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¡Caramba! Encore raté !

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François Gex Catégorie : Armées  16 juin 2021  BOULEVARD VOLTAIRE

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On parle beaucoup des généraux, en ce moment. À tort et à raison, surtout de travers. Qu’est-ce qu’un général ?

Un drôle de bonhomme, avec une vocation bizarre qui consiste à mettre sa peau au service de son pays. Rêvant d’aventures, il réussit, vers 20 ans, le très sélectif concours de Saint-Cyr, en sort avec un master et de solides abdos, un brevet para, un brevet commando et, parfois, une petite fiancée ou une toute jeune femme.

Chef de section en régiment vers ses 24 ans, il part et repart en mission avec une trentaine de soldats, par exemple à Paris, pour Sentinelle ou à Barkhane, où il fait connaissance avec la mort au combat. Capitaine, il recommence avec plus d’une centaine d’hommes. À 28 ans, il connaît déjà parfaitement le périmètre et les exigences que recouvre le mot « chef ». Son thermomètre, c’est le regard de confiance de ses hommes vers lui quand les balles sifflent.

Entre opérations et entraînements intensifs, il aperçoit de temps à autre ses deux tout jeunes enfants que son épouse élève seule avec le discret et merveilleux courage des épouses de militaires.

Il va être promu commandant et retourne à l’école, d’état-major d’abord, puis – cas unique dans toute l’administration d’État – doit repasser un concours couperet, celui de l’École de guerre. S’il le rate, il le sait, sa carrière s’arrêtera automatiquement une quinzaine d’année plus tard, au grade maximum de lieutenant-colonel.

Breveté de l’École de guerre, il sert en état-major de haut niveau, en cabinet ministériel ou organismes particuliers, repart en opérations, exécute deux ans de temps de chef des opérations ou de second dans un régiment et, un jour, vers 43 ans pour les plus jeunes, il est promu colonel et reçoit une « lettre de commandement » signée du président de la République qui lui attribue un régiment pour deux ans. C’est un privilège unique qui date de l’Ancien Régime et ne concerne, aujourd’hui, que 50 % d’une promotion de Saint-Cyr. Il crée un lien direct et des obligations entre le chef des armées et ses colonels commandant les régiments. Le 14 juillet, les drapeaux le saluent, inclinés à l’horizontale.

Tout se rejoue pour lui à nouveau pendant ces deux années dont l’issue est avec ou sans perspective d’étoiles. Mais il ne le sait pas !

Notre colonel repassera par les diverses cases précédentes avec des responsabilités supérieures. Certains suivront les cours du Centre des hautes études militaires (CHEM) et formeront une session avec les stagiaires civils de l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

Il sera promu général à un peu plus de cinquante ans pour les plus jeunes, mais ne recevra qu’une lettre confidentielle du chef d’état-major des armées (CEMA) s’il prend le commandement d’une opération. Le lien direct avec le chef des armées est rompu, sans doute parce qu’il est devenu incommandable !

Alors, après de tels parcours, nos généraux méritent-ils le traitement politique et médiatique qu’on leur fait aujourd’hui subir quand pas un ministre ne leur arrive à la cheville et qu’on en soit réduit à envoyer en première ligne un ministre doré sur tranche et sans culture militaire qui n’a, constitutionnellement, aucune compétence de commandement, et un autre dont la vertigineuse hauteur des talons charentaises n’a d’égal que l’abyssale méconnaissance de la chose militaire.

Et quelle fuite de ses responsabilités que l’incapacité du chef des armées à convoquer cette élite gauloise récalcitrante, en bloc et à guichets fermés, pour leur remonter les bretelles (c’est son droit) et régler en face à face ce qui est avant tout une affaire de commandement et une histoire d’hommes. En voie de disparition aujourd’hui.

Et puis quel beau geste eût-ce été de sabrer ensuite le champagne dans les jardins de l’Élysée tout en chantant, par exemple, le « Chant des Partisans » dont les paroles valent leur pesant de tribunes. Les Français qui aiment le panache auraient adoré. Et ç’eût beaucoup, beaucoup plus payé en com’ politique que faire joujou avec McFly et Carlito et subir le diabolique heavy metal d’Ultra Vomit qui porte si bien son nom.

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