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AGNÈS THILL : « LE SILENCE SUR LES AGRESSIONS SUBIES PAR LES CATHOLIQUES EST FRANCHEMENT INQUIÉTANT »

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Après l’attaque d’une procession catholique par des militants d’extrême gauche samedi 29 mai, la députée de l’Oise Agnès Thill a fait savoir qu’elle demanderait une commission d’enquête sur les groupuscules d’extrême gauche. Elle nous explique le bien-fondé de sa démarche.

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© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

Vous allez déposer une proposition de résolution pour solliciter une commission d’enquête sur les agissements des groupuscules d’extrême-gauche. Quel est le fond de votre démarche ?

Nous avons en France tout un écosystème de groupuscules d’extrême gauche qui s’immiscent dans la vie publique en empêchant les uns de tenir des conférences, les autres de manifester de manière pacifique. Une proposition de résolution pour demander une commission d’enquête sur les groupuscules d’extrême droite avait été acceptée il y a quelques temps. Le député des Français de l’étranger Meyer Habib demandait également une commission d’enquête sur les groupuscules d’extrême gauche, ce qui lui a été refusé. Certes ils sont plus difficilement identifiables que certains groupuscules d’extrême droite, mais beaucoup sont déjà parfaitement connus.

Concernant l’agression de samedi, au-delà de son caractère inacceptable, c’est le silence médiatique quasi unanime qui me choque le plus, notamment sur les chaînes de service public comme France Inter, ou sur les médias généralistes comme Le Monde ou Libération. Ce silence est absolument odieux. Imaginez le tollé général si les victimes avaient été d’une autre confession, par exemple des musulmans qui font des prières de rue parce qu’il n’y a pas de mosquée dans leur ville. Le silence sur les agressions subies par les catholiques est franchement inquiétant. Les événements de samedi m’ont poussée à agir, mais le problème est bien antérieur. Il faut vraiment agir.

Lire aussi : Procession catholique attaquée à Paris

Comment se déroule une telle procédure, et quels peuvent être les débouchés ?

Je vais rédiger une proposition de résolution. Ensuite, comme lorsque l’on fait une proposition de loi, on dispose d’une « niche », c’est-à-dire d’un créneau par an pour faire nos propositions à l’Assemblée. Toutes ne peuvent évidemment pas être traitées. Je vais la proposer en cosignature avec pour objectif la dissolution de groupuscules connus tels la LDNA, le collectif Traoré, les black blocks et les Antifas. Je doute que cette proposition soit reprise par le gouvernement, mais j’espère qu’elle aura une portée symbolique et incitera les procureurs à se saisir de ces affaires de violence.

Êtes-vous soutenue dans votre démarche par d’autres députés ?

Pour l’instant, je ne l’ai pas encore rédigée mais dès que ce sera fait, je la proposerai en cosignature. Et comme je vous le disais, Meyer Habib avait fait une proposition en ce sens, lors de la dissolution de Génération identitaire.

Justement, Génération identitaire a été dissous, alors que ses membres n’ont jamais commis d’agressions. Pourquoi les Antifas ou la LDNA, qui ont recours aux menaces et à la violence, ne sont-ils pas dissous ?

Nous allons justement citer ces groupuscules dans notre proposition. Les raisons ayant mené à la dissolution de Génération identitaire sont davantage liées à leur histoire qu’à des faits de violence, puisqu’ils n’ont effectivement agressé personne. En revanche, dans le cas qui nous intéresse, il y a des faits de violence, des agressions, et pourtant rien ne se passe. Dans le droit commun, une agression n’est que peu considérée si elle n’entraîne pas de préjudice ou de jours d’ITT, ce qui n’est pas normal. Les événements de samedi ont été traités comme du droit commun, telle l’agression de monsieur X envers monsieur Y. Or je veux que l’on mette l’accent sur le caractère organisé de ces agressions.

Ce silence s’explique par l’orientation politique de la plupart des médias : ils sont majoritairement de gauche, vivent des subventions et sont de fait acquis au pouvoir

Cela fait des années que des groupuscules d’extrême gauche agressent des sympathisants de droite et des catholiques de plus en plus violemment. Comment expliquez-vous la faiblesse du relais médiatique et politique ?

Ce silence s’explique par l’orientation politique de la plupart des médias : ils sont majoritairement de gauche, vivent des subventions et sont de fait acquis au pouvoir. Il y a aussi le caractère très anticlérical sur lequel s’est construit notre principe de laïcité. Cet anticléricalisme est bien plus décomplexé en France que chez nos voisins européens, ce qui se reflète dans les médias.

Il y a un autre aspect important selon moi : le pouvoir laisse proliférer cette extrême gauche pour faire monter l’extrême droite, et ainsi se retrouver face à Marine le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Politiquement, il y a donc un profit à tirer de ces violences, à savoir déstabiliser la droite conservatrice et fracturer davantage la société. Ce sont des accusations lourdes, mais la politique est très éloignée du souci du bien commun. L’activité de ces groupes les arrange bien, et ils s’en servent.

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