MEMORABILIA

[Roux] Prêtre assassiné : quand la justice étouffe la violence symbolique…

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Le 9 août, en Vendée, le Père Olivier Maire, supérieur des Montfortains, était violemment assassiné par un migrant rwandais – arrivé illégalement en 2012 – qu’il hébergeait par charité. Le lendemain, Éric Dupond-Moretti expliquait craindre une récupération politique. Mais de qui se moque le ministre de la Justice ?, s’interroge notre chroniqueur Edouard Roux. 

Par  Edouard Roux. Publié le 12 août 2021 VALEURS ACTUELLES

Eric Dupond-Moretti. Photo @ Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPAPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Comme l’écrivait Charles Péguy dans Les Suppliants parallèles (1905) : « Le triomphe des démagogies est passager. Mais les ruines sont éternelles. On ne retrouve jamais tout. » Et quelles ruines sont en train de nous laisser les gouvernements successifs ! C’est que les démagogues ont le vent en poupe, comme l’a démontré Éric Dupond-Moretti – « Garde des sceaux », officiellement en tout cas -, après l’assassinat immonde du Père Olivier Maire par un migrant rwandais (également responsable de l’incendie de la cathédrale de Nantes en juillet 2020 et toujours sur le territoire français…) ! Sur son compte Facebook – oui, oui – le ministre s’est empressé de publier un message plein d’humanisme, expliquant en deux phrases qu’il présentait ses condoléances, mais a trouvé intelligent d’ajouter, et ce dès le deuxième paragraphe, cette phrase abjecte, ridicule, tellement révélatrice de son idéologie politique : « La mort d’un homme ne devrait jamais nourrir l’instrumentalisation politicienne. » Sans oublier de compléter : « Pourtant, force est de constater que certains, toujours les mêmes, guettent le malheur pour mieux l’exploiter et n’ont pas pu résister dès l’annonce de ce meurtre effroyable à son exploitation politique. » Que d’esquives pour éviter d’assumer une réalité ultra-violente Monsieur Dupond-Moretti ! Que de passements de jambes pour surtout ne pas voir que l’assassinat du Père Olivier Maire est lourd de sens, qu’il n’est pas anodin et fait symptôme de quelque chose de bien plus profond, de foutrement plus pernicieux…

Et puis, il faut dire que « guetter le malheur pour mieux l’exploiter » n’est pas l’une de ses spécialités, n’est-ce pas ? Défendre un Merah, ça n’avait rien à voir, c’est ça ? Oui « tout homme a droit de se défendre », très bien, mais n’y avait-il pas une petite dimension narcissique là-dedans ? Une mini-exploitation du malheur de gens qui ont perdu des proches à l’islamisme pour faire monter sa cote ; cultiver son côté « sulfureux » ; rêver de concurrencer Jacques Vergès au trophée des « salauds lumineux » pour mieux s’apercevoir qu’il n’a jamais eu son intelligence, sa culture, sa classe, son courage, son vécu, ses lectures, ses lunettes en écaille, son barreau de chaise, son bain moussant, à peu près tout en somme… Et ce n’est pas grave ! Ce qui l’est, en revanche, c’est cette capacité qu’a Dupond-Moretti à ne pas nommer les choses, à refuser de dire qu’il y a des problèmes majeurs (violence, délinquance, immigration et autres) dans notre pays, se cachant derrière des phrases creuses telles que : « La France n’est pas un coupe-gorge » ou encore « J’ai envie de m’adresser à l’intelligence des Français, pas à leurs bas instincts. » Mais la mort du Père Hamel, il y a cinq ans, c’était quoi ? Et les violences habituelles, quotidiennes, lassantes à force ? Et celle du Père Olivier Maire ? Pourquoi ne pas assumer que la France est, au contraire, devenue un coupe-gorge où un homme de foi peut se faire tuer pour avoir accueilli un miséreux ; simplement pour avoir accompli son rôle de catholique, celui d’offrir le gîte et le couvert à celui ou celle dans le besoin ? Lâcheté, Monsieur Dupond-Moretti !

Que les gouvernants arrêtent leurs charabias habituels et assument notre Histoire, notre passé !

Car cet assassinat, perpétré par un catholique – on vous a vu, tous ceux, tapis dans l’ombre, qui s’en sont réjouis, de ces pensées minables : « Ah ! La France ne pourra pas remettre la faute sur un musulman ! » ou autres « Alors ! voyez, y a pas que les islamistes qui tuent » -, a une dimension bien plus symbolique que le simple fait juridique (ou juridisme) auquel le Garde des sceaux est attaché (pour ne pas dire enchaîné). Ce qui est en jeu – en plus de la violence physique -, c’est la violence symbolique de l’acte : la mort d’un homme de foi, qui a fait don de sa vie pour les autres, perpétrée par un migrant lequel était accueilli, nourri, logé par sa victime. Car le prêtre se foutait de sa couleur de peau, de sa religion, de son sexe, de son âge, il l’a simplement aidé, chéri. Et en retour, Monsieur Dupond-Moretti explique que l’extrême-droite récupère ce meurtre, que « la dernière obligation de quitter le territoire (OQTF) dont le suspect a fait l’objet n’a pas été mise à exécution. Pas par angélisme mais par souci de justice ! » Or, c’est là que réside tout le problème. Pourquoi parler de « justice » ? Que veut dire ce mot/concept au migrant à qui l’on a laissé le droit de rester sur le territoire et ce même après avoir brûlé une cathédrale en juillet 2020 ? Son existence en France, de par son arrivée illégale d’abord en 2012, puis par les refus à répétition du statut de « réfugié politique » ensuite – sans parler de ses crimes ignobles, enfin – n’a toujours été qu’un immense sursis ; qu’en a-t-il à fiche de la justice, des traditions, des codes, puisqu’il sait que du jour au lendemain il peut se faire contrôler, arrêter et renvoyer au Rwanda ? Pourquoi le Garde des sceaux feint de ne pas comprendre cela ? Pourquoi ne dit-il pas que l’immigration est un problème à l’heure actuelle ? Qu’elle est de plus en plus concomitante de la violence ? Pourquoi toujours trouver des excuses ? Comme disait la philosophe Hannah Arendt : « Ceux qui optent pour le moindre mal tendent très vite à oublier qu’ils ont choisi le mal. » À bon entendeur Monsieur Dupond-Moretti (et aux autres cyniques) !

Autre chose, et pas des moindres : la place du catholicisme en France, lequel rétrécit un peu plus chaque jour. Oui, la France est un État laïc (depuis plus de cent ans seulement, au passage), oui, elle accueille en son sein des religions différentes et tout et tout. Mais, après le Père Hamel et le Père Maire, n’est-il pas temps pour nos gouvernants d’adresser de réels soutiens (autrement dit, des mesures fortes) pour protéger les fidèles et cette religion qui a fait et façonné notre pays depuis des siècles ? N’est-il pas enfin venu le temps de dire que le catholicisme est la religion historique des français ; subvenir aux besoins des prêtres, les écouter ; hiérarchiser ? Les catholiques en ont assez d’être constamment relégués, moqués, mis de côtés. Oui, il existe d’autres religions dans ce pays, oui tout le monde peut croire librement, mais aucune n’aura jamais le poids qu’a eu le catholicisme en France. Que les gouvernants arrêtent leurs charabias habituels et assument notre Histoire, notre passé ! Qu’ils arrêtent leurs rodomontades pour réseaux sociaux – de grâce ! – et protègent les fidèles qui ont gardé la foi, veulent la partager et la transmettre. La France, fille aînée de l’Église – n’en déplaise aux islamogauchistes, aux démagos et tous les autres révisionnistes du dimanche -, a besoin de l’État pour lui conférer et asseoir cette spécificité. Sans un État fort, sans la mise en place d’un statut particulier, le catholicisme mourra. Et donc la France aussi, par ricochet.

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