MEMORABILIA

L’argent de Macron ne sauvera pas Marseille. Ivan Rioufol

PUBLIÉ LE 1er SEPTEMBRE 2021. Le blog d’Ivan Rioufol

L’Etat est dans un sale état. 

Emmanuel Macron aura du mal à démontrer le contraire, en se rendant au chevet de Marseille ce mercredi, pour trois jours.

Il est plus simple d’instaurer l’Ordre sanitaire qu’un ordre sécuritaire. Les quartiers Nord de la ville, majoritairement musulmans, ont pris la mesure de l’effondrement de l’autorité publique.

Certains d’entre eux se sont constitués en enclaves, protégées par des barrières, des herses, des contrôles aux entrées. Cette contre-société ne s’est assimilée qu’à la tradition du grand banditisme marseillais, en prenant à son tour le contrôle des trafics d’armes et de drogues. Macron n’est pas responsable de cette situation.

Mais les solutions qu’il compte apporter, en distribuant à nouveau des millions d’euros, ne régleront rien dans la durée. Tous les gouvernements successifs ont usé, en vain, de cette « politique de la ville ». Depuis 1989, plus de 100 milliards d’euros ont été déversés sur les banlieues d’immigration. Le dernier plan proposé par Jean-Louis Borloo en mai 2018 prévoyait une enveloppe de 45 milliards d’euros.

Macron avait rejeté la méthode en expliquant : « Deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent l’un un rapport l’autre disant <on m’a remis un plan>…Cela ne marche pas comme ça ». Il semble avoir changé d’avis…

Le mal dont souffre Marseille est profond. Déjà en 1938, la ville avait été placée sous tutelle de l’Etat, jusqu’à la Libération. Le grand banditisme et le clientélisme ont longtemps fonctionné en parallèle. La French Connection avait ses protections politiques, dans le milieu corse notamment. Demeure ici ou là chez des élus une médiocrité affairiste qui n’arrange pas la gestion de la cité.

Mais c’est évidemment la nouvelle immigration musulmane massive, gangrénée par l’islam radical, qui bouleverse désormais l’équilibre de cette ville pauvre et attachante. Les musulmans y étaient 15.000 en 1954, 250.000 en 2011. Leur nombre a augmenté depuis, dans une dynamique démographique qui s’observe partout en France. La ville est coupée en deux. Elle n’est plus reliée, pour l’essentiel, que par le foot.

C’est cette fracture territoriale et identitaire qu’il s’agit de tenter de résorber.

Or une pluie d’euros n’y suffira pas. Il faut certes redonner à l’école, à la police et à la justice les moyens d’assurer leurs missions.

Mais si l’Etat veut prouver qu’il existe encore, il doit bloquer l’immigration de peuplement, affronter réellement les passeurs, les trafiquants, les dealeurs, les mafias, les imams complices.

Dans un lettre publiée mardi, l’archevêque que Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline,écrit : « Tous les moyens du monde ne sauraient suffire si les consciences ne se réveillent pas ». Cette attitude porte un nom : le courage.

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