MEMORABILIA

Afghanistan: «Le vieil homme et les terroristes»

Par Philippe Gélie. Publié le 27/08/2021 LE FIGARO

L’éditorial du Figaro, par Philippe Gélie.

Lorsqu’il a ordonné de replier le drapeau étoilé sur la grande base de Bagram, évacuée début juillet sans même avoir prévenu le commandant afghan local, Joe Biden a amorcé un engrenage fatal. Il fait bien d’«assumer la responsabilité des événements récents», car les soixante-douze Afghans et treize soldats américains tués dans l’attaque de l’aéroport à Kaboul sont à mettre au compte de ses erreurs. Du haut de ses quatre décennies d’expérience des affaires étrangères, il a figé à l’avance la date d’un retrait sans condition et exfiltré les soldats avant de rapatrier les civils et le matériel, à rebours du bon sens militaire. Dans la manœuvre, Biden a mis l’Amérique dans le fossé. À le voir jeudi soir saluer d’un visage de cire les «héros» américains, tout en promettant de «traquer et faire payer» les terroristes, il était difficile de se convaincre que le vieil homme a la main assez sûre pour piloter une grande puissance.

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La fuite de Kaboul restera dans les annales comme un désastre sanglant. Le «succès» que constituerait l’évacuation désordonnée de quelque 100.000 civils ne masquera pas longtemps un double échec: l’abandon d’au moins autant de vrais supplétifs des Occidentaux et l’exode d’un demi-million d’Afghans qui, selon l’ONU, s’apprêtent à quitter le pays par leurs propres moyens. Quant à la promesse implicite que les talibans, en quête de respectabilité, assureraient notre sécurité face à leurs concurrents terroristes, elle a fait long feu. Dépassés et incompétents, ils ont montré leurs limites sur ce qui était censé être leur point fort, la sécurité, et ne feront pas mieux que tous les régimes islamistes pour le bonheur de leur population.

Le résultat se dessine déjà: un Afghanistan redevenu un «hub» djihadiste où il faudra un doctorat pour distinguer entre alliés et rivaux du pouvoir en place. Après le 11 Septembre, George W. Bush avait justifié ses guerres lointaines par la nécessité de «combattre les terroristes là-bas pour ne pas les affronter ici». En vingt ans, 2300 soldats américains sont morts en Afghanistan et 107 civils dans des attentats islamistes aux États-Unis. Retour à la case départ?

On a du mal à imaginer ce que seraient les commentaires si c’était Trump qui était responsable de ce désastre. Le retour des Démocrates devait rendre à l’Amérique ses valeurs, sa bienfaisance internationale, son charisme, bref, un bain de jouvence et de pureté. On est en train de voir…

Artofus.

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