MEMORABILIA

«Chantage aux migrants»

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L’éditorial du Figaro

Par Patrick Saint-Paul 2 août 2021

Patrick Saint-Paul. Le Figaro

La crise du Covid-19 en avait éclipsé une autre, récurrente chaque été depuis la vague de 2015.

Le défi migratoire! La levée progressive des restrictions de voyage, qui facilite l’immigration illégale, a été accompagnée par une nouvelle déferlante de flottilles de migrants sur les rives européennes. La saison 2021 de ce feuilleton est marquée par la propagation d’un nouveau variant: le chantage aux migrants, que des États peu scrupuleux manient comme une arme géopolitique face à une Europe désarmée, tant elle s’est appliquée à «externaliser» le problème et à se diviser sur la gestion de ce dossier.

Le phénomène n’est pas nouveau. Le Libyen Mouammar Kadhafi l’avait manié avec perfidie.

Tout comme le Turc Recep Tayyip Erdogan, qui, avant l’accord avec les Européens de 2016, était adepte des ouvertures intempestives du robinet migratoire.

De l’aveu même de l’agence Frontex, les frontières de l’espace Schengen sont une passoire. Au lieu de les renforcer, l’Europe a «externalisé» le contrôle des flux illégaux en le sous-traitant aux pays voisins. Résultat: le chantage migratoire est devenu monnaie courante!

Ainsi le Maroc a soudainement ouvert sa frontière avec l’enclave espagnole de Ceuta, laissant filer des milliers de ses ressortissants, pour faire pression sur Madrid à propos du Sahara occidental. La Tunisie pratique le chantage aux fonds européens, pour calmer la fronde sociale qui l’agite.

Le dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko a envoyé en Lituanie, refuge de ses opposants, des milliers de migrants «importés» par avion de Bagdad.

L’intérêt de verser du sel dans les plaies européennes, d’accentuer l’insécurité culturelle provoquée par l’afflux de migrants en dopant les populismes, n’a pas échappé à la créature de Poutine.

Face au défi migratoire, il est urgent pour l’UE de surmonter ses divisions en adoptant le «pacte migratoire».

En attendant, rien n’empêche les États, comme le suggère Michel Barnier en France, avec son moratoire sur l’immigration subie, de prendre leur destin en main

Madrid, Vilnius et Londres ont déjà choisi de durcir les conditions du droit d’asile.

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