MEMORABILIA

Un genou à terre : l’équipe de France soumise au racialisme américain

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Durant l’Euro de football, les Bleus vont s’agenouiller sur la pelouse à l’entame de leurs matchs. Une parodie de protestation politique qui divise chaque jour davantage nations et supporters, plus d’un an après la mort de George Floyd aux Etats-Unis.

Par  Thomas Nasri Publié le 15 juin 2021 VALEURS ACTUELLES

Les joueurs belges mettent un genou à terre avant leur match contre la Russie, le 12 juin. Photo © Dmitry Lovetsky/AP/SIPAPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

« Dans l’Histoire, les meilleurs, c’étaient des Noirs et des Arabes » (AFP, 2011). « Dans la rue, je te tue » (contre le joueur blanc Jordi Alba, 2021). Ce soir, l’auteur de ces mots posera un genou à terre pour « lutter contre le racisme ». Avant le début de la rencontre face à l’Allemagne, Kylian Mbappé fermera probablement les yeux et prendra un air solennel. Devant les caméras du monde entier, la star de l’équipe de France lèvera peut-être même le poing, en écho au Black Power des athlètes afro-américains lors des JO de Mexico en 1968. Ses coéquipiers en feront autant, avec plus ou moins d’agilité dans le jeu d’acteur. Par la voix de son capitaine, Hugo Lloris, l’équipe de France vient d’annoncer qu’elle mettra genou à terre avant chaque match de l’Euro.

En 2016, le joueur de football américain Colin Kaepernick popularise le geste durant l’hymne des Etats-Unis, qu’il boycottait jusque-là en restant assis. Héros de la gauche médiatique, hué par la plupart des spectateurs, Kaepernick transforme ainsi ses performances sportives médiocres en un business victimaire et signe un contrat de plusieurs millions de dollars avec Nike en 2018. Après la mort de George Floyd en 2020, le genou à terre traverse l’Atlantique et rejoint les terrains de sports européens via les footballeurs, accros à la culture afro-américaine. Dans des stades vides, Covid oblige, les joueurs pratiquent leur nouveau rituel des mois durant, avec la bénédiction de leurs clubs, soucieux de polir leur image. Mais le retour du public et des compétitions entre nations viennent désormais bousculer cet entre-soi.

Un instrument de propagande à sens unique

Devant la perspective d’une équipe de France à genoux, l’avocat Gilles-William Goldnadel se désole : « Il ne nous manquait plus que ça. » Avant de questionner, sur Twitter, les motivations des joueurs : « En hommage aux victimes de l’islamisme ? Ou pour protester contre le racialisme des Black Lives Matter ? » A la suite de l’assassinat du professeur Samuel Paty par un terroriste islamiste, en 2020, aucun joueur musulman n’était apparu dans la vidéo d’hommage postée par les Bleus. Depuis 2012, une invitation au mémorial de la Shoah est même repoussée indéfiniment par la fédération française car « une telle visite de l’Équipe de France serait très mal perçue par les musulmans français », selon Yohann Taïeb, professeur à l’origine de l’initiative. 

Priorité de Kylian Mbappé ? Dénoncer sur Instagram les « violences inadmissibles» commises par la police, en publiant le visage tuméfié du producteur Michel Zecler après son interpellation en novembre 2020. Natif de Bondy, en banlieue parisienne, le footballeur défend sa vision d’une France « arc-en-ciel » en reprenant les paroles de la chanteuse Diam’s, qui a pourtant fini voilée de la tête aux pieds, jusqu’à partir vivre en Arabie Saoudite. De son côté, Karim Benzema soutient sur Instagram le rappeur Bassem, « un bon pelo du 6.9. » comme lui, alors que ce dernier est l’auteur de propos racistes envers les noirs non-musulmans. Au moment de poser un genou à terre « contre le racisme et les discriminations », Benzema, de retour en équipe de France, pourra également penser à son ex-coéquipier Mathieu Valbuena, qu’il a traité de « tarlouze » en 2015, avant d’être mis en examen pour « complicité de tentative de chantage » dans l’affaire de sextape le concernant.

« Cette posture collective est ridicule avec son humanisme de bazar », dénonce sur Twitter le magistrat Philippe Bilger. Avant même le début de l’Euro, les Français, eux, ont pu constater la supercherie. En décembre 2020, le match entre le PSG et le club turc d’Istanbul Başakşehir est arrêté car l’un des arbitres aurait prononcé le mot « nègre ». La presse s’enflamme, L’Equipe titre « Ensemble » avec Kylian Mbappé genou à terre et poing levé. Sauf que l’arbitre roumain a dit le mot « negru », ce qui signifie « noir » dans sa langue. La transcription audio rapporte par ailleurs les propos du banc d’Istanbul à son encontre : « Eh, on n’est pas en Roumanie ici, nous sommes des Turcs ! » Joueur le plus vindicatif pour dénoncer le « racisme » au moment des faits, Demba Ba se révèle être un militant pro-Erdogan, ravi de la conversion à l’islam de Sophie Petronin, otage de djihadistes pendant quatre ans. Sur Twitter, il appelle par ailleurs au soulèvement contre « le blanc » empli de « racisme et débilité » en Occident. 

L’opposition à la manipulation

Face au retour de boomerang, le journal L’Equipe est obligé de fermer l’espace commentaire de son site. Sur la page Facebook, encore ouverte, de nombreux Français, simples amoureux de sport, dénoncent la « mise en scène racoleuse » et la propagande politique « d’opprimés millionnaires ». De retour dans les stades, les supporters manifestent leur désapprobation un peu partout en Europe, jusqu’à devoir siffler leur propre équipe nationale. C’est le cas notamment en Angleterre, durant les matchs de préparation à l’Euro contre l’Autriche et la Roumanie. Le tollé est tel que la fédération anglaise de football doit publier en catastrophe le 12 juin un communiqué pour tenter de convaincre les supporters que la génuflexion des joueurs n’est pas « un alignement sur une organisation politique ou une idéologie ».

Le rapport au « genou à terre » est pourtant éminemment politique. Porté par des élites pro-immigration, adeptes de la repentance et sanctifiant les minorités, le concept ne passe pas auprès de ceux qui gardent en eux les bases du christianisme, où l’amour de l’Autre s’équilibre du respect de soi. Durant l’Euro, les Ecossais, les Russes, les Hongrois ou les Tchèques refusent de se soumettre au racialisme importé des Etats-Unis. Le président hongrois Viktor Orban défend ses joueurs qui « s’agenouillent uniquement devant Dieu, la mère Patrie et lorsqu’ils demandent en mariage leur dulcinée ». Sa vision rejoint celle d’O’Neal Saddler, policier noir aux Etats-Unis, qui refuse en 2020 de s’agenouiller face aux manifestants de Black Lives Matter : « J’ai beaucoup de respect mais je ne m’agenouille que pour une seule personne : Dieu ». Elle rejoint aussi celles des Noirs américains qui se sont battus debout pour défendre le drapeau américain durant la guerre de Sécession, où ils risquaient de retourner à l’esclavage. Un état que ne feront jamais qu’éprouver par procuration Kylian Mbappé et ses coéquipiers, en simples marionnettes de l’esprit du temps.

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