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« On achète le label De Haas pour être tranquille » : dans les médias et les entreprises, le grand malaise vis-à-vis du féminisme militant

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Une enquête du Figaro lève le voile sur le juteux business de Caroline De Haas, que la lutte féministe fait confortablement vivre. Quitte à faire peser une grande pression dans les entreprises et médias qui feraient appel à ses services. 

Par  valeursactuelles.com Publié le 11 juin 2021

Caroline De Haas en mars 2017. Les formations que la militante féministe vend aux entreprises font grincer bien des dents © JOLY LEWIS/SIPAPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

L’enfer est pavé de bonnes intentions – et les positions radicales souvent déguisées par de bons sentiments. A l’heure de la « cancel culture » et du mouvement « woke », les témoignages sur l’emprise et la radicalité que peuvent exercer ces sphères dans les milieux politiques et médiatiques se multiplient. C’est ce dont fait état Le Figaro, dans une longue enquête consacrée à la militante féministe Caroline De Haas. A la tête d’une entreprise nommée Egae, cette dernière propose « des formations sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes aux entreprises ou collectivités ». Son cabinet, précise le quotidien national, « emploie exclusivement des femmes » — et tant pis pour la parité. Problème : outre le fait qu’elle soit particulièrement plébiscitée par le secteur public, qui se montre généreux avec Egae, Caroline De Haas a l’influence suffisante pour mettre la pression sur les organisations qui n’estimeraient pas utile de faire appel à ses services. Le néo-progressisme des « wokes » (littéralement, « éveillés ») se faisant une spécialité de la dénonciation en public, mieux vaut ne pas être pris la main dans le sac en refusant une formation estampillée Egae. A tel point qu’un directeur des ressources humaines d’un grand groupe confie « acheter le label De Haas pour être tranquille ». Au Figaro, le DRH affirme même « avoir reçu des pressions » après avoir annoncé qu’il mettait fin au contrat avec Egae – dont il jugeait les formations médiocres.A LIRE Cancel culture, mensonge et délation : les terrifiantes méthodes de Caroline De Haas

Pas de tolérance pour les ennemis de la tolérance

Et notre homme n’est pas le seul à avoir des difficultés avec le business de Caroline De Haas. Dans les couloirs du Monde, la formation Egae – imposée à tous les salariés – a fait ruer dans les brancards. « Je me suis senti insulté, je ne suis ni une bête sauvage ni un enfant, je ne vais pas me faire rééduquer par quelqu’un qui a manifesté avec des imams intégristes à la manifestation contre l’islamophobie », confie un journaliste au Figaro. Pression oblige, les cadres du journal se sont tout de même rendus à la formation, « en traînant des pieds ». Seuls quelques rares journalistes ont refusé de s’y rendre. Gare à eux : ils pourraient subir le même sort qu’Emmanuel Tellier. Journaliste chez Téléramadepuis dix-huit ans, ce dernier s’est fait renvoyer du jour au lendemain, en mai 2019. L’homme doit son malheur… à Caroline De Haas, à laquelle Télérama avait fait appel pour un audit interne. Il était accusé d’agissements sexistes. Aux prud’hommes, évidemment, les magistrats ont estimé que « la véracité et la réalité des propos reconstitués des années plus tard ne reposent sur rien d’objectif ni de certain ». Télérama a dû indemniser son ancien salarié à hauteur de 90 000 euros. Emmanuel Téllier, toujours au chômage « après deux ans de dépression », ne s’est pas remis des attaques dont il a été la cible : « Comment je vais ? », répond-il au Figaro« Je vais comme quelqu’un qui se serait fait faucher par un camion, de dos et dans le noir, sans avoir rien vu venir, alors qu’il marchait sur le trottoir… » Caroline de Haas et Egae, eux, n’ont pas eu de comptes à rendre.

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