MEMORABILIA

Candidats à l’impuissance

Scroll down to content

 

OPINION. Le deuxième tour des élections régionales a eu lieu hier, et à nouveau la même comédie et les mêmes commentaires de plateaux. En réponse, à nouveau la même abstention, maintenue, comme pour dire « merde ».

L’historien Olivier Delorme nous livre ses impressions.

Candidats à l’impuissance

Auteur

Olivier DELORME Historien. Publié le 28 juin 2021. FRONT POPULAIRE

Ma vie de citoyen commença avec les municipales de 1977. Depuis, j’ai toujours voté, soit en personne soit par procuration, quel que soit le scrutin, municipal, cantonal, régional, législatif, présidentiel, référendaire. Même pour la parodie d’élection pour la parodie de parlement de l’UE.

Mais c’est terminé depuis les dernières municipales.

Tant qu’il s’agira de désigner ceux qui conduiront la même politique – à quelques variantes près – déterminée à Berlin via les traités européens et hors de tout contrôle démocratique du peuple français, je ne me prêterai plus à une comédie élective qui fait croire que nous sommes encore en démocratie.

Le vote ne fait pas la démocratie : on votait sous le Second Empire ou dans les démocraties populaires. Une assemblée délibérante ne fait pas la démocratie : on n’en finirait pas de citer les régimes autoritaires d’hier ou d’aujourd’hui dans lesquels on parlotte dans le vide d’hémicycles où rien ne se décide – comme c’est le cas dans celui de Strasbourg.

La démocratie, c’est la capacitépour un peuple – ou pour une partie d’un peuple dans le cas d’assemblées locales – de déterminer une politique. Ce n’est plus le cas en régime d’Union européenne où, comme l’a dit justement Juncker à propos de la Grèce « il n’y a pas de démocratie contre les traités européens », autrement dit : il n’y a plus de démocratie du tout. Référendums irlandais, français, néerlandais, grec dont les résultats ont été annulés ; élections législatives italiennes et grecques bafouées à deux reprises dans chaque pays soit par la mise à genoux d’un gouvernement récalcitrant (celui de Syriza), soit par le renversement de son chef, issu de l’élection, au profit d’un banquier ou d’un fonctionnaire européen (Prodi, Papadimos, Draghi) : quelle preuve faut-il encore ?

En ce qui me concerne, le seul scrutin auquel je participerai désormais sera celui où pourrait se décider une sortie de l’UE. Pour le reste, entre fausse droite, fausses gauches, faux fascistes (quand je pense qu’en PACA le candidat prétendument « national », censé défendre la culture française contre l’islamisme, est lié au despote azéri lui-même allié au despote islamiste turc !), faux barrages, faux écologistes ou fausse extrême gauche si compatibles avec l’islamisme, centristes vrais éborgneurs… je ne veux plus choisir.

Vu d’un peu loin – de Grèce où je vis –, mon pays n’est plus un pays sérieux. Impostures, simulacres, postures ridicules, polémiques insanes, indignations de commande, hystérie collective sur tout et n’importe quoi, diversions inclusives, racisme qui se couvre d’antiracisme, prône la ségrégation, la censure et la destruction de notre histoire…

La réalité, c’est que les électeurs n’en peuvent plus de l’indignité de ceux qui parlent en leur nom et prétendent les représenter – tous partis confondus –, parce qu’aucun ne défend plus les intérêts et l’unité de la nation.

À cela, la solution ne peut être essentiellement institutionnelle : le vote obligatoire ne serait que cautère sur une jambe de bois, le vote par correspondance ou par Internet un moyen de plus de fausser les résultats. Bien sûr, il faudrait commencer par comptabiliser le vote blanc pour ce qu’il est, un suffrage exprimé : je refuse les termes du choix qui m’est proposé.

Bien sûr, comme certains pays l’avaient prévu dans leur Constitution après la chute des régimes communistes, il faudrait un seuil minimal de 50 % de participation pour valider une élection, faute de quoi le scrutin devrait se tenir à nouveau avec interdiction aux candidats n’ayant pas su amener les électeurs aux urnes de se représenter. Mais ceci ne règlerait nullement la question de fond.

Et la question de fond est simple : le vote sert à quelque chose dans un pays souverain ; dans un pays qui ne l’est plus, il n’est qu’une illusion au service de la perpétuation du statu quo, quels que soient le visage, la coiffure, le costume ou le discours des candidats à l’exercice de l’impuissance.

NB : Olivier Delorme signera son dernier ouvrage, Thémistocle, le 1er juillet à la librairie La Balustrade, 25 rue d’Alsace (Paris) et au salon du roman historique de Levallois les 3 et 4 juillet.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :