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« Mixité choisie », « colonisation patriarcale » : la novlangue en force aux journées d’été EELV

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"Mixité choisie", "colonisation patriarcale" : la novlangue en force aux journées d'été EELV
Julien Bayou au cours des journées d’été 2020.
© ALAIN JOCARD / AFP

Par Hadrien Brachet. MARIANNE

Publié le 05/08/2021

Les journées d’été des écologistes auront lieu du 19 au 21 août prochains à Poitiers. L’étude du programme qui mêle thématiques climatiques, institutionnelles et sociétales permet un aperçu de ce à quoi devrait ressembler le projet présidentiel du parti, en attendant la désignation d’un candidat par la primaire de septembre.

« La marque de l’entrée dans la campagne de la présidentielle et des législatives. » La 37e édition des journées d’été des écologistes s’ouvre sous le signe des ambitions électorales pour 2022. Et avant le choix du candidat à la primaire qui se tiendra en septembre prochain, le programme de l’événement donne déjà une bonne idée des orientations d’EELV et des partis alliés. Mêlant lutte contre l’urgence climatique, réforme des institutions et approche intersectionnelle des problématiques sociétales.

L’événement est organisé par le « Pôle écologiste » qui regroupe Europe Écologie Les Verts (EELV) et quelques structures comme Génération.s, mouvement créé par Benoît Hamon ou Génération Écologie, parti présidé par Delphine Batho. Il se tiendra du 19 au 21 août à Poitiers, ville remportée par les écologistes aux dernières élections municipales. Sur le site de ces journées d’été, les organisateurs ont publié un programme d’une cinquantaine de pages. Au programme : ateliers, formations, sessions plénières, visites, apéros… Le guide donne même les bonnes adresses pour boire un coup ou se restaurer dans la cité poitevine.

URGENCE CLIMATIQUE

Parmi les thématiques évoquées, celles relatives au climat et à la préservation de la biodiversité tiennent naturellement une place importante. Un atelier s’intéresse au financement des énergies fossiles par les banques, l’un propose de réfléchir à « une loi climat à la hauteur de l’urgence climatique et sociale » pendant qu’un autre se concentre sur l’installation en agriculture paysanne et biologique.https://c7060fddc204779222aecb6f83e2b814.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

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Autre thème bien placé : la transformation des institutions. Les intitulés des réunions programmés penchent du côté de l’ADN pro-européen et girondin d’EELV, favorable à un modèle décentralisé. « Vers la fédéralisation de la France ? » interroge un atelier. « Quel avenir pour les langues régionales et minoritaires en France ? » demande un autre. « Écologistes au pouvoir, une chance pour l’Europe » s’intitule une autre table ronde qui propose : « Dans le contexte des élections nationales à venir en France et en Allemagne, discutons de ce que les écologistes, une fois au pouvoir, feront pour l’Europe et pour la réformer. » À noter également quelques interventions sur les inégalités économiques, les transports, le modèle éducatif ou la montée de l’extrême droite.

« BOOT CAMP ÉCOFÉMINISTE »

Plusieurs évènements se penchent eux sur des problématiques sociétales en adoptant des concepts issus des nouveaux courants militants de la gauche américaine. Un atelier intitulé « Liberté, égalité, adelphité » revendique une « pensée des luttes en intersectionnalité ». Développée par la juriste américaine Kimberlé Crenshaw, l’intersectionnalité analyse la manière dont différentes discriminations (genre, race, classe sociale) peuvent se combiner. « L’adelphité » constitue pour sa part l’alternative non genrée à « fraternité » ou « sororité ».

Deux sessions de formation sont prévues en « mixité choisie », terme qui signifie en règle générale – même si ce n’est pas ici précisé – que les hommes « cisgenre » (dont l’identité de genre correspond au sexe biologique de naissance) sont exclus. L’une s’intitule « Boot camp écoféministe : empouvoirement, les femmes aux responsabilités », l’autre : « Boot camp écoféministe : gérer son image publique – la communication au service des femmes écologistes ».

« LANGAGE ÉPICÈNE »

Une formation propose d’apprendre le « langage épicène », c’est-à-dire sans marque de genre pendant qu’un atelier vise à « déconstruire la colonisation patriarcale des imaginaires ». Une session forme au « relational organizing ou la mobilisation par les proches », une « méthode de campagne développée notamment en 2020 aux États-Unis pendant la période de crise sanitaire. »

Une façon de traiter des thématiques indispensables, comme les inégalités hommes femmes ou la lutte contre les discriminations, avec une question : ce vocabulaire pourra-t-il résonner dans l’opinion au cours d’une campagne présidentielle censée s’adresser au plus grand nombre ?

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Par Hadrien Brachet

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