MEMORABILIA

Procès de l’affaire Obono : pour Mathieu Bock-Côté, “la censure au nom de la diversité”

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Le procès intenté à Valeurs actuelles vient nous rappeler que nous vivons sous un régime qui a réhabilité le délit de blasphème et promeut un racialisme révolutionnaire destructeur de société. 

Par  Mathieu Bock-Côté. Publié le 8 juillet 2021 VALEURS ACTUELLES

Les élus de la France Insoumise venus soutenir Danièle Obono au procès de l’affaire éponyme. Photo © Bertrand GUAY / AFPPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Les propos sont forts et pourtant, sonnent un peu faux, hélas. Emmanuel Macron avait évidemment raison de dénoncer ces derniers jours la racialisation de la société française. Il incarnait la résistance de la France contre le délire américanisé devenu mondial. Il aurait même absolument raison s’il n’avait déjà, en d’autres circonstances, accordé son imprimatur à un concept comme celui de privilège blanc ou s’il n’avait déclaré, il y a quelques années de cela déjà, qu’il n’y avait pas de culture française en France. C’est l’avantage du en même temps : on peut avoir raison une fois sur deux en disant une chose et son contraire. Habile, comme dirait OSS 117. Habile quand même.A LIRE Affaire Obono : Danièle Obono, dramaturge [Partie 4]

Il n’en demeure pas moins que le président de la République visait juste : la France se racialise, comme toutes les sociétés occidentales, sous la double pression d’une mouvance indigéniste particulièrement agressive et d’une immigration massive dépassant largement les capacités d’intégration du pays, ce qui favorise inévitablement la poussée des communautarismes. La diversité est une richesse répètent les perroquets du régime : en fait, ils cherchent à rationaliser et poétiser avec cette formule une société poussée vers la dispersion identitaire. La gauche racialiste est engagée dans une croisade pour transformer les Français en étrangers chez eux. S’ils protestent en rappelant qu’il est quand même normal que les mœurs françaises prédominent en France, ils seront extrême-droitisés, infréquentabilisés, transformés en parias. C’est ainsi qu’on déchoit symboliquement de leur citoyenneté les mal-pensants, qu’on les condamne à la peine de mort sociale, qui prend souvent, mais pas exclusivement, la forme de l’asphyxie financière. Elle peut être plus concrète.

Ce procès repose sur une fraude intellectuelle à grande échelle

Cela nous conduit au procès ubuesque, et pour tout dire, soviétique, contre Valeurs actuelles. Qui se penche sur cette étrange histoire ne peut que se révolter : nous sommes devant une falsification médiatique de la réalité à laquelle ont participé ceux qui ont décidé de croire ce que des militants peuvent rapporter sur Twitter en truquant des images sans se rapporter aux faits vérifiables. Car s’ils s’étaient pliés à cette tâche élémentaire, les indignés de la dernière année auraient été obligés de constater que ce procès repose sur une fraude intellectuelle à grande échelle, comme si les médias sociaux étaient en droit de fabriquer une réalité alternative, d’en créer une version inversée, à laquelle tous devront se plier, et au nom de laquelle ils devront s’indigner. Consentir au mensonge, quitte à s’en excuser discrètement ensuite, tel est le propre du totalitarisme, quoi qu’en disent ceux qui font semblant de croire que nous vivons encore en démocratie libérale.

À quel moment une fiction déclarée, transposant une figure de la classe politique française dans une époque antérieure pour la confronter à ses propres contradictions idéologiques, en vient-elle à devenir par l’alchimie médiatique un discours haineux ? On peut bien trouver un texte de mauvais goût : depuis quand trouve-t-on normal d’y répondre devant les tribunaux ? Le régime diversitaire réinvente le délit de blasphème : il y a donc des catégories “identitaires” à propos desquelles on ne peut s’éloigner du discours autorisé sans risquer le procès, même si l’entreprise relève explicitement de la caricature. Le droit de ne pas se sentir offusqué écrase les derniers résidus de la liberté d’expression. Il suffit d’appartenir à la bonne minorité pour en bénéficier. Il ne sera donc plus permis de rappeler que l’horreur de l’es-clavage, qu’il ne viendrait à l’esprit de personne de contester, ne fut pas une exclusivité de la civilisation occidentale.A LIRE Affaire Obono : Valeurs actuelles contre-attaque [Partie 3]

Il ne sert à rien de énoncer la racialisation de la France si on embrasse déjà dans ses déclarations et gestes les conséquences de cette racialisation.

A LIRE Affaire Obono : de la vitalité de la liberté d’expression [Partie 2]

Un fait s’impose alors : le concept de discours haineux sert essentiellement à disqualifier ceux qui se permettent de critiquer le régime. À quel moment, dans une démocratie normale, un journal et ses journalistes peuvent-ils se retrouver devant les tribunaux pour avoir fait leur travail ? D’ailleurs, on l’a constaté lors de ce procès, l’indignation portait moins sur un simple texte que sur l’existence du journal. Mais le procès n’est qu’une étape sur le chemin d’une plus grande censure. C’est probablement pour cela que Philippe Val s’est voulu témoin de Valeurs. Certains hommes comprennent dans leur chair ce que le refus de la liberté d’expression veut dire.A LIRE Affaire Obono : drôle d’ambiance porte de Clichy [Partie 1]

Il ne sert à rien de dénoncer la racialisation de la France si on embrasse déjà dans ses déclarations et gestes les conséquences de cette racialisation. Prenons au sérieux Emmanuel Macron, qui le mérite : la racialisation est toxique. Elle enferme chacun dans une identité régressive. Tirons en quelques réflexions simples. Dans une démocratie libérale normale, il ne devrait pas y avoir de procès d’opinion, même pour les opinions qui choquent les indigénistes et ceux qui les suivent. Dans une démocratie libérale, le délit d’opinion ne devrait pas exister, et encore moins le délit de caricature ou le délit de satire.

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