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Liens entre attentats et présidentielle : pourquoi les propos de Mélenchon font polémique.

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« Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre », a estimé le chef de file des Insoumis, dimanche, soulevant l’indignation générale.

Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse de voeux, le 14 janvier 2021 à Paris.

Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence de presse de voeux, le 14 janvier 2021 à Paris.

afp.com/Bertrand GUAYM.R. avec AFP. publié le 07/06/2021 L’EPRESS

Fidèle à son franc parler, Jean-Luc Mélenchon suscite la polémique pour des propos empreints – selon les points de vue – de complotisme ou tout simplement de maladresse. « Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre », pour « montrer du doigt les musulmans », « tout ça c’est écrit d’avance », a affirmé Jean-Luc Mélenchon (LFI) dimanche, dans l’émission Questions politiques (France Inter/Le Monde/Franceinfo). LIRE AUSSI >> Insécurité : la vérité sur « Papy Voise », qui aurait fait basculer la présidentielle de 2002

« Cela a été Merah en 2012 (auteur djihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban, notamment dans une école juive), ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées [en 2017, un djihadiste assassine le policier Xavier Jugelé], avant on avait eu Papy Voise [Paul Voise, un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002], dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance », a-t-il également lancé. 

Ces propos intervenaient après des allégations similaires sur la forme à propos du président de la République, Emmanuel Macron, dont le chef de file de la France Insoumise ne goûte toujours pas l’élection « surprise » en 2017. « Sinon, on nous sort un autre petit Macron du chapeau, (…) on ne sait pas qui c’est, pouf, il se fait élire président. C’est le système qui l’invente. La dernière fois, Macron, il est arrivé au dernier moment. Là, ils vont peut-être en trouver un autre », avait-il dit, juste avant de dériver sur l’insécurité. « A chaque fois, ils en trouvent un. Dans tous les pays du monde, on a élu des petits Macron, il s’appelait Macri en Argentine, (…) c’était en Ukraine un type qui jouait dans une série de télévision [une allusion à Volodymyr Zelensky, élu en 2019]. Dans tous les pays du monde, ils ont inventé un type comme ça, qui sortait de rien, et qui était porté par un système oligarchique (…) Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau, nous aurons l’événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile, voilà, c’est bateau tout ça. » L’application L’ExpressPour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyezTélécharger l’app

Des propos « inadmissibles »

Sans surprise, la sortie de Jean-Luc Mélenchon a suscité une série de réactions indignées. D’abord, de la part de la classe politique. « Quand on manie ainsi la démagogie, on ne peut prétendre à devenir président de la République », a fustigé la cheffe du groupe PS à l’Assemblée Valérie Rabault, jugeant « inacceptable » de « réduire les atrocités des attentats de Montauban et Toulouse en 2012 à de la machination électorale ».  

« On est vraiment au-delà de la honte », a aussi réagi la LREM Aurore Bergé sur Twitter. « Qu’il parte dans le complotisme et qu’il insulte la mémoire des personnes qui ont été assassinées, c’est grave », a déclaré la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, au micro de Franceinfo, ce lundi. Michel Barnier ne dit pas autre chose, sur Europe 1 : « Je trouve indigne que l’on instrumentalise ces attentats, ces drames, cette douleur, à des fins d’argumentation politique. Ce sont des propos que je trouve indigne de la République ». LIRE AUSSI >> Enquête. Les débuts compliqués du think tank de Mélenchon

Les familles des victimes de l’attentat de Mohammed Merah, cité par Jean-Luc Mélenchon, ont peu goûté à la sortie du député des Bouches-du-Rhône. Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été assassiné par le terroriste, a dénoncé des propos « inadmissibles », réclamant du « respect pour les victimes ». Pour Albert Chennouf-Meyer, également père d’une victime, « ce sont les propos de quelqu’un qui a perdu tout sens des réalités et de la noble politique », a-t-il critiqué ce lundi sur Franceinfo. « C’est quelqu’un qui est dans le déni de tout ce qui concerne le terrorisme, notamment le terrorisme islamique. » https://platform.twitter.com/embed/Tweet.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&features=eyJ0ZndfZXhwZXJpbWVudHNfY29va2llX2V4cGlyYXRpb24iOnsiYnVja2V0IjoxMjA5NjAwLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X2hvcml6b25fdHdlZXRfZW1iZWRfOTU1NSI6eyJidWNrZXQiOiJodGUiLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X3R3ZWV0X2VtYmVkX2NsaWNrYWJpbGl0eV8xMjEwMiI6eyJidWNrZXQiOiJjb250cm9sIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH19&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1401607014401327105&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lexpress.fr%2Factualite%2Fpolitique%2Fliens-entre-terrorisme-et-presidentielle-pourquoi-les-propos-de-melenchon-font-polemique_2152347.html&sessionId=75a2b83a39363e4d475ab7a848bd9a5005d7c93c&siteScreenName=lexpress&theme=light&widgetsVersion=82e1070%3A1619632193066&width=550px

« La post-vérité en action » : la contre-attaque de Mélenchon

Le patron de la France Insoumise persiste et signe. « Les complotistes anticomplotistes sont de sortie. Ils nient que les assassins font leur coup au moment qui fait parler d’eux. Propos ineptes. A moins que ce soit pour les couvrir », a-t-il répondu, dans un premier temps, sur Twitter, voyant la polémique enfler.  LIRE AUSSI >> Notre dossier sur l’insécurité : craintes et réalités

Avant de publier un post sur Facebook, un peu plus long, dans lequel Jean-Luc Mélenchon dénonce « un mot monté en épingle par quelques gens influents et aussitôt la boucle s’enflamme, de Twitter aux chaînes d’info et ainsi de suite ». Selon lui, sa formule n’est ni complotiste ni maladroite. Elle lui aurait été inspirée par un article du Figaro, publié juste avant l’élection de 2017, dans lequel le quotidien remonte jusqu’aux années 80 et l’attentat de la rue Copernic ou encore l’assaut de la grotte d’Ouvéa afin d’expliquer comment ces faits divers ont influencé les débats de la présidentielle qui les suivaient.  

Post de Jean-Luc Mélenchon sur Facebook après ses déclarations polémiques sur la présidentielle et le risque terroriste.
Post de Jean-Luc Mélenchon sur Facebook après ses déclarations polémiques sur la présidentielle et le risque terroriste.Facebook / JLM

Au fond, Mélenchon entend surtout dénoncer cette montée d’un « sentiment » d’insécurité, prenant beaucoup de place dans le débat public et sur les chaînes d’information en continu. « Ici, d’une émission d’une heure sur France Inter et France Info ce ne sont ni les accidents du travail, ni les féminicides, ni les subventions aux religions, ni Biden, ni rien qui ressort : juste un bon coup monté à partir d’une phrase », critique-t-il encore.  

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