MEMORABILIA

L’éditorial du Figaro Magazine: «Pluralisme en trompe-l’œil»

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L’idée que la droite ait détrôné la domination médiatique et culturelle des bien-pensants est une légende urbaine.

Par Guillame Roquette. 23 juillet 2021

La réaction ne s’est pas fait attendre. Au début du mois, la direction de France Inter décidait d’entrouvrir son antenne à trois éditorialistes un peu moins à gauche que les autres voix de la station (dont l’excellent Alexandre Devecchio, qui anime les pages «Esprits libres» du Fig Mag).

Mais c’en était trop pour la société des journalistes de la radio, qui a aussitôt déploré qu’on puisse offrir aux auditeurs «un panel d’opinions dans lesquelles il faudrait ensuite piocher, en choisissant le plus convaincant». C’est vrai quoi, pourquoi donc faudrait-il instaurer du pluralisme dans une radio de service public? Qu’importe qu’elle soit financée par les impôts de tous les Français, on ne leur demande pas leur avis, seul l’idéologiquement correct mérite d’avoir accès au micro. C’est d’ailleurs ce qui continuera à advenir 99 % de la journée.

L’idée que la droite ait détrôné la domination médiatique et culturelle des bien-pensants est une légende urbaine. Les quelques journalistes qui s’écartent de la doxa officielle, dans leurs prises de position ou les questions qu’ils posent, sont placés sous surveillance rapprochée par la profession et ses représentants autorisés.

On guette leurs «dérapages», on leur reproche d’exprimer une «opinion», ce qui est une façon de leur signifier qu’ils ne sont pas dans le bon camp. Si tel était le cas, ils feraient simplement leur travail et personne ne viendrait leur demander des comptes.

Faire bouger les lignes

La même chape de plomb continue de peser sur le monde culturel (souvenez-vous de la dernière cérémonie des César, regardez les programmations des théâtres publics…), mais aussi dans l’administration. Les professeurs de l’Éducation nationale qui résistent comme ils peuvent aux ravages du pédagogisme sont soigneusement tenus à l’écart.

Et que dire des facs? La malheureuse ministre de l’Enseignement supérieur qui tentait récemment d’y voir plus clair sur l’influence croissante de l’islamogauchisme à l’Université vient d’être traînée devant le Conseil d’État pour abus de pouvoir!

Cette domination culturelle de la gauche prévaudrait-elle aussi, de façon inattendue, au sommet de l’Église catholique? Avec une brutalité qui a choqué jusqu’à ses partisans les plus convaincus, le pape François vient de mettre à bas le fragile équilibre établi par son prédécesseur Benoît XVI pour faire coexister les tenants de la liturgie moderne et la minorité de fidèles attachés à la célébration traditionnelle de la messe.

Les partisans du latin n’étant pas assez progressistes aux yeux du pontife, il entend désormais leur barrer la route. Rome a connu des pasteurs plus rassembleurs…

On peut à raison regretter qu’il soit encore si difficile de faire vivre le pluralisme en 2021 dans toutes les sphères de la vie publique.

Mais on peut aussi se battre pour continuer à faire bouger les lignes. Et telle a toujours été l’ambition du Figaro Magazine, avec votre précieux soutien!

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