit des best sellers. Et Le jour d’après est bien parti pour être un beau succès d’édition. N’avez-vous pas une responsabilité vis-à-vis de vos lecteurs alors que la défiance entre les élus et les citoyens augmente chaque année, vous l’ancien ministre, énarque, et député européen ? 

Précisément, ce n’est pas le sonneur de tocsin qu’il faut combattre mais les départs de feu. Les Français, à la faveur du Covid, ont pris conscience du grand déclassement de la France. Ils ont désormais la gueule de bois derrière le masque. Il y a dix ans, ceux qui disaient : « attention, la mondialisation heureuse nous entraîne vers l’abîme », étaient considérés comme des conspirationnistes ! L’histoire de la pandémie a donné raison à ceux qui avaient dit que les frontières étaient des filtres protecteurs et que c’était folie de bazarder notre industrie et notre souveraineté numérique. « Quand on a servi de caution, qu’on se sent trahi, on n’accepte plus de participer à un jeu de rôles »

Après vous être répandu pendant des mois sur votre amitié avec Emmanuel Macron, vous mettez désormais en scène votre rupture dans un chapitre où vous décrivez un président fâché, presque capricieux, devant un plateau de fruits de mer à l’Élysée. Avez-vous déjà été « son ami » ? 

Ah, « l’amitié » en politique ! Je ne peux pas vous répondre, car il faut être deux pour être l’ami de quelqu’un. En revanche, je peux vous dire qu’Emmanuel Macron est venu vers moi, a souhaité non seulement me rencontrer mais aussi me revoir après sa venue au Puy du Fou en 2016. Le président m’a parfois donné le sentiment, au début, qu’il m’entendait. Puis, j’ai découvert le « en même temps », j’ai compris qu’il croyait vraiment qu’il n’y avait pas de « culture française », qu’il existait un « privilège blanc », qu’il fallait « déconstruire l’histoire de France ». Je me suis dit : « c’est foutu… » Il n’y a pas d’amitié sans vérité. Et il arrive parfois que la vérité soit cruelle. 

Je lui avais dit dès nos premiers échanges : « Je ne suis d’accord sur rien avec vous. » Il était venu chercher un souverainiste conservateur, c’était récréatif pour lui ! J’ai bien vu que j’étais un conducteur électrique destiné à toucher la France souverainiste. Mais quand on a servi de caution, qu’on se sent trahi, on n’accepte plus de participer à un jeu de rôles. A LIRE >> EXCLUSIF. Les lettres secrètes d’Emmanuel Macron à Philippe de Villiers

Ce qui participe au succès de votre livre, ce sont aussi vos anecdotes. De nombreux échanges savoureux avec des monuments politiques comme Jacques Chirac, Michel Rocard, Olivier Guichard, ou des intellectuels comme Max Gallo, Maurice Allais, Gustave Thibon… Tous vous donnent raison. Mais tous sont morts. N’est-ce pas un procédé facile ? 

J’ai eu la chance de rencontrer des gens brillants avec lesquels je me suis lié. J’ai aussi eu la prescience qu’il fallait que je retienne ce que nous nous disions. Je témoigne des conversations, qui font sens dans l’histoire. Rien de nouveau, tout le monde le fait. Seuls les témoins font la différence !  

« Bientôt un livre comme celui-là ne pourra peut-être plus paraître » assurez-vous. Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela ? Vous êtes partout, permettant à des éditeurs (Albin, Fayard) de vendre des dizaines de milliers de livres, à des télévisions (toutes les chaînes d’info en continu) de faire de l’audience et à des magazines (Valeurs Actuelles, Le Point) de faire de bonnes ventes. Pensez-vous vraiment qu’un supposé « système » se priverait d’une telle rente médiatique ? 

Je pense qu’un jour ma maison d’édition ne voudra plus me publier. Je connais des auteurs qui ont déjà la plume en l’air. J’ai été très marqué par deux choses. La première, c’est quand on m’a déconseillé d’aller à Sciences po, on m’a dit que j’y serais très mal reçu. Une censure, donc, alors que j’ai tant aimé cette école. Et deuxièmement, je pense à ce qui est arrivé à Sylviane Agacinski (NDLR : la philosophe, connue pour ses positions contre la PMA, a dû annuler une conférence à l’université de Bordeaux en 2019 après les protestations de plusieurs associations étudiantes). C’est prémonitoire. Enfin, vous verrez que pendant la campagne présidentielle, les géants du numérique revêtiront la toge de la censure. La mer monte. 

Quel rôle jouerez-vous en 2022 ? 

Un rôle sur l’agora, en me mêlant à la conversation civique. 

Mais ça ne veut rien dire ! 

Je connais aussi l’exercice de la langue de bois, c’est un savoir-faire que je n’avais pas encore utilisé avec vous. Je peux seulement vous dire que ce livre m’a sorti de la retraite. Sur le même sujet

Vous adorez le théâtre, les belles lettres… Vous avez vous-même écrit le scénario des spectacles et de la Cinéscénie du Puy du Fou… Qui se trouve devant nous aujourd’hui : l’homme de scène ou l’homme politique ? 

C’est l’homme politique qui parle. Les succès que j’ai pu connaître en créant le Vendée Globe, le Puy du Fou, m’ont souvent valu des brassées de lauriers. Je les accueille aujourd’hui comme des vanités : car pendant que je me prends à écouter les compliments, le pays meurt doucement. L’homme politique qui est en moi reprend le dessus sur le poète et le créateur. Je suis parti il y a dix ans de la sphère publique. J’y reviens. Je ne cherche rien. Sinon à faire partager mon angoisse : l’aventure française est peut-être en perdition. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Je préfère la création et la culture à la politique, mais je suis prêt à tous les sacrifices pour contribuer à sauver notre France qui s’abîme. 

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