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JULIEN ODOUL : « LA VICTOIRE EST POSSIBLE MAIS ELLE NÉCESSITE LE RÉVEIL DE NOS ÉLECTEURS »

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Ce dimanche, lors des élections régionales, Julien Odoul (RN) est arrivé en deuxième position dans la région Bourgogne-Franche-Comté, derrière la présidente actuelle Marie-Guite Dufay (PS). Pour battre la gauche, il en appelle aux nombreux abstentionnistes et aux électeurs LR. Entretien. 

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© Julien Odoul

Vous avez obtenu 23 % des voix au premier tour des élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté, alors que les sondages vous annonçaient en tête à 30 %. Est-ce une déception ?

Non, ce n’est pas une déception, mais c’est la grave constatation qu’il y a une désertion démocratique dans notre pays. C’est vraiment alarmant, car elle concerne des élections majeures et devrait interpeller sérieusement le gouvernement. Pour ce qui est de la Bourgogne-Franche-Comté, ce que je constate est que même sans 70 % de mes électeurs, j’arrive en deuxième place à seulement trois points de la candidate sortante qui, elle, est ultra-favorisée par l’abstention, comme tous les sortants. La victoire est donc possible, mais elle nécessite le réveil de nos électeurs qui ont la possibilité de nous faire gagner s’ils décident de se bouger dimanche. Par rapport aux scores des élections européennes, le RN a perdu 100 000 voix. Quant aux présidentielles, c’est encore davantage puisque nous sommes passés de 530 00 électeurs à 151 000 hier. Il y a donc des réserves de voix immenses en Bourgogne-Franche-Comté.

La Bourgogne-Franche-Comté semble être l’une des régions prenables par le RN. Quelles sont les conditions de cette victoire ?

Il faut juste que nos électeurs se bougent, c’est pourquoi j’en appelle à la responsabilité des électeurs LR pour faire barrage à la gauche et se rassembler derrière le seul candidat capable d’empêcher cette dernière de repartir pour six années de plus. Mes propositions sont partagées par cet électorat LR qui souhaite plus de sécurité et moins d’immigration, mais également la préservation de l’emploi local, de notre environnement, de notre patrimoine et de notre identité.

La victoire est donc possible, mais elle nécessite le réveil de nos électeurs qui ont la possibilité de nous faire gagner s’ils décident de se bouger dimanche

Je suis susceptible de faire gagner ces valeurs, mais il faut auparavant se réunir, d’autant plus qu’il y a une fusion entre Marie-Guite Dufay et la liste EELV. Ce serait une catastrophe majeure si les écologistes entraient en force à la région : l’écotaxe fragiliserait 30 000 emplois liés aux transports routiers, ce qui revient à pénaliser les industries. Ce serait aussi la pénalisation des producteurs de sapins, car l’on sait que les Verts veulent des Noëls sans arbres morts. Ajoutons aussi les conséquences pour les agriculteurs, car l’on aurait demain des menus sans viandes dans les cantines, sans oublier la protection accrue des loups et lynx qui déciment les troupeaux. Pour toutes ces raisons, il faut faire barrage à cette gauche et rassembler massivement.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé 65 % d’abstention. Comment expliquer le taux d’abstention des électeurs du RN, pour votre région et sur l’ensemble du territoire ? Est-dû au contexte, ou le parti est-il responsable ?

Il n’y a aucune responsabilité du RN. Il y a plusieurs causes dont évidemment le contexte qui n’a laissé que très peu de place à la campagne, une très mauvaise distribution des professions de foi ou encore l’absence totale de clip de la part de l’État pour faire connaître l’élection. Il faut aussi mentionner le contexte du déconfinement et de la fin du couvre-feu qui a détourné les Français de l’enjeu de ces régionales, ainsi qu’un ras-le-bol qui remonte à loin pour bon nombre des concitoyens considérant le vote sans effet sur leur quotidien.

Le vrai vote utile pour envoyer un message et exprimer son opposition aux politiques menées par Emmanuel Macron, c’est le bulletin du RN

Ils pensent également à tort que ne pas voter va envoyer une gifle au gouvernement et au système alors que c’est tout l’inverse : le pouvoir macroniste et le gouvernement se satisfont de l’abstention. En effet, le président Emmanuel Macron a tout misé sur l’élection présidentielle, et il se fiche de tout ce qui est intermédiaire. Une abstention, c’est une voix pour Emmanuel Macron. Le vrai vote utile pour envoyer un message et exprimer son opposition aux politiques menées par Emmanuel Macron, c’est le bulletin du RN.

Durant la campagne, vous avez eu droit à une série de boules puantes. Pensez-vous que cela a joué un rôle ?

Non. Il n’y a qu’à voir les chiffres au niveau national : je fais le deuxième meilleur score de France pour le RN après la PACA. Vous voyez donc bien qu’il n’y a eu aucune influence. Cette campagne de boules puantes était extrêmement nauséabonde, et heureusement, les électeurs ne s’y sont pas trompés. De la même manière, si l’on regarde dans mon département de l’Yonne, j’arrive en tête, ce qui montre bien que j’ai la confiance de mes concitoyens. Cette campagne n’a eu de l’effet que pour la rédaction de Libération.

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Le second tour sera une quadrangulaire. Comment jugez-vous cette configuration ?

Cette configuration peut nous être favorable : cette quadrangulaire en deuxième position nous offre plus de possibilités de réussite que si j’étais arrivé en tête à 30 %, car nous aurions eu des désistements, des barrages républicains, etc. En quadrangulaire, il faut savoir que si nos électeurs se bougent, nous arriverons en tête et nous gagnerons. Nos électeurs et les LR à qui je tends la main ont la possibilité de faire l’union du peuple de droite. Si vous faites le calcul, nous pesons à plus de 44 %, sans compter ceux qui ne sont pas allés voter : nous pouvons donc gagner la région et améliorer la vie des gens. Nous proposons une politique très concrète, une politique de bon sens qui est enracinée dans le quotidien et qui n’a rien d’idéologique contrairement à ce que fait la gauche depuis des années : offrir plus de sécurité, préserver l’emploi local avec une politique volontariste, mettre un terme au saccage de nos paysages avec un moratoire sur les éoliennes, ou encore soutenir nos agriculteurs avec 100 % de viande et légumes issus de production régionale dans les cantines de nos lycées.

Concrètement, comment comptez-vous mobiliser l’électorat que vous prêtent les sondages ?

Sur le terrain, dans les médias avec différents appels, et tous les cadeaux dont nous disposons. Il nous reste cinq jours de campagne et ils vont être exploités à fond pour gagner. Paradoxalement, il ne nous faut pas grand-chose pour accéder à cette victoire, car il n’y a que 20 000 voix qui nous séparent de Marie-Guite Dufay. Nos électeurs doivent se bouger ! Je le dis un peu brutalement, mais c’est parce que l’on ne peut pas laisser la région à la gauche, et c’est pourquoi j’en appelle à la responsabilité individuelle et collective.

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