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Les clés pour comprendre les grandes manœuvres dans le pacifique

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DÉCRYPTAGE – L’hégémonie croissante de la Chine en Asie et en Océanie pousse les États-Unis à une réaction politique et militaire, notamment par d’importants exercices navals. Avec une participation inédite mais prudente de la France.

Par Jean-Marc Gonin. LE FIGARO. 11 juin 2021

L’US Navy en mer de Chine le 6 juillet 2020. ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

1. La «mare nostrum» chinoise

Depuis l’an dernier, la plus importante flotte de guerre au monde ne bat plus le pavillon à la bannière étoilée. Selon le renseignement naval américain, la marine chinoise a dépassé celle des États-Unis: à la fin de 2020, elle comptait 360 navires contre 297 pour l’US Navy. Désormais, la République populaire entend déployer sa force, non seulement sur les voies maritimes proches de ses côtes mais aussi vers les archipels du Pacifique Sud.

Depuis le Brexit, la France est le dernier État de l’Union européenne dans le PacifiqueUn membre du gouvernement

Ces dernières années, Pékin n’a cessé de créer des faits accomplis: îlots artificiels en mer de Chine, occupation du récif de Whitsun, dans les îles Spratly, situé dans la zone économique exclusive des Philippines, attitude agressive de ses gardes-côtes. L’affirmation de la puissance chinoise, qu’elle soit politique, économique ou militaire, inquiète ses voisins japonais, coréens, vietnamiens, philippins, et préoccupe grandement l’Australie, devenue cible régulière de Pékin. La marine militaire dont la Chine s’est dotée en un temps record est devenue un atout majeur que Xi Jinping utilise à plein pour imposer l’influence chinoise non seulement en Asie mais aussi vers l’Océanie, notamment les petits États satellites de l’Australie.

2. Les États-Unis battent le rappel

Là où Donald Trump avait ouvert des fronts tous azimuts, s’en prenant à Pékin comme aux alliés des États-Unis, en Europe comme en Asie, Joe Biden a mis de l’ordre. Sa priorité est de s’opposer à la Chine et de regagner une partie du terrain politique qu’elle a conquis. Cette stratégie passe par un rabibochage avec les alliés pour apparaître unis face à Xi Jinping. La succession de sommets de la mi-juin (G7, Otan, UE-États-Unis) verra le président américain déployer son offensive diplomatique. Entre-temps, plusieurs exercices militaires ont été, et seront, organisés dans le Pacifique, associant des forces alliées.

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Le mois dernier, des troupes américaines, japonaises, australiennes et… françaises se sont entraînées au Japon à la reprise d’une île par la force. Jeudi 3 juin, l’US Navy a annoncé qu’un tiers des sous-marins de sa flotte du Pacifique étaient mobilisés pour tester un déploiement rapide. Et à la fin de l’été, les États-Unis lanceront leur plus grande manœuvre navale depuis vingt-cinq ans, le Large Scale Exercise 2021 (Exercice à grande échelle 2021), qui devrait mobiliser 25.000 hommes sur 17 fuseaux horaires. Le Pacifique en sera, évidemment, le point focal.

3. La France, acteur régional

En déployant ses navires, ses légionnaires et ses troupes de marine en mai au Japon, la France a montré qu’elle voulait être acteur de la région. Un ministre nous expliquait récemment qu’Emmanuel Macron comptait y affirmer la présence française en s’appuyant sur les territoires du Pacifique. L’avenir du «Caillou» calédonien est d’ailleurs lié aux intérêts stratégiques qu’il offre. Les atolls polynésiens auront eux aussi un rôle à jouer. Le rapprochement entre la France et l’Australie s’inscrit également dans cette stratégie.

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Si cette dernière a signé un contrat portant sur la construction de 12 sous-marins de la classe Attack avec le français Naval Group, c’est aussi parce que Paris entend développer sa présence régionale. «Depuis le Brexit, la France est le dernier État de l’Union européenne dans le Pacifique», souligne un membre du gouvernement. Reste à mesurer jusqu’où la France est prête à aller dans le soutien aux États-Unis face à la Chine. L’UE a déjà signalé à Joe Biden qu’elle ne participerait pas à une guerre froide contre Pékin. Pour Paris, la voie est étroite entre ses intérêts dans le Pacifique et sa relation économique et commerciale avec la Chine.

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