MEMORABILIA

FOG – Il vaut mieux être de gauche

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ÉDITO. Groggy électoralement, la gauche garde une aura de bien-pensance et bénéficie d’une étrange mansuétude en matière de justice et d’information.

FOG - Il vaut mieux etre de gauche
FOG – Il vaut mieux être de gauche

Publié le 19/06/2021 LE POINT

On peut s’étonner qu’il y ait encore, en Franceautant de gens de droite. N’ont-ils pas compris où est leur intérêt ? Il vaut mieux être de gauche, la vie est plus facile.

À gauche, on a tout, ou presque. La bonne conscience, la digestion douce, labienveillance des médias. Avec, parfois, beaucoup d’argent. Vous pouvez, de surcroît, impressionner, sans risque de « dérapages », dans les dîners en ville, en psalmodiant les saintes écritures du Monde.

Même si, depuis le début du siècle, la gauche est passée d’un gros tiers à un quart de l’électorat français, elle jouit d’une domination culturelle et fait encore la loi dans les esprits. Il suffit de l’invoquer comme le futur saint Paul invoquait jadis le Christ pour se retrouver subitement lavé de tous les péchés du monde.

Pensez-y, pour votre prochaine vie : soyez de gauche une fois pour toutes ! Après, vous serez tranquille, zéro tracas, aussi innocent que l’agneau qui vient de naître. C’est une position gratifiante et confortable qui vous évitera d’avoir des comptes à rendre. Vous serez ontologiquement absous.

Pardonnez cette caricature, mais qu’on nous permette d’avoir la nostalgie d’une gauche combattante, inquiète, qui, au temps de Jaurès et Clemenceau, se cherchait sans se trouver, tout en écrivant de belles pages de l’histoire de France. Elle était loin, alors, d’imposer sa doxa depuis ses positions de pouvoir dans la société civile.

Idéologiquement puissante, la gauche n’est plus ce qu’elle était, électoralement parlant. Ce qui explique le tracassin de Jean-Luc Mélenchon. Il ne supporte pas l’idée que la prochaine élection présidentielle soit déjà jouée – ce qui reste à prouver -, avec le face-à-face annoncé entre Macron et Le Pen au second tour. D’où ses derniers déraillements.

Imaginez la bronca si un politicien de droite avait été, comme Mélenchon l’autre dimanche,  atteint d’une crise de complotisme subaiguë , prédisant des attentats avant la présidentielle de 2022 et laissant entendre, entre autres fadaises, que la mortelle randonnée de Mohammed Merah aurait pu être orchestrée par le « système », en 2012.

Ça passe. Mal. Mais ça passe. « Donald » Mélenchon a fait du Trump, qui, avec ses « faits alternatifs », horrifiait les médias, la bien-pensance, les gardiens de l’ordre idéologique. Mais, après un moment de stupéfaction, ils ont pardonné au chef de La France insoumise. Que voulez-vous, contrairement à l’ancien président américain, il fait partie du camp du Bien. La preuve, il manifestait encore, dimanche dernier, à Paris, contre l’extrême droite.

Dans notre monde sans repères, avez-vous noté comme les coupables désignés à la vindicte publique sont beaucoup plus souvent à droite qu’à gauche ? Ainsi Jean-Claude Gaudin, ancien maire de Marseille, fut sans cesse mis en cause par les médias après l’écroulement d’immeubles insalubres de la rue d’Aubagne, en 2018 (huit morts), tandis qu’Anne Hidalgo, son homologue de Paris, était exonérée de l’explosion de la rue de Trévise, en 2019 (quatre morts), même si des experts ont pointé du doigt le « défaut de vigilance » des services de la ville.

Deux poids, deux mesures. Tel est notre nouveau système métrique. À l’instar de l’hémiplégique Parquet national financier, machine de guerre ultrapolitisée, la justice choisit ses cibles à droite plutôt qu’à gauche, dans l’esprit du tristement célèbre « mur des cons » du Syndicat de la magistrature. « Vérité » en deçà de LR, « erreur » au-delà.

La justice passe, mais de travers et d’un seul côté. L’information aussi. Quand une procession de catholiques est attaquée par des « antifas » à Paris, le mois dernier, le silence de la plupart des médias est assourdissant. Comme si nos chers confrères ne voulaient pas stigmatiser l’extrême gauche, à moins qu’ils n’aient jugé que tout défilé de catholiques, fût-il « bon enfant », était une manifestation de l’ultradroite !

À l’appel de plusieurs paroisses et du diocèse de Paris, ces fidèles avaient eu l’idée « révoltante » d’honorer leurs morts, en l’espèce la mémoire des religieux, martyrs de la Commune, fusillés par les fédérés athéistes, en 1871. Ils ont été violemment pris à partie par des militants encagoulés de l’ultragauche fascistoïde qui les traitaient de… « fachos ».

Les black blocs bénéficient d’une complaisance sans nom. C’est un « mouvement sans masse », selon la formule de Christophe Bourseiller, auteur d’une passionnante Nouvelle Histoire de l’ultra-gauche (1), qui remonte à loin. Mais ces temps-ci, il est dans l’air du temps, qui souffle des États-Unis. Bienvenue dans la culture woke et de la suspicion, où chacun est le « facho » de quelqu’un !

1. Éditions du Cerf.

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