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Racisme systémique, intersectionnalité et cancel culture : quand l’ONU se met au décolonialisme …

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FRONT POPULAIRE. 3 juillet 2021.

ARTICLE. Dans un rapport publié le 21 juin, l’ONU appelle les États – par la voix du haut-commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet – à lutter contre le « racisme systémique ». Un document qui, sous couvert de bonnes intentions, reprend l’essentiel du champ lexical décolonial et se livre à un véritable exercice de propagande.

Racisme systémique, intersectionnalité et cancel culture : quand l’ONU se met au décolonialisme

Dans un rapport publié le 21 juin, l’ONU appelle à lutter contre le « Racisme, discrimination raciale, xénophobie et intolérance ». Jusqu’ici, rien d’anormal. Mais le sous-titre du document donne vite le ton : « Promotion et protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales des Africains et des personnes d’ascendance africaine face au recours excessif à la force et aux autres violations des droits de l’homme dont se rendent

coupables des membres des forces de l’ordre ». Présenté à la quarante-septième session du par Michelle Bachelet, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme et ex-présidente du Chili, le document qui se pare de toutes les vertus entérine la doctrine décoloniale.

George Floyd, instrumentalisé par le soft-power américain ?

C’est par l’évocation du meurtre de George Floyd et des manifestations qui ont suivi que débute le rapport. Bien évidemment, il s’agit ici d’un fait dramatique, déclencheur d’un mouvement de contestation (rapidement récupéré par le capitalisme de la vertu) d’une ampleur sans précédent. Mais qu’un rapport onusien amorce son propos par l’évocation de cet évènement n’a rien d’anodin. Notamment car celui-ci est né dans (et du fait du) contexte américain, pays à la fois en tête des violences racistes et de la promotion du racialisme idéologique – et du vocabulaire associé. Vocabulaire qui est repris sans nuance par l’ONU, laquelle appelle désormais les États à faire lutter et faire cesser le « racisme systémique » qui sévirait chez eux.

Cette notion est définie par Michelle Bachelet comme « un système complexe et interdépendant de lois, de politiques, de pratiques et d’attitudes, dans les institutions de l’État, le secteur privé et les structures sociétales », qui « produisent des formes, directes ou indirectes, intentionnelles ou non, en droit ou dans les faits, de discrimination, de différenciation, d’exclusion, de restriction ou de préférence ayant pour fondement la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique ». La France a toujours nié, à raison et au grand dam des activistes woke, l’existence d’un racisme d’État, structurel et consubstantiel à celui-ci.

Racisme systémique et intersectionnalité

Un programme mondial est nécessaire aux yeux de l’ONU qui préconise quatre champs d’action :

  • Remédier      à la « culture du déni » et « abattre le racisme systémique »
  • Mettre      fin à « l’impunité des représentants de la loi qui commettent des      violations des droits de l’homme »
  • Faire      en sorte que « la voix des personnes d’ascendance africaine et de ceux      qui s’élèvent contre le racisme soit entendue et à ce qu’il soit répondu à      leurs préoccupations 
  • Regarder      ‘le passé en face, par la voie notamment de la responsabilité et des      réparations.

Tout le discours décolonial est résumé dans ce plan d’action. Toute cette pensée, si contradictoire avec la position universaliste française, est validée et mis en avant par l’ONU. L’esclavagisme n’est vu que sous le prisme de la traite transatlantique. Quid des Ouïghours ? De l’esclavage arabo-africain, ou même des populations africaines entre elles ? Rien, si ce n’est la brève évocation de l’esclavagisme moderne que subissent « des migrants africains en Libye ». Bien évidemment, l’ONU associe la notion de « racisme systémique » avec celle d’« intersectionnalité » : « Les femmes d’ascendance africaine se situent au point de rencontre de l’intersectionnalité », nous explique-t-on dans le rapport.

Statistiques ethniques, révisionnisme historique et propagande

Alors, pour lutter contre le racisme systémique et accompagner le plan d’action, Michelle Bachelet appelle les États à ‘investir dans les programmes éducatifs et les initiatives culturelles visant à sensibiliser le public aux cultures, à l’histoire, à l’héritage et aux contributions de l’Afrique et des personnes d’ascendance africaine’. Ainsi, ils favoriseront la ‘mise en place de sociétés inclusives’. Inclusif, un terme qui manquait encore au cheptel onusien.

Laquelle va encore plus loin en appelant à ‘former des militants, particulièrement chez les jeunes’. En France, l’américanisation de la société promue ici par l’ONU a pourtant des effets dévastateurs chez la jeunesse française. ‘52 % des lycéens contestent la liberté de se montrer irrespectueux vis-à-vis une religion’, explique un sondage de l’IFOP datant de mars. 37 % jugent la laïcité ‘discriminatoire envers les musulmans’. La France a-t-elle besoin de plus de militants pour transformer sa société en officine des religions intégristes ?

Les pays sont également appelés à instaurer des statistiques ethniques. L’ONU remarque également que ‘En Belgique, en Suisse et au Royaume-Uni, à titre d’exemple, on indique que l’engagement a été pris d’étudier la possibilité de retirer des espaces publics les statues et les monuments rappelant l’esclavagisme, la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et le colonialisme’. L’ONU promeut ainsi la cancel culture.

S’il y a des données irréfutables qui prouvent l’existence du racisme et d’une répression policière dans certains États, en ciblant exclusivement les populations africaines l’ONU se livre à un exercice de propagande au mieux inadapté, au pire particulièrement dangereux, pour notre modèle français notamment. Soft power déconstructionniste américain contre universalisme : qui l’emportera ?

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