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La mort programmée du diesel déclenchera-t-elle la colère des gilets jaunes ?

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FRONT POPULAIRE. 4 juin 2021

ARTICLE. Dans moins de dix ans, les voitures diesel seront interdites en France. Une mesure méconnue, qui s’applique dès ce mois-ci dans le Grand-Paris pour les véhicules diesel immatriculés avant 2006. Une directive qui fait une grande victime : la classe moyenne.

La mort programmée du diesel déclenchera-t-elle la colère des gilets jaunes ?

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La rédactionPublié le 4 juin 2021OFFRE SPECIALE: ABONNEMENT 1 AN (PAPIER + WEB) + HS1 59€ Abonnez-vous pendant un an à Front Populaire (site + 4 numéros de la revue) et recevez chez vous en plus le Premier Hors Série: l’abécédaire du souverainisme.J’EN PROFITE!

En région Parisienne, les propriétaires de voitures diesel immatriculées avant 2006 ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’à compter de ce mois de juin, il leur est interdit d’utiliser leur engin. Spécifiquement, entre 8 heures et 20 heures, dans une ceinture symbolisée par l’autoroute A86 et regroupant la bagatelle de 79 communes. C’est un sujet explosif qui était passé inaperçu jusque-là : la fin programmée des voitures diesel et des voitures essence d’ici respectivement 2030 et 2040. Une mort à venir de ces véhicules qui vise à ce que les particuliers s’équipent d’automobiles à moteur non thermique. 

C’est la loi d’orientation des mobilités (LOM), adoptée en novembre 2019, qui a déterminé le calendrier de la disparition des véhicules diesel et essence. Cette loi s’inscrivait dans l’objectif écologique fixé dans les Assises de la mobilité de 2017 ainsi que lors de la COP21 de 2015. 31 % des émissions de gaz à effet de serre sont provoqués par les transports et l’avenir est au tout électrique. Même si la question de la production énergétique drastique pour y arriver est systématiquement éludée par nos gouvernants.

Gare à la colère des gilets jaunes !

La LOM vise également à développer les Zones à faibles émissions (ZFE). À savoir des espaces réglementés par un système de vignettes écologiques Crit’Air. Aux quatre ZFE déjà existantes (Grenoble-Alpes-Métropole, Lyon, Grand-Paris et Paris), devraient se greffer six nouvelles zones en 2021. En 2025, toutes les villes de 150 000 habitants appartiendront à cette catégorie. En fonction de l’appartenance à ces zones ou pas, les propriétaires de véhicules essence ou diesel devront se séparer de leur voiture plus tôt que le reste de la France.

Alors, pour inciter les particuliers à changer leur véhicule, le gouvernement a mis en place une prime à la conversion et un bonus écologique. Nos têtes pensantes et décisionnaires ont bien en tête la colère des Gilets jaunes. Un feu populaire incandescent dont l’étincelle provocatrice avait été la taxe carbone en 2018. Les Français nourrissent en effet un rapport affectif vis-à-vis de leurs voitures. Bien souvent, ceux qui n’appartiennent pas à ces ZFE, ces Français des petites villes ou des zones rurales, n’ont que leur automobile pour se déplacer. Il en va de leur survie, tant l’offre de transport en commun s’est dégradée dans ces zones.

Quel jeu joue le gouvernement ?

Et quelle hypocrisie de la part du gouvernement ! Tout d’abord, le bonus écologique a été réduit. De 7.000 euros maximum, fin 2020, il a été porté à 6.000 euros pour l’acquisition d’un véhicule électrique de moins de 45.000 euros. À partir de 2022, ce sera 5.000 euros. Les véhicules hybrides perdront leurs aides à l’entame de cette année. La prime à la conversion devrait également subir le même destin. Cette réduction des aides se fait à un moment où les Français n’ont pas encore conscience de cette échéance et ne pensent pas à changer de véhicule. Réduire les aides à l’approche de l’échéance, où est la cohérence ?

Il y a cet autre point, loin d’être anodin, et susceptible de mettre le feu aux poudres. Dans le cas d’une acquisition d’un véhicule essence, la prime à la conversion impose un plafond fiscal imposable fixé à 13.489 euros. Un célibataire voulant en bénéficier devra gagner moins de 1375 euros brut par mois. L’écologie punitive va donc s’abattre sur ce qu’il est bon d’appeler la classe moyenne, sans distinction de coût de la vie par région. Nos dirigeants ont-ils donc si peu de mémoire pour agiter ce chiffon rouge face à des Gilets jaunes dont la colère n’a pas disparu ?

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