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Sébastien Chenu : « La sécurité est déjà une priorité pour nos compatriotes »

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Au coude à coude dans les sondages face au président sortant, Xavier Bertrand, le député du Nord joue une partie hautement surveillée par le RN, à un an de la présidentielle. Entretien. 

Par  Quentin Hoster. Publié le 18 juin 2021 VALEURS ACTUELLES

Sébastien Chenu est tête de liste du Rassemblement National dans les Hauts-de-France. © J.E.E/SIPAPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Valeurs actuelles. Croyez-vous au recentrage autoritaire et sécuritaire affiché par Xavier Bertrand, dans son opposition à Emmanuel Macron ?
Sébastien Chenu. Xavier Bertrand souffre un peu du syndrome des mauvais élèves qui, pris la main dans le pot de confiture, sont tentés de faire un peu de zèle. N’ayant pas traité ni même ouvert le dossier de la sécurité pendant le mandat, notamment avec la révélation de financements de structures en lien avec l’islamisme, il plastronne aujourd’hui avec un discours visant à compenser son manque d’action. Or parler, ce n’est pas agir. Il suit la logique des Républicains : lorsqu’ils sont au pouvoir, ils ne font rien. En cela, il ressemble à Emmanuel Macron qui pense que parler, c’est faire.A LIRE Régionales : Xavier Bertrand qualifie Sébastien Chenu de « Richard Virenque des Hauts-de-France »

Quel crédit accordez-vous au bilan de Xavier Bertrand en matière de sécurité, tout en sachant qu’il ne possède pas des prérogatives élargies à la tête de la région ?
Son bilan est égal au chiffre qui figure dans le budget dédié à la sécurité, c’est-à-dire zéro. Il n’a sécurisé que trente gares sur les 364 haltes et gares de notre région, contrairement à ce à quoi il s’était engagé. Il n’y a pas eu d’action non plus concernant l’aide aux communes ou les équipements aux polices municipales, qui font partie de mes propositions. Je pense que c’est d’une faiblesse absolue voire d’une indigence totale.

Xavier Bertrand avait dit qu’il serait jugé sur l’emploi, mais son bilan est indigent.

Comptez-vous repousser les compétences de la région pour sécuriser le quotidien de ses habitants ?
Dans chaque chapitre d’obligation de la région, on peut ouvrir une thématique sécurité. C’est ce que je compte faire en mettant la sécurité au cœur de mon programme, parce que c’est déjà une priorité pour nos compatriotes, comme toutes les études le démontrent. Dans les transports, je recruterai 250 agents, je sécuriserai et vidéoprotègerai l’ensemble des gares, et je serai un partenaire des collectivités, en finançant la police municipale, les brigades canines et des équipements. Je n’oublierai pas évidemment les lycées ni l’aide aux victimes, qui est aussi un chapitre qui n’a pas du tout été ouvert par Xavier Bertrand.

Xavier Bertrand affiche un discours musclé sur le volet social, pour un homme de droite. Est-ce là-dessus un concurrent plus sérieux pour vous ?
Xavier Bertrand avait dit qu’il serait jugé sur l’emploi, mais son bilan est indigent. Quand le chômage baisse en France, il est à un point de plus dans les Hauts-de-France. Les politiques initiées par Xavier Bertrand n’ont pas eu d’effet correctif ni amplificateur. Les dispositifs comme Proch’emploi, épinglé par la Cour des Comptes, n’ont pas donné de résultats et ont coûté très cher. Nous croyons en des mesures simples, efficaces, mesurables, qui ne soient pas des gadgets, comme la prise en charge des trois mois de période d’essai dans les TPE/PME pour embaucher des chômeurs. Si ça ne fonctionne pas, l’entreprise n’aura rien perdu. Je ne compte pas utiliser l’argent des habitants pour des dispositifs qui n’ont aucun résultat.A LIRE “Marque satanique” : Sébastien Chenu invite le gouvernement à se “calmer d’urgence”

Vous souhaitez un moratoire sur l’éolien, alors que votre région est particulièrement concernée par cette énergie et la fronde qu’elle nourrit ?
25% du parc éolien national est concentré sur la région, nous sommes envahis. Si là aussi Xavier Bertrand avait été l’adversaire de l’éolien, il aurait agit lorsqu’il était ministre et que son gouvernement avait voté le schéma régional de l’éolien, qui prévoyait sa multiplication par trois dans notre pays. Lorsque Barbara Pompili s’est engagée sur la prolifération de l’éolien, il n’a pas réagit non plus. Je mettrai donc en place un référendum régional sur l’éolien. A chaque fois qu’un projet sera mis sur pied, les communes concernées voteront. Je financerai aussi des études épidémiologiques pour permettre aux associations de combattre l’éolien, qu’il soit terrestre ou maritime.A LIRE Hauts-de-France : la gauche éclipsée par le duel Bertrand-Chenu

C’est une opération de communication qui se soldera par un échec assez impressionnant pour Éric Dupond-Moretti.

Quelles seraient vos marges de manœuvre pour inciter les grands groupes à rester ou à s’installer dans le bassin industriel sinistré que représentent les Hauts-de-France ?
Il faut d’abord changer de philosophie. La région ne peut pas se comporter comme un guichet. On voit ce que cela a donné avec des entreprises non déficitaires, qui ont été aidées par la région et ont fini par s’en aller. Je propose de fixer ensemble une convention d’objectif, en prenant en compte les intérêts de la région, en création d’emploi, maintien de l’emploi voire en incitation à faire travailler des sous-traitants locaux. On continuera d’aider les entreprises souhaitant s’installer à partir du moment où elles acceptent de conventionner avec nous sur des objectifs d’emplois dans leur business plan, même si ce n’est pas la même chose pour les TPE et pour les grands groupes. Les aléas économiques seront bien sûr pris en compte.

Dans votre région, cinq ministres ont été dépêchés par la majorité présidentielle pour faire campagne contre vous, sans grand succès. Comment l’interprétez-vous ?
D’abord il faudrait qu’ils soient visibles. Je n’ai pas revu Dupond-Moretti depuis un moment. On n’a pas entendu une seule proposition de tous ces ministres, qui ont démontré leur inutilité lorsqu’ils siégeaient dans l’hémicycle régional. C’est une opération de communication qui se soldera par un échec assez impressionnant pour Éric Dupond-Moretti, mais pas dans le sens qu’il imagine.

Le « front républicain » n’est-il pas une manière de pointer du doigt et de marginaliser des millions d’électeurs ?
Le front républicain est en réalité le front des sortants, qui, quelque soit leur étiquette politique, veulent s’entendre pour empêcher l’alternance. Les électeurs l’ont bien compris. La région a été gouvernée très longtemps par la gauche, et aujourd’hui par Les Républicains en Marche, avec le duo Bertrand-Darmanin. On a pu voir que les résultats n’ont cessé de se dégrader : 20 000 emplois industriels perdus sous le mandat de Xavier Bertrand, un chômage endémique, des chiffres sur la santé plus mauvais qu’ailleurs. Les gens n’ont pas vu le changement car ce sont les mêmes politiques qui se succèdent. Ce front républicain est le dernier atout de ceux qui croient encore pouvoir faire illusion.

Quand j’écoute Arnaud Montebourg ou Michel Onfray, je me sens beaucoup de connexions intellectuelles avec eux

Que répondez-vous à vos opposants qui jugent que le Rassemblement National recèle peu de personnalités d’envergure, et qu’il n’a pas « la capacité à gouverner », comme l’a déclaré Éric Ciotti ?
Il n’y aurait dans cette campagne pas de stars mais que des sous fifres. Et bien je constate que les sous-fifres s’en tirent plutôt bien. Ce qui bat en brèche la question : « Avec qui Marine Le Pen peut-elle gouverner ? » Elle a des gens autour d’elle qui sont capables d’assumer des responsabilités. Nous n’avons pas d’expérience gouvernementale mais nous avons fait exploser tous les plafonds de verre, reste celui de l’élection régionale. L’alternance est naturelle et nécessaire en démocratie. Mais quand j’écoute Arnaud Montebourg ou Michel Onfray, je me sens beaucoup de connexions intellectuelles avec eux, tout comme avec Éric Ciotti, Guillaume Peltier ou Nadine Morano. Nous appelons les hommes et les femmes de bonne volonté à nous rejoindre.

Les Hauts-de-France sont une terre plutôt favorable au Rassemblement National. Comment expliquez-vous cette assise ?
Parce que les classes populaires ont été les premières impactées par les politiques menées dans le pays. Ce sont les premières qui ont vécu la désindustrialisation, qui vivent l’insécurité, qui supportent les éoliennes, qui subissent la mondialisation, la dérégulation économique. Ce sont donc les premières à avoir réagit à travers leur bulletin de vote.

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