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Michel Richard – La droite réinvente « Les Shadoks »

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CHRONIQUE. À neuf mois de la présidentielle, chez LR, plus on avance, moins c’est simple. C’est à qui se veut le plus rassembleur pour son propre compte.

Valerie Pecresse et Xavier Bertrand.
Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.© PHILIPPE HUGUEN / AFP

Par Michel Richard Publié le 25/07/2021 LE POINT

Côté LR, ça se décante à toute allure. On y voit de plus en plus moins clair, ou de moins en moins plus clair, au choix. Voyons voir. Xavier Bertrand, dont on reconnaît le sens du tragique, a dit : « Je refuse le naufrage et le sabordage de la société française. » Et Valérie Pécresse : « Je veux restaurer la fierté française. » Les deux sont candidats déclarés à la présidentielle. Ils auraient très bien pu échanger leur « punchline », ce qui est bon signe. Et même tous les deux vouloir refuser le naufrage de la droite française et lui rendre sa fierté. Une rude tâche avant le boulot attendu dans moins d’un an qu’ils convoitent chacun.

Les deux ont un autre point commun, ils ont quitté Les Républicains, Bertrand le premier, ne supportant pas la férule droitière de Laurent Wauquiez, Pécresse ensuite, pour les mêmes raisons, quoique Wauquiez ait démissionné de sa présidence.

À LIRE AUSSIPourquoi Valérie Pécresse a avancé son annonce de candidatureDonc, LR a deux candidats déclarés qui n’en sont pas membres. Mais pas de la même façon. Bertrand défend sa candidature de cavalier seul, tandis que Pécresse veut bien participer à une primaire organisée par LR. Au passage, elle dit « primaire » sans savoir que le terme n’est pas en odeur de sainteté chez Les Républicains, voilà ce que c’est de ne pas en être ! Chez LR, on évite le mot « primaire », censé être le chat noir de la droite. On préfère parler de « système de départage » ou, mieux encore, d’un « processus de rassemblement ».

Divisé… ensemble

Le rassemblement, voilà ce qui regroupe tout ce beau monde, Bertrand, Pécresse et les autres. Tous veulent un candidat unique qui rassemble, ce qui semble de fait une très bonne idée. Un candidat autonome, s’affranchissant de toutes les procédures partisanes, mais œcuménique et rassembleur pour Bertrand. Une candidate jouant collectif, affrontant d’autres concurrents, mais rassembleuse en diable pour Pécresse.

Rassembleur, exactement ce que souhaitent les hiérarques de LR. D’où ce communiqué exaltant publié à la sortie de la rencontre des prétendants LR (sauf Bertrand, mais avec Pécresse, quoiqu’elle n’en soit pas) : « Chacun des participants s’est engagé à respecter une règle commune dans une démarche collective qui permette le rassemblement autour d’un seul candidat. » Difficile d’être plus ensemble pour se rassembler. Moyennant quoi, deux jours après, Valérie Pécresse se déclare candidate dans une échappée belle qui, bien entendu, ne contrarie en rien la démarche collective conduisant au rassemblement.

À LIRE AUSSIPrésidentielle : Xavier Bertrand et Valérie Pécresse creusent l’écartOn a donc deux candidats extérieurs à LR, dont l’un (Pécresse) accepte de participer au processus de rassemblement organisé par le parti, et l’autre (Bertrand) refuse, mais est néanmoins preneur de tous les électeurs rassemblés de la droite.

Que se passe-t-il, maintenant, à l’intérieur ? On ne nous en voudra pas de considérer les tentations présidentielles de Philippe Juvin et de Bruno Retailleau comme des tentatives sans lendemain, encore que la présence d’un urgentiste (Juvin) puisse être utile dans ces circonstances, et celle d’un fillonniste (Retailleau) nécessaire pour savoir ce qu’il faut faire pour échouer à coup sûr. Restent Barnier et Wauquiez.

Quid de Wauquiez ?

Le premier (Barnier) est quasi déclaré, quoique pas formellement. Son tempérament conciliateur paraît le disposer au rôle de PPDC (plus petit dénominateur commun), si le parti n’arrivait pas à mener à bien un processus de rassemblement conduisant à une candidature unique. Le second (Wauquiez) réfléchit encore : est-ce bien son heure ? On se permettra ici une interprétation un peu hasardeuse mais qui, si elle était vraie, aurait l’avantage d’éclairer la situation en éclaircissant les rangs. Elle procède d’une analyse des rares photos prises après la rencontre des postulants LR (plus Pécresse). Et là, le langage corporel de Wauquiez trahit sa défection, quoiqu’il ne le sache peut-être pas lui-même encore : au dernier rang du cliché (il faut le faire quand on n’est que cinq), en arrière, comme à reculons, comme gêné, un air de chien battu. Rien d’un battant. Out, Wauquiez ?

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Telle est la situation telle qu’elle s’éclaircit au fil des jours, tout en se compliquant. Le rassemblement est à l’œuvre. Il travaille. Il en va de l’accouchement d’un candidat unique. S’il échouait, les sondages feraient œuvre de sage-femme, sortant le vainqueur présumé de leurs calculettes. Autant savoir qu’en matière de sélection et de pronostics, on ne fait pas pire qu’eux.

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