MEMORABILIA

ZEMMOUR VS BHL : L’ENRACINÉ ET LE NOMADE

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Comme chaque vendredi, Eric Zemmour a affronté dans l’arène de CNews une personnalité publique, sous l’arbitrage bienveillant de Christine Kelly. Ce vendredi, c’était Bernard-Henri Lévy et le débat a tenu ses promesses. Les deux hommes ont encore eu l’occasion de montrer leurs désaccords profonds.

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© capture d’écran CNEWS

Il existe une gauche : celle des vieux de la vieille. Le gourou Attali, Chevènement le sage, Enthoven le survolté qui balaie de ses bras l’univers de la pensée, Hubert Védrine. Michel Onfray est hors sérail avec sa vision tragique d’une Atlantide chrétienne, qui rendrait stimulant le désastre auquel notre civilisation est promise. Le grand intérêt de ces face-à-face du vendredi sur CNews, orchestrés par la Christine Kelly, est de projeter un faisceau de lumières sur le théâtre d’ombres des vieilles idées de gauche.

Dans le champ clos de CNews, s’affrontent, vendredi 25, le Don Quichotte de Saint-Germain-des-Prés et le champion du pré carré local. Tel qu’en lui-même, BHL, dont le visage vieillit bien (à défaut de « la figure christique » que lui trouvait jadis sa femme) présente d’abord son reportage, visible sur Canal +, à propos des « guerres oubliées » dans le Nigéria et « le Verdun gelé » des tranchées ukrainiennes, voulant nous donner un avant-goût de ce qu’est la fraternité humaine, à la seule condition qu’elle s’exerce loin de chez nous.

La démocratie « désintéressée » s’oppose au patriotisme ; une certaine idée de la France, universaliste et abstraite, face à une France patriote, lourde de ses « mille ans d’histoire »

Viennent ensuite des considérations consensuelles sur la guerre juste, le rôle du nucléaire, la guerre de 14, Roosevelt et Churchill, de Gaulle. La démocratie « désintéressée » s’oppose au patriotisme ; une certaine idée de la France, universaliste et abstraite, à une France patriote, lourde de ses « mille ans d’histoire ». L’affrontement était attendu sur Poutine : l’Ogre stalinien ou le défenseur de la Grande Russie, ami de l’Occident.

Mais pourquoi ces guerres sans fin ? Pour BHL, le problème ne vient pas des guerres mais de l’émancipation des pays, que nous n’avons pas su mener à bien. Et Zemmour de dénoncer cette vision colonialiste des démocrates « qui se sentent la responsabilité mondiale de faire le Bien ». À l’un regrettant le temps des brigades internationales luttant pour « le genre humain », Zemmour oppose la priorité d’une France « en danger de mort ». L’atmosphère est tendue.

« Pourquoi c’est si électrique entre vous ? » demande Christine Kelly. « Je n’aime pas ce que Zemmour dit et représente » lâche BHL, lançant sa flèche de Parthe, comme l’avaient fait, avant lui, Chevènement, Védrine et Enthoven. « Vous êtes le champion d’une France rabougrie, barricadée dans une forteresse, amenuisée, provinciale » – ajoutons étriquée et franchouillarde. Et de lâcher cette perle : « Vous avez une conception peu aimante » de la France. » Ah ! L’amour ! On aurait cru entendre encore et toujours les mêmes Attali, Védrine, Enthoven et Chevènement.

Lire aussi : Guillaume Peltier toque à la porte de Zemmour

On ne met pas en doute « l’engagement » de BHL : il est plus facile d’aller loin que de regarder autour de soi. La France et l’Europe de 1970 n’existent plus. Les droits de l’homme sont devenus des « droits humains » au service de la déshumanisation, aux mains de la CEDH. Les « pères fondateurs » ? Il n’y a plus de pères. Le genre humain ? Il y en a 36 000 nuances. L’amour de son pays, l’intérêt national sont devenus des crimes auquel on oppose « les valeurs de l’UE », son messianisme totalitaire, comme on le voit dans la condamnation récente, par Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron, de la Hongrie, pourtant État souverain, pour avoir osé interdire la promotion de l’homosexualité auprès des mineurs. Pour BHL, il faut aider les femmes afghanes à enlever leur voile. Qu’elles soient « bâchées » n’est pas notre problème, lance Zemmour.

Alors, je me souviens que, dans son épée d’Académicien, Finkielkraut avait mis une tête de vache. Une vache, ça mâche, rabâche, rumine dans son pré carré, un peu comme le fait Zemmour tous les jours, de manière « obsessionnelle » disent ses adversaires pour le rabaisser. Or, c’est bien d’une vache dont on a besoin en ce moment, et non de la Rossinante de Don Quichotte luttant contre ses moulins à vent dans l’open space global. La France en dépend.

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