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Covid-19 : l’Euro de football va-t-il accélérer la diffusion du variant Delta ?

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LA VÉRIFICATION – Plusieurs matchs doivent encore se tenir à Saint-Pétersbourg et à Londres, où sévit ce variant plus contagieux.

Par Cécile Thibert LE FIGARO, 2 juillet 2021

Toutes les villes exigent un test PCR négatif de moins de 72 heures ou une preuve de vaccination à l'entrée du stade, sauf celles accueillant le plus de public : Bakou et Saint-Pétersbourg.
Toutes les villes exigent un test PCR négatif de moins de 72 heures ou une preuve de vaccination à l’entrée du stade, sauf celles accueillant le plus de public : Bakou et Saint-Pétersbourg. AdobeStock

LA QUESTION. Des stades remplis de milliers de supporters, un brassage de populations venues des quatre coins du continent, des moments de liesse qui relèguent les gestes barrières au rang de vagues souvenirs… Alors que l’Euro de football bat son plein, certains craignent que l’événement – annulé l’année dernière – serve de super catalyseur au variant Delta en Europe. En France, cette souche représente actuellement 20% des cas et il devrait devenir majoritaire d’ici fin août, selon Santé publique France.

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Jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs appelé les villes accueillant les prochains matches à assurer un meilleur suivi de la circulation des spectateurs, y compris avant leur arrivée et après leur départ du stade. Interrogé jeudi lors d’une conférence de presse sur le risque que l’Euro joue le rôle de «supercontaminant», le directeur de l’OMS Europe Hans Kluge est resté assez évasif : «J’espère que non, mais je ne peux pas l’exclure». Qu’en est-il ? Faut-il s’attendre à ce que ce tournoi sportif donne un nouveau souffle à l’épidémie de Covid-19 ?

VÉRIFIONS. Depuis le coup d’envoi de la compétition le 11 juin, la passion du ballon rond a complètement pris le pas sur la pandémie, pour le plus grand bonheur des fans de football. Ces derniers sont même autorisés à se rendre à l’étranger pour aller supporter leur équipe. Les jauges varient en fonction de la ville hôte. Budapest (Hongrie) était la seule des 11 villes hôtes à remplir son stade, tandis que Bakou (Azerbaïdjan) et Saint-Pétersbourg (Russie) visent une capacité de 50%, soit tout de même 30.000 spectateurs. Les huit autres villes observent un taux de remplissage des stades compris entre 22 et 45%.

À l’image des jauges de spectateurs, les conditions d’accès au stade n’ont pas été harmonisées. Toutes les villes exigent un test PCR négatif de moins de 72 heures ou une preuve de vaccination à l’entrée du stade, sauf celles accueillant le plus de public : Bakou et Saint-Pétersbourg. À Saint-Pétersbourg, les spectateurs doivent seulement passer un contrôle de température corporelle à l’entrée du stade.

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2000 Écossais contaminés

Par ailleurs, les masques sont obligatoires à tout moment dans tous les stades de la compétition, et une distance minimale de 1,5 mètre doit être respectée, selon l’UEFA (Union des associations européennes de football). Ce qui n’est pas toujours le cas, comme en témoignent les images du stade Ferenc-Puska (Budapest, Hongrie), plein à craquer lors du match opposant la France à la Hongrie le 19 juin dernier.https://platform.twitter.com/embed/Tweet.html?creatorScreenName=Le_Figaro&dnt=false&embedId=twitter-widget-0&features=eyJ0ZndfZXhwZXJpbWVudHNfY29va2llX2V4cGlyYXRpb24iOnsiYnVja2V0IjoxMjA5NjAwLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X2hvcml6b25fdHdlZXRfZW1iZWRfOTU1NSI6eyJidWNrZXQiOiJodGUiLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X3R3ZWV0X2VtYmVkX2NsaWNrYWJpbGl0eV8xMjEwMiI6eyJidWNrZXQiOiJjb250cm9sIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH19&frame=false&hideCard=false&hideThread=true&id=1406266764489543682&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Fsciences%2Fl-euro-de-football-va-t-il-accelerer-la-diffusion-du-variant-delta-20210702&sessionId=494fbb5c0929f37e6cbf60a2fd62110ea82800f6&siteScreenName=Le_Figaro&theme=light&widgetsVersion=82e1070%3A1619632193066&width=550px

Un variant plus contagieux, des masses d’individus concentrées au même endroit et des gestes barrières tombés à l’eau… Voilà un triptyque idéal pour le Sars-CoV-2. Comme attendu, plusieurs centaines de cas ont déjà été détectées chez des supporters ayant fait le déplacement, mais aussi chez des joueurs. Suite au match qui a opposé la Finlande à la Belgique le 21 juin à Saint-Pétersbourg (Russie), près de 300 supporters ont ainsi été testés positifs. Il faut savoir que la Russie fait face à un retour en force de l’épidémie : pour le troisième jour consécutif, le pays a battu jeudi son record de contaminations du fait du variant Delta, désormais majoritaire.

Cette semaine, l’Agence sanitaire écossaise a également révélé que près de 2000 Écossais qui s’étaient rendus à Londres pour le match Écosse – Angleterre étaient porteurs du virus… Environ 400 d’entre eux ont assisté au match depuis le stade de Wembley tandis que les autres l’ont suivi depuis la fanzone ou les bars environnants.

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«Si on voulait ensemencer l’Europe de ce variant Delta, on ne s’y prendrait pas autrement», a réagi auprès de l’AFP Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à l’université de Genève. «C’est un non-sens total d’envoyer des supporters dans des endroits à très haut risque, alors qu’il n’aurait pas été très compliqué d’envisager de déplacer ces matches qui ont lieu dans des villes de pays à risque vers des villes de pays à moindre risque». L’épidémiologiste, qui suit l’épidémie depuis les premiers jours, plaide pour une délocalisation des matches prévus au stade Krestovski de Saint-Pétersbourg et au mythique stade de Wembley à Londres. Deux villes où le variant Delta est déjà bien implanté. «Aujourd’hui, Bucarest, Budapest et Copenhague ne sont pas du tout des endroits à risque», fait valoir le scientifique.

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De son côté, les organisateurs du tournoi ont consenti à dire que l’événement pourrait avoir un impact sur la dynamique épidémique, tout en écartant le risque d’une «nouvelle vague importante». «Il ne peut être totalement exclu que les événements et rassemblements puissent déboucher localement sur une augmentation du nombre de cas, mais cela ne s’appliquerait pas uniquement aux matches de football, mais aussi à toutes les situations qui sont désormais permises dans le cadre de l’assouplissement des restrictions décidées par les autorités compétentes locales», a déclaré à l’AFP Daniel Koch, conseiller médical de l’UEFA.

Et d’ajouter : «Les campagnes intensives de vaccination qui ont lieu à travers l’Europe et les contrôles des frontières aideront à ce qu’il n’y ait pas une nouvelle vague importante en Europe.» C’est sans compter sur le fait que seuls 49% des habitants de l’Union européenne avaient reçu au moins une première dose de vaccin au 26 juin, alors que l’objectif est de vacciner 90% de la population.

La solution, se vacciner ?

Si elle admet que se rendre en Russie ou à Londres en ce moment n’est pas la meilleure chose à faire, l’épidémiologiste Catherine Hill estime que la vaccination pourrait toutefois amortir l’impact du tournoi sur l’épidémie. «Le variant Delta se propage plus vite, mais il n’est pas plus virulent ou dangereux. Il est plus contagieux (…) Si vous croisez plus de gens différents, vous avez effectivement plus de risque de tomber sur le virus. Donc le mieux, c’est d’être vacciné. Il y a des vaccins, donc c’est la solution», a-t-elle expliqué à RMC Sports.

L’UEFA a d’ores et déjà confirmé que les matchs restant à disputer auront bien lieu dans les villes initialement prévues. Le quart de finale Suisse-Espagne de ce vendredi aura donc pour cadre Saint-Pétersbourg, et les demi-finales des 6 et 7 juillet et la finale du 11 juillet restent programmées à Londres. Comme la Russie, la capitale britannique connaît elle aussi un rebond des contaminations lié au variant Delta. «Mon conseil serait de ne pas y aller sans être vacciné», recommande l’épidémiologiste Antoine Flahault.

À LIRE AUSSI :Au Royaume-Uni, 50 vaccinés parmi les 117 morts du variant Delta : est-ce préoccupant?

L’impact de cette compétition très suivie ne s’arrête pas aux portes des stades. Bars et apéros privés se sont respectivement remplis et multipliés partout en Europe, alors que dans le même temps, la vie culturelle (concerts, théâtre, festival…) a repris en France. Or on ne le répétera jamais assez : le virus se propage davantage en intérieur, dans des lieux rarement ventilés, qu’à l’extérieur… comme dans un stade de foot. Quoi qu’il arrive, l’Euro de football ne serait donc pas le seul à blâmer en cas de rebond de l’épidémie.

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