MEMORABILIA

Albin Michel, RTL, iTélé… Eric Zemmour, l’éternel paria

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Albin Michel, éditeur historique d’Eric Zemmour, a annoncé cette semaine sa volonté de mettre fin à sa collaboration avec l’éditorialiste. Une décision loin d’être inédite pour un homme qui connaît mieux que quiconque les limites de la liberté d’opinion imposées par la classe médiatique

Par  Sébastien Lignier. Publié le 30 juin 2021 VALEURS ACTUELLES

Eric Zemmour en septembre 2019. Photo ©ALAIN ROBERT/SIPAPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

A le voir débattre quotidiennement sur CNews, on en oublierait presque que Eric Zemmour n’a pas toujours été le bienvenu dans sa propre maison. Lorsque Serge Nedjar, directeur des programmes de la chaîne d’information en continu, annonce à ses équipes l’arrivée de l’écrivain à l’automne 2019, les réactions sont plus que mitigées. Une semaine après sa première prise de parole dans Face à l’info, la rédaction du groupe Canal + vote à l’unanimité une motion adressée à leurs dirigeants. Ils souhaitent voir CNews cesser toute collaboration avec Eric Zemmour. Pour des « raisons évidentes sur le plan économique, sur la sécurité des personnels, sur l’image du groupe et sur l’éthique », avance alors le site Les Jours. Après plusieurs de bras de fer tendus, la direction lâche du lest fin octobre 2019 : Face à l’info sera désormais diffusée avec un léger décalage, pour anticiper de potentiels nouveaux “dérapages”’ d’Eric Zemmour. Ce dernier, qui n’aura jamais réagi publiquement à la polémique, est un habitué des motions de défiances.

Albin Michel ou l’art de se mettre une balle dans le pied

La dernière en date est probablement la plus révélatrice de l’époque. Lundi dernier, Albin Michel, maison d’édition historique d’Eric Zemmour, a annoncé sa volonté de couper les ponts avec l’auteur de Le Suicide Francais, vendu à plus de 500 000 exemplaires. C’est l’auteur lui-même l’a annoncé sur le plateau de CNews lundi. Eric Zemmour se dit « perturbé » alors que son livre est, selon lui, « quasiment terminé ». Il n’était visiblement pas le seul à être surpris d’une telle décision. Sur son compte Twitter, Philippe de Villiers, également édité chez Albin Michel, a affirmé sa « stupéfaction qu’un auteur d’une telle qualité soit censuré ». Le Vendéen annonce dans la foulée son intention de quitter Albin Michel, « par solidarité ». Mauvaise journée pour la maison d’édition, qui devra donc se passer de deux mastodontes littéraires pour la rentrée. Face aux interrogations qu’ont suscitées l’annonce, le président de la maison d’édition Gilles Haéri a tenu à préciser les raisons derrière ce choix : « Nous avons eu un échange très franc avec Eric Zemmour qui m’a récemment confirmé son intention de s’engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément-clé de sa candidature. »La déclaration est formellement démentie par le principal intéressé dans un communiqué de presse.

L’écrivain a beau continuer à démentir farouchement les rumeurs, le spectre d’une potentielle candidature à l’élection présidentielle paraît de plus en plus inéluctable. L’image de ces jeunes militants du néo-mouvement “Génération Z” venus de toute la France pour coller 10 000 affiches à l’effigie de leur championdans plus de 1 000 communes a marqué les esprits. En début de semaine, des rumeurs ont circulé sur l’avenir d’Eric Zemmour au sein du Figaro. Après son éditeur, le journaliste est-il sur le point de se faire lâcher par son employeur de toujours ? Selon nos informations, la direction reste fidèle à sa ligne de conduite concernant son fils prodigue : tant qu’il n’est pas officiellement candidat, rien ne peut, et ne doit, empêcher Eric Zemmour d’écrire sa chronique hebdomadaire. Une position qui doit forcément rassurer le principal intéressé au vu des relations parfois tumultueuses entre les deux parties. En 2009, le journaliste politique est poussé vers la sortie par le directeur de la rédaction de l’époque, Etienne Mougeotte, après ses déclarations sur les trafiquants de drogue qui seraient, selon lui, « pour la plupart noirs et arabes ». L’information arrive aux oreilles de certains lecteurs. Près de 300 d’entre eux se réunissent devant la rédaction du quotidien pour afficher leur mécontentement face au traitement réservé à Eric Zemmour. Une énorme épine dans le pied de Mougeotte, contraint malgré lui de conserver le journaliste dans un rôle néanmoins bien plus secondaire. Ce n’est qu’en 2013, un an après l’arrivée d’Alexis Brézet à la tête de la rédaction, que Zemmour retrouve la lumière. Un retour accueilli par les fourches aiguisées de la Société des Journalistes du Figaro (SDJ).

L’incessante traque de la SDJ

Dire que les SDJ des grandes rédactions sont opposées à la présence d’Eric Zemmour dans le paysage médiatique serait un doux euphémisme. Indépendantes entre elles, ces sociétés ne restent pas moins liées par une  idéologie commune. Chacune à leurs manières, elle agissent comme de véritables organes de contrôle du politiquement correct. En octobre 2014, Eric Zemmour provoque un tollé général dans la classe politique après avoir déclaré au journal italien Corriere della Sera que les musulmans seraient un « peuple dans le peuple » en France. L’entretien, traduit en français et diffusé sur le site internet d’un certain Jean-Luc Mélenchon, ne passe pas auprès des représentants de la SDJ d’iTele. Dans un communiqué de presse, ils réclament « un geste fort » de la direction de la chaîne d’information aujourd’hui disparue. Et ils l’obtiennent : l’émission hebdomadaire de débats Ça se dispute est supprimée, l’éditorialiste vedette renvoyée. Un licenciement qui sera considéré comme une « rupture brutale et abusive de contrat » en 2016.

A RTL aussi, les oppresseurs de la SDJ ont frappé fort. Le discours d’Eric Zemmour lors de la “Convention de la droite” organisée par des proches de Marion Maréchal-Le Pen en septembre 2019 les avait ulcérés. Il faut reconnaître que le journaliste, jamais avare en formules chocs, avait ce jour-là fait le show derrière son pupitre. Le Grand Remplacement de Renaud Camus ? Des « formules justes » qui évoquent « l’inversion de la colonisation » . L’islam ? La religion « aggrave tous nos problèmes avec l’immigration »La pilule ne passe pas dans les couloirs de la « première radio de France”. Après l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris pour « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence », la direction de RTL annonce le départ du journaliste. Il se murmure alors que les membres de la SDJ au sein de la station ne sont pas étrangers à cette décision. Dans un message interne, ces derniers rappellent alors que les thèses partagées par Eric Zemmour sont « incompatibles avec l’esprit des débats auxquels il participait à l’antenne, et plus largement avec le Vivre ensemble qui caractérise RTL ». La direction, elle, réaffirmera quelques jours plus tard ne pas être contre un retour du journaliste…en tant qu’invité. Au nom, évidemment, de la “pluralité d’opinion”. Sans surprise, il n’est jamais revenu.

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